Accidents mentaux, p
3, Séglas et Sollier. Folie puerpérale, amnesie astasie el abasie, (Arch. de neurologie, 1890, n° 60, p. 386).
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que presque généralisée, s’étenda at aussi aux membres supérieurs ; la malade ne savait plus coudre, etc.
Sans insister divantage sur ce cas très curieux, on voit de suite qu’il n’est pas possible, moins encore que l’abasie systémalisée, de le confondre avec la staso-basophobie.
IV. — Dans l'akinesia algera de Mœbius il n’y a point paralysie, Le malade éprouve des douleurs plus ou moins généralisées et toujours exagérées par le mouvement. En conséquence il redoute de remuer et de marcher et il s’immobilise le plus possible du corps toul entier, Il est le plusuvesont couché, mais il ne s’imagine pointêtre paralysé.
Cet état se montre toujours dans l’hystérie, coexistant avec les stigmates de la névrose et avec d’autres accidents. C’est parfois uné forme d’hystérie monosymptomatique. On l’explique par l'existence de petites contractures partielles persistantes déterminant des douleurs au moindre mouvement, d’où limmobilité du sujet. On fait ordinairement bien disparaître ces contractures par le massage.
V. — Asthénie neuro-musculaire, — On la rencontre surtout, dit Bouveret (1) dans la neurasthénie féminine, le plus souvent dans la pratique médicale de la ville, mais quelquefois aussi à l'hôpital. Ce sont < des femmes jeunes encore qui, depuis des années, se plaignent des souffrances les plus diverses, sans qu’on ait jamais pu découvrir une lésion organique. S'il existe une lésion de ce genre,
elle est tout à fait hors de proportion avecles symptômes
1, Bouverel, La Neurasthénie, pages 205 et suiv.
nerveux observés. Ces femmes ont des douleurs dans le dos, à la nuque, dans les reins, dans les membres. Élles sont incapables de se livrer à quelque occupation sérieuse ; lire, écrire, coudre, faire quelques pas leur cause une fatigue énorme. Elles luttent un certain temps ou bien s’abandonnent promptement à leurs sensations pénibles ; elle se condamnent alors à /’!mmobrlité complète et restent pendant des mois, jour et nuit, étendues dans leur lit ou sur une chaise longue. Quand la maladie a duré lonqtemps, elle s'accompagne, comme le fait remarquer justement M. Weir Mitchell, d’une sorte d'amoindrisse ment de la personnalité morale. Là volonté s’affaiblit de jour en Jour, et la patiente devient le jouet de ses moin: dres sensations. Elle recherche saas cesse la compassion d'autrui pour le moindre de ses maux. Parfois même elle semble s’abandonner à cet état d’alanguissement dont la longue habitude lui est devenue une seconde nature.
« M. Weir Mitchell à fort bien décrit cette sorte d’atmosphère morale qui s'établit autour de la patiente et qui se compose d’une part‘de l’amoindrissement de son énergie morale, d'autre part de la sympathie, de la tendresse exagérée de son entourage. Cest là un élément dutableau clinique qui ne doit pas échapper à la sagacité du médecin. Il faut en effet enlever la patiente à ce milieu doublement funeste, et la première indication à remplir c’est l'isolement ».
M. Bouveret ajoute ensuite qu’il n’a jamais vu jasqu’ici un homme neurasthénique dont lasthénie motrice fut assez prononcée pour rester constamment étendu dans
son lit ou sur une chaise longue.
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Cet état se distingue donc du syndrome staso-basophobie en ce qu’il n’est pas accompagné de peur et d'angoisse, ence qu'il est une inactivité complète, une asthénte neuro-musculaire généralisée, et ne porte pas seulement sur là fonction de la marche, en ce qu’il n’a été observé que sur des femmes, dans un milieu spécial de sympathie et de dévouement mal compris qui contribue à l’entretenir.
Toutefois, M. Bouveret fait justement observer que les malades passent facilement de cet état d’asthénie neuromuscuaire à une réelle basophobie. En effet, dit-il, «quelques-unes de ces femmes neurasthéniques restent indéfiniment couchées, non seulement parce que le peu de forces dont elles disposent est rapidement épuisé, mais aussi parce qu’elles ont un état mental très particulier. C’est une sorte de suggestion lentement développée, qui prend sa source dans quelques malaises ou quelques douleurs de peu de gravité du ventre ou des jambes, auto-sugqestion grâce à laquelle s’établit peu à peu et bientôt règne en maîtresse dansun cerveau très affaibli, cette idée erronée que la marche et la station verticale sont la cause de toutes les souffrances ou même sont absolument impossibles. A un degré de plus, apparaît cette forme de l’anxiété neurasthénique que j'ai précédemment décrite, la peur de la station verticale. Toute tentative pour s’asseoir ou pour marcher, quelquefois même la seule pensée d’un de ces deux actes provoque l’état anxieux avec les plus caractéristiques de ses manifestations extérieures, telles que l’oppression, la faiblesse et l'accélération du pouls,
le tremblement, le vertige.
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$ 2. — VARIÉTÉ PAR AGCÈS.
1. -— La variété basophique par accès pourra être confondue avec la même variété abasique.
Mais l’abasie par accès paraît n'avoir été que très rarement observée jusqu'ici, si même elle a jamais été réellement observée en tant qu’abasie pure.
En effet, ce fut M. Thyssen qui, en 1891, désigna ainsi « astasie abasie par accès » (1) un cas observé l’année précédente par le D' Ladame (de Genève) et que ce dernier avait désigné sous les noms « d’abasie-astasie sous formes d’attaques » ou « d’attaque abasique » (2).
Mais, en 1890, la distinction entre l’abasie et la basophobie, n’était pas encore bien établie et le cas de M. Ladame n’est, à nofre avis, qu’un cas de basophobie par accès. On va d’ailleurs pouvoir en juger par l'observation de M. Ladame que nous résumerons ainsi:
Il s’agit d’un homme âgé de 54 ans, qui éprouve parfois des accès « de vertige avec angoisse, grande pâleur de la face et sentiment de défaillance, comme s'il allait mourir ». Depuis le premier accès de ce genre, il a conservé la suggestion de l'impossibilité de la, marche ». Il n’est plus, dit-il, /e même qu’autrefois. Les attaques arrivent généralement après quelques instants de marche. « Je fais marcher le malade devant moi, dit M. Ladame. Il va et vient quelque temps dans la chambre, puis sou-
1. Thyssen. Sur l'aslasie abasie (Arch. de Neuroloÿie, 1891, tome
21). | 9. Ladame. Arch. de Neurologie, 1890, tome 19.
dain s'arrête, comme cloué sur place et trépignant sans pouvoir avancer. Au moment où il s’arrête en frappant des pieds le sol, il lève ses bras en l’air‘et renverse un peu la tête, comme sl venait de recevoir un coup inattendu sur locciput. Aussitôt il cherche un siège, Car, dit-il, s’il forçait et voulait continuer à se tenir debout, il ne tarderait pas à se laisser choir. S'il tente de marcher encore les pieds trépignent sans se détacher du sol comme si le malade était atteint de paraplégie spasmodique », Le malade ne peut plus sortir qu’en voiture, les accès le prenant fréquemment dans la rue. Au moment de l’accès il devient très pâle.
Le malade écrit: « J’ai maigri un peu, mais je ne me sens point de progrès pour la marche, quoi qu’on s’y attendit et qu’on s’y attende encore ». « Remarquons ces derniers mots, dit justement M. Ladame, qui me paraissent Caractéristique pour juger de l’état mental du malade, Ge n’est pas lui qui s’attend à une amélioration de sa marche. Il à l’auto-susgestion qu’il ne peut pas marcher. C'est son entourage qui compte sur cette amélioration, II va sans dire que tant que le malade sera sous l’empire
de cette suggestion il ne pourra pas marcher ».
Ainsi résumée cette observation nous montre un homme en proie, si l’on veut, à des attaques d’abasie, mais sous l'empire de l’auto-suggestion ou de l’idée émotive qu'il né-peut pas marcher, avec grande pâleur de la face, - sentiment de défaillance. | Or il ya là un ensemble de symptômes que la plu-
part des auteurs ont cru devoir, depuis 1890, distinguer
de l’abasie de Charcot et Blocq, le désignant finalement sous le nom de staso-basophobie,
Ce n’est pas à dire toutefois que l’astasie-abasie par accès ne puisse pas exister. Elle nous paraît possible et peut-être l’observera-t-on ultérieurement. Mais, qu’il soit continu ou par accès, le syndrome abasique ne doit pas comprendre d’autres symptômes que ceux indiqués par Charcot.
IT. — Mais il est un syndrome qui, de l’avis de presque tous les auteurs, offre d'incontestables ressemblances avec la staso-basophobie, c’est l'agoraphobre.
M. Séglas voit dans ces deux syndromes « deux angoisses semblables ». MM. Debove et Boulloche, dans leur première observation parlent « des liens intimes qui les unissent ». Dans leur deuxième observation : « La parenté de ces deux états névropathiques était, disent-ils, très évidente ». M. Grasset les rapproche généralement.
Il faut donc nous demander en quoi se ressemblent et en quoi diffèrent les deux syndromes.
Pour résoudre cette question, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire d’abord la magistrale et saisissante description que Legrand du Saulle nous donne de lagoraphobie (1).
« La peur des espaces, dit-il, compatible d’ordinaire avec toutes les apparences de la plus robuste santé, se produit fréquemment au moment même où le névropathe quitte une rue etarrive à une place, et elle se traduitpar
une angoisse soudaine où un serrement de cœur instan-