ET RES
la lésion, devient manifeste d’après l’état statique et dynamique du membre et d’après l’état de la sensibilité. En effet, si l’on prend les tabétiques à basophobie continue, par exemple, leur ataxie locomotrice n’est certes pas assez prononcée pour les empêcher de progresser sans le secours d’un bras, mais la peur de tomber rend leur marche impossible.
Cette peur est jusqu’à un certain point légitime chez un alaxique et ne mériterait point d’être regardée comme pathologique, si elle restait proportionnelle au degré d’incoordination, Mais ici la disproportiun est flagrante. A la seule pensée de marcher sans soutien, le malade pâlit, son visage se couvre de sueur, son pouls bat avec fréquence et tout son être est angoissé.
Essaie-t-il de faire quelques pas pour obéir aux injonctions qui lui sont faites, la terreur le saisit, le cloue sur place, en proie à une crise anxieuse des plus pénibles. Ce n’est point là une pysieur phologique, mais bien une véritable phobie ou plus exactement une basophobie. A l’incoordination de cause organique vient donc s’ajouter une impotence fonctionnelle d’origine psychique (Parisot)
IH, — Maintenant si l’on considère les basophobes par accès, il n’y a plus seulement disproportion entre les troubles phobiques et la lésion, mais il y a encore un contraste frappant entre la marche habituelle du malade et son impotence au moment de l’accès.
Par exemple, le malade de M. Grasset, en dehors de ses accès, est un hémiplégique vulgaire, marchant passablement. Puis survient un accès et il s’effondre.
Il en est de même pour le malade de M. Mirallié. De
og même aussi nos trois tabétiques s'arrêtent tout à coup.
Mais, chez tous ces malades, l’intermittence spéciale de leurs accès en démontre bien la nature purement psychique et indépendante de toute lésion organique.
En effet, il n’y a aucune régularité dans cette intermittence. Elle ne coïncide pas nécessairement avec une plus grande fatigue du sujet et ne survient pas nécessairement après une longue course. Elle ne tient pas davantage à des conditions de température ou d’hygrométrie ou à une période de douleurs fulgurantes chez un tabétique. Elle coïncide avec des causes purement psychiques, avec l'idée anxieuse surgissant tout à coup dans l'esprit du malade qu’il ne va pas marcher, qu’il va mal marcher, parce qu'il vient de rencontrer un voisin ou parce qu’une voiture s’avance vers lui.
Mais que nos hémiplégiques se promènent seuls, dans un jardin, à l’abri des regards indiscrets, et ils marchent ainsi longtemps sans aucune crise. En effet, ils sont seuls et l'idée ne leur vient pas qu'ils vont mal marcher etexciter la commisération des voisins.
De même que nos tabétiques amaxophobes aient quelqu’un seulement à leur côté, l'idée qu'ils vont « rester en panne » ne se présentera pas et ils traverseront la rue.
En se rendant bien compte de ces circonstances et de l’état d'esprit des malades, on voit donc qu'il est impossible de rapporter leurs accès dysbasiques directement à la lésion organique dont ils sont atteints. Il faut donc les
rapporter au syndrome névrosique qui s’y est superposé,