In Archives de neurologie, 1891, tome 21, p
de M. Binswanger est attentif jusqu’à l’obsession, l'hystérique de M. Charcot est surtout un distrait,
Au mois de janvier de la même année, M. Séglas (1) publia un cas présentant, disait-il, quelque ressemblance avec Pastasie-abasie de Charcot, mais s’en distinguant par < un nouveau symptôme capital, l'angoisse accompagnant chaque tentative de station debout ou de marche, tout à fait semblable à celle que détermine pour un agoraphobe l'acte de traverser une place et donnant au syndrome actuel un aspect clinique absolument comparable à celui des idées obsédantes, des délires émotifs ». M. Séglas désigne ce nouveau syndrome sous le nom d’astasieabasie émotive.
En même temps, Knapp (2) en Angleterre, divisait l’astasie-abasie de la façon suivante :
avec angoisse (ntention-psychosis),
Astasie-abasie. : et à sans angoisse (association-neurosis).
Encore : la même année, M. le professeur Régis, de Bordeaux, dans une série de trois articles sur les neurasthénies psychiques (3), range dans la catégorie des
neurasthéntes ou obsessions abouliques certains cas d'im-
potence fonctionnelle qu’il avait observés et désignés sous
1. Séglas. De l'abasie et de l’alasie émotives (Médecine moderne, 1891, n° 24). Séglas. Leçons cliniques sur les maladies mentales el nerveuses, (Salpêtrière 1887-94).
2. Knapp. Astasia-abasia (the Journal of nervous and Mental diseases, 1891, ne 11).
3. E. Régis, Les neurasthénies PsSyChiques (obsessions émotives OU ConsCientes) in Journal de médecine de Bordeaux, mars 1891.
Consuller aussi, du même auteur, Manuel pralique de Medecine : mentale, R° édit. p. 291.
ee les noms d’ananastasie et d’ananabaste. C’étaient pareillement des paralysies systématisées à la station et à la marche (ou plutôt à l’action de monter)et avec angoisse.
M. Bouveret ensuite, dans la seconde édition de son ouvrage sur la Veurasthénie parue également en 1891, cite d’autres cas analoques à celui qu’il avait publié dans l'édition de 1890 et le premier désigne le syndrome sous le nom de stasophobre (1).
En 1893, dans un ouvrage spécial, à côté du syndrome qu’il avaitnommé astasie-abasie, Blocq (2) reconnaît comme autonome et distinct le syndrome que venaient de décrire sous des noms différents. MM. Binswanger, Séglas et Régis. Il reconnaît l’angoisse et l’obsession qui l’accompagnent et le distinguent ainsi de l’astasie-abasie. Mais pour lui cette dysbasie parafonctionnelle, comme il l’appelle, « fait plutôt partie des troubles de la marche dans les maladies mentales » et il propose de l'appeler « dysbaste émotive ».
En 1893, àla Société médicale des hôpitaux, MM. Debove et Boulloche (3) présentèrent une assez longue observation d’un cas offrant « une certaine ressemblance avec l’agoraphobie puisqu'il y avait impossibilité de traverser les espaces découverts. mais, de plus, la malade
ne pouvait absolument ni se tenir debout, ni marcher,
1. Bouveret. La N-urasthénie (épuisement nerveux), 2° édit. Paris, 1891.
2. P. Blocq. Les troubles de la marche dans les maladies ner-
veuses, Paris, 1893.
3. Debove et Boulioche. De La basophobie, in Sociélé médicale
des hôpitaux de Paris, (tome X, 3° série, 1893).
A Tte
même dans un espace très limité ». Complétant la dénomination de M. Bouveret, ils désignèrent pour la première fois le syndrome sous le nom.de sfaso-basophobie.
Le nom fut adopté par plusieurs auteurs et reproduit, entre autres, par le professeur Grasset dans la quatrième édition de son 7raïté des maladies du système nerveux. (1). Un peu barbare d’aspect et à l’oraille, il exprime bien cependant ce genre particulier de dysbasie, assez semblable à l’astasie-abasie, mais en différant par le symptôme pathognomonique de la peur.
À propos d’un second cas du même genre communiqué à la même séance, MM. Debove et Boulloche insistèrent encore et plus particulièrement sur les rapports unissant l'agoraphobie à la staso-basophobie.
Dans la discussion qui suivit leur communication, M. Rendu fit part, à son tour, d’un cas qu’il avait observé chez une malade « très semblable à celle de M. Débove » et qu’on lui avait adressée « comme paraplégique ». I y avait plus de trois mois qu’elle gardait le lit dans une immobilité complète.
A la suite de M. Rendu, M. Ballet faisait remarquer que les accidents signalés n’étaient pas particuliers aux adultes. Les enfants, disait-il, peuvent en présenter de semblables. Et, à l'appui de sa thèse, il citait le cas d’un jeune enfant de scpt ans. Cet enfant fut guéri en quelques semaines, sous l'influence de l'isolement et de lhydrothérapie. Nous avons bien regretté que M. Ballet se soit très
peu étendu sur le cas de ce jeune enfant, qu'il cite seu-