‹ De la Staso-BasophobieChapitre 42 sur 58 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Pronostic.

Le pronostic n’est pas grave quoad vitam. Il le serait cependant chez les vieillards surtout dans les cas où les malades ne peuvent même pas s’asseoir; car on pourrait craindre alors des congestions hypostatiques.

Mais l’affection, par elle seule, même dans la variété par accès, enlève l'individu à ces occupations et en fuit une charge pour sa famille ou la société (1). Remarquons d’ailleurs que le basophobe, presque toujours un neurashénique, un hémiplégique ou un tabétique est déjà, par le fait même de ces maladies, gravement déchu.

On a vu que la durée était généralement très longue.

Quant aux guérisons, sur nos 16 observations, nous ne pouvons citer qu’une guérison complète, celle d’une malade de M. Bouveret (observ. III). Il est vrai que pres-

que toutes nos observations, dont quelques-unes embras-

1. Dans certains cas cependant l'exercice de la profession reste possible; mais dans quelles conditions ! Ainsi M. Ballet cite le cas d’un médecin des hôpitaux « abasique émotif que crainte de ne pouvoir marcher a torturé pendant dix ans. Aux heures de sa visite à l'hôpital, sa phobie lui faisait disposer par places des chaises » où i] pût trouver un point d'appui ou se reposer.

sent cependant une longue période, sont incomplètes. Les malades en effet n’ont pu être suivis plus longtemps ou ont été perdus de vue.

Mais il y a des améliorations très sensibles dont une même très considérable, celle du malade de l’observation XI.

D’autre part dans deux observations signalées dans l'historique, il y a eu guérison complète; celle de la malade de M. Rendu et celle du jeune enfant de 7 ans signalée par M. Ballet (1).

D’ailleurs ces résultats peu encourageants se conçoivent fort bien, d’abord à cause de la nouveauté relativement récente du syndrome, puis à cause du fond sur lequel il repose. On verra aussi, à propos du traitement que certains moyens curatifs el en même temps rene lactiques nous font défaut.

En insistant ici seulement sur le terrain sur lequel évolue le syndrome, on remarquera que presque tous nos malades sont neurasthéniques ou névropathes. Chez d’autres coexistent, en plus, des lésions organiques à marche généralement progressive.

Or on sait combien la neurasthénie est une maladie rebelle etavec elle toutes les phobies qu’elle engendre. Si, de plus,on envisage la staso-basophobie en elle-même et, si on y voit, comme la plupart des auteurs, la manifestation d’une idée obsédante, on verra par là même quel sera le pronostic.

Il sera, dit M. Séglas, « celui desidées obsédantes qui,

si elles disparaissent quelquesfois, sont le plus souvent

Page 1