LUE
$ 5. — De LA SIMULATION.
Nous n'avons observé ni trouvé dans nos lectures aucun cas de simulation, ce qui se conçoit d’ailleurs étant donnée la nouveauté du syndrome. Mais il est évident qu’un tel syndrome est simulable ou pourra du moins paraître assez facile à simuler, En effet, des névroses comme l’épilepsie et l’hystérie ayant leurs simulateurs, !l ne faut nullement désespérer, avec le progrès des connaissances, de voirun jour à fortiort des simulateurs de la basophobie.
Comment dès lors pourra-t-on dépister la SANTE #
S’ils’agissait de l’astasie-abasie, nous serions peut-être un peu embarrassé pour répondre.
Mais dans la staso-bosophobie il ÿ a toujours, comme nous l'avons vu, un cortège de symptômes concomilants qui nous paraissent devoir être difficilement réalisés même par des comédiens accomplis.
Ily a, entre autres symptômes, l'accélération du pouls qui, sauf de très rares exceptions, est indépendante de la volonté. Cette accélération est constante et très sensible chez nos basophobes. Concomitante de l'émotion, elle se manifeste même en dehors des tentatives de marche, à la seule pensée que peut- -être il va y avoir nécessité de marcher. C’est ce que M. Parisot a très bien constaté chez une de ses malades.
Cette malade, dit-il, « sait que d'habitude, à la visite, je la fais marcher ; aussi, à mon entrée dans la salle,
sans que je m’approche de son lit, est-elle prise d’une
STE véritable angoisse. L'augmentation de fréquence du pouls cons{alé par mon interne en est une des manifestations les plus facilement appréciables ». Il est très vraisemblable pour ne pas dire certain que, dans les mêmes conditions, on devra retrouver les mêmes phénomènes chez tous les basophobes.
De plus, comme nous le montrent les observations, la basophobie doit toujours pouvoir s'expliquer, à la fois par des causes prédisposantes et par des causes occasionnelles. On en voit toujours très nettement la genèse et nous dirions presque, la fatalité. En effet, tandis que lastasieabasie se crée insconsciemment, l’obsession basophobique comme le dit Thyssen, « s'impose à la conscience ». Mais elle ne s'impose pas seulement à la conscience du malade elle s’impose aussi, comme diagnostic, à la conscience du médecin qui a bien étudié son malade, surtout au point
de vue des anamnestiques.