‹ De la Staso-BasophobieChapitre 47 sur 58 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(In Bouveret, La Neurasthénie, 2e édit. Paris 1891, p. 94).

Il y a quelques années, j'ai rencontré une forme étrange de l’anxiété neurasthénique, qu'on pourrait désigner du nom de sfasophobie ou peur de la station verticale. Il s’agit d’une femme qui, entre autres symptômes neurasthéniques, ne peut quitter la situation horizontale. Depuis fort longtemps elle reste au lit, étendue sur le dos, déclarant qu’elle ne peut absolument pas se tenir debout Elle ne présente aucune trace de paralysie ou d’une affection organique quelconque des centres nerveux. Je voulus là faire lever. À peine debout, elle fut prise d'un état d'angoisse effrayant, avec oppression, palpitations, pâleur de la face, et il fallut promptement la remettre au lit. Cet état ressemble sans doute à l'abasie et à l’astasie hystériques, récemment décrite par M. Ébarcot et ses élèves ; mais il en diffère cependant par l’apparition de cette angoisse extrême, dès que la patiente est mise sur ses pieds. Dans aucune des observations qui forment la base du travail de M. Blocq et que J'ai lues très attentivement, il n’est question de cet état anxieux avec troubles inquiétants de la circulation et qui est si caractéris-

tique dans l’histoire de ma malade.

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