‹ De la Staso-BasophobieChapitre 33 sur 58 · Weill Archives de Neurologie 1892. I. p · texte numérisé non relu

Weill Archives de Neurologie 1892. I. p

Jolly. Contribution à l'étude de l’'aslasie-abasie, thèse de Lyon 1892, p. 23.

NB ONE leur lit. On n’a rien observé de tel dans l’astasie-abasie.

Enfin les symptômes concomitants et si caractéristiques de la staso-basophobie tels que la pâleur, la rougeur, les sueurs, le tremblement, la dyspnée, l'accélération du pouls manquent dans l’astasie abasie.

Telles sont donc les principales différences entre les deux syndrômes. |

Le professeur Binswanger a longuement critiqué (4) et les observations et la théorie de Charcot et Blocq. Ses trois observations étant des cas de basophobie, il veut établir que certains cas antérieurement abservés avaient pareillement pour cause, chez des hypochondriaques, des obsessions relatives à l’impossibilité de la marche. En effet M. Binswanger n’accorde qu’à 3 des cas de Blocq (2) (observ. 3, 4, et 5) le droit d’entrer dans le cadre tracé par la définition de Charcot. Dans d’autres cas les troubles de la station et de la marche seraient secondaires à des anesthésies ou à des hypéresthésies ei à la douleur. Enfin les cas restants sont rangés dans le grand domaine des obsessions « Zwangsvorstellungen » et parmi les affections hypochondriques, les sentiments pathologiques des organes entretenant l’idée hypochondrique.

Ainsi M. Binswanger ne nie ni le syndrome de Charcot et Blocq ni même la pathogénie. Il est d’avis, en effet, que la pathogénie proposée a l’avantage de tâcher d’expliquer par des désordres simples et faciles à contrôler,

avec des limites nettement tranchées, des procès extraor-

4. Op. cil.in Bert. Klin. Wo:h., 189) nes 20 et 21. 2. Op. cit. in Archives de Neurologie 1888, n°° 43 et 44.

Delarue

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dinairement difficiles et éembrouillés de nature psychologique et pathologique. Cependant quand Blocq trouve une analogie avec l’agraphie, M. Binswanger est d’avis qu'il n'est pas question ici d’une non activité Ausfall) de centres fonctionnels bien déterminés, mais que cette perte d’une fonction entière démontre plutôt des troubles spécifiques de l’association.

A notre avis, il doit exister un centre cortical spécial pour la marche et la station, et, bien que l’on ne conçoive pas facilement la non activité spéciale et plus ou moins isolée de ce centre, cependant, à priori, son non fonc- Uonnement est possible, surtout chez des hystériques où le champ de conscience est presque toujours rétréci et Pactivité limitée, Et alors ce non fonctionnement ou cette amnésie spéciale de la marche normale n’est pas plus singulière, en somme, que l’agraphie laquelle ne comporte pas l’oubli des autres mouvements du bras ou de la main. Elle n’est pas plus singulière non plus que l’oubli spécial d’rne langue chez un polyglotte, etc. |

Mais nous nous rangerions volontiers du côté de M. Binswanger pour faire rentrer un certain nombre d’astasies-abasies dans les basophobies. D'abord nous Savons d'avance que la sensibilité en général et par suite l'émotion jouent un rôle prépondérant dans la vie normale comme dans la vie pathologique. Ensuite, en fait, nous trouvons souvent l'émotion au moins à l’origine de beaucoup de cas d’astasie-abasie. |

Mais cette émotion ne semble plus exister lorsque, dans la suite, le malade doit se tenir debout ou marcher.

S’ensuit-il qu’elle n’existe pas ? Peut-être ici pourrait-

rie

on faire intervenir la théorie des idées ou des sentiments subconscients de M. Pierre Janet (1). Et ainsi bien des cas d’astasie-abasie seraient d’ordreémotif d’après une idée phobique plus ou moins subsconsciente, On sait comment M. Janet met en évidence, par le sommeil hypnotique, une idée subconsciente (2). Il nous semble que lon pourrait recourir à ce procédé lorsqu'il y a doute sur la nature phobique de l’abasie.

Au point de vue thérapeutique, il ya d’ailleurs avantage à savoir si l’on doit agir sur l’amnésie ou sur un certain état émotif du sujel.

IIT. — A côté de cette astasie-abasie systématisée à la manche et à la station, existeune autre forme d’astasieabasie «provenant, dit M, Séglas, de troubles intellectuels plus généraux ». Cette forme n’est plus « une systématisation, mais une résullante quelconque de l'atteinte des fonctions générales de l'intelligence ». Comme exemple M. Séglas cite une observation communiquée au Congrès de Rouen avec son interne, M. Sollier (3j. « Il s'agissait d’un cas de folie puerpérale présentant comme fait saillant une amnésie prononcée très généralisée s'étendant non seulement au domaine dessouvenirs. conscients, mas encore à celui des actes automatiques, et, parmi ces derniers, la marche et la station

debout ». En réalité il y avait ici une akinésie amnési-

1. P. Janet. Accidents mentaux, p.95 et 57. Voir aussi Vevrose elidées fixes, tome 1°. -

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