OBSERVATION IX
Hérard, thèse 1847 et Bull. Soc. Anat., 1846.
Le 21 mai 1846, entre à l'hôpital des Enfants, service de M. Blache, M... Charles, 3 ans.
Bonne santé depuis sa naissance. Il y a deux mois 1/2, sans cause connue, et d’une manière assez subite (vers les 4 heures du soir) est pris d’une difficulté très grande de la respiration avec menace de suffocation. Les accidents durèrent toute la nuit, et le lendemain matin, un médecin appelé pensa qu'il avait affaire à un croup ; l'enfant alla beaucoup mieux, mais, depuis cette époque, il a conservé un peu d’oppression, et par moments, il éprouve de véritables accès de suffocation.
Quand M. Blache vit cet enfant, 21 mai, la dyspnée était intense, et la dilatation de la poitrine s’effectuait par de violents efforts ; l'inspiration et l'expiration s’entendaient à distance ; toutes deux étaient bruyantes, présentant un caractère sibilant (l’expiration surtout) ; la toux, fort rare, avait le timbre ordinaire ; il en était de même de la voix, à laquelle cepen-
‘dant on aurait pu trouver quelque chose de chevrotant : le fond de la gorge ne laissait distinguer ni rougeur, ni fausses membranes, 30 respirations par minute : 135 pulsations peu développées ; peau un peu chaude. La figure de l'enfant est légèrement bouffie ; Sa tête semble enfoncée dans les épaules ; la poitrine en avant est bombée, les clavicules soulevées ; [a sonorité est peut-être un peu exagérée à la partie antérieure. À l’auscultation, on entend le murmure vVésiculaire mélangé du râle sibilant. En arrière et à gauche, on constate la faiblesse de bruit respiraloire.
22 Mai. — M..., a été tranquille pendant Ja journée du 21 etla nuit qui l’a suivie. Ce matin, à la visite, nous trouvons sa respiration presque aussi calme que celle d'un enfant bien portant. Tout à COUP il est atteint d'une dyspnée portée en un instant au plus haut degré. L'inspiration, mais principalement l'expiration, deviennent sonores ; Celle-ci est mélangée d'une Sorte de râle sibilant qui paraît se passer dans le larynx ; elle est prolongée à ce point que si on représente par { le temps de l'inspiration, on aura au moins 13 pour celui de l'expiration. La toux est un peu plus fréquente qu'hier ; elle est sèche, éclatante ; la voix n'est Pas enrouée. L'enfant s’'ägite dans son lit, se cramponne aux corps environnants, porte la Main à la poitrine, change incessamment de Position, mais ne se dresse pas sur son séant, et semble même préférer, pendant l'accès, le décubitus dorsal. Tous les accidents se calmèrent au bout de queldues instants, puis leparurent avec plus de violence dans les 5 heures, disparurent encore Pour se manifester de nouveau à 11 heures du soir. Le reste de la nuit fat agité, elil eut plusieurs accès de Suffocation semblables à celui dont nous avions été témoins à la visite du 22.
23 mai. — Journée et nuit bonnes,
24 Mai, — C'est à peine sien approchant l'oreille de la poi-
; oo
trine, on entend un léger bruit déterminé par la colonne d'air qui traverse le larynx. L'enfant est assis sur son lit, et ne parail pas faire de grands efforts pour respirer, on ne constate toujours à l’auscultation qu'un peu de râle sibilant et souscrépilant à la partie supérieure des poumons. Le pouls reste légèrement accéléré. L'enfant a de l'appétit et se lève.
27 mai. — Deux accès violents, à midi et 5 heures du soir. Néanraoins le 28 ne paraît pas s’en ressentir. Il se lève dans la journée, mais à 6 heures du soir nouvel accès qui dura plusieurs heures. L'anxiété était extrême ; l'enfant ouvrait largement la bouche pour introduire un peu d’air dans la poitrine ; la figure était pâle, les lèvres bleues; bientôt il fut pris de bâillements répétés, suivis de convulsions. A l'agitation succéda l’assoupissement, el il expira dans la nuit du 28.
Autopsie. — Larynx, parfaitement sain.
Les poumons présentent q1elques noyaux disséminés de pneumouie ; à la racine du poumon droit, existe une tumeur ayant le volume d'une petite noix; elle est formée par un ganglion tuberculeux, et comprime fortement le pneumogastrique. Le nerf est de plus, dans une élendue de un à deux centimètres, entièrement confondu avec la coque indurée de la glande lymphatique ; son tissu est en ce point comme cartilagineux, et il ne peut être isolé de la tumeur. Au-delà, le nerf reprend sa texture normale. Cette masse comprime la bronche droite et a même déterminé son ulcération, si bien que la poche tubercu- Jeuse communique avec les voies de l’air. Nous trouvons, dans les ramificalions bronchiques un liquide jaune, assez épais, qui semble être de la matière tuberculeuse ramollie, et déversée de la tumeur dans tout le tube aérien.
Du côté gauche, le pneumogastrique se trouve en rapport avec une tumeur ganglionnaire droite ayant le volume d'une
noisette. Le nerf est également quoiqu'à un moindre degré, altéré
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et dans sa texture, el confondu avec l’envéloppe extérieure des ganglions.
Tous les autres organes sont sains ()
OBSERVATION X (Résumée).
Héräard, thèse 1847.
H°.. Cafolitie, 2 2 ans, entre à l'hôpital des Enfants, service de M. Guersant pour une phlisie : avancée. Quelques jours après son entrée ést prise d'accidents du côté du larynx : « Subitement, petite inspiration aiguë et Saccadée, suivie d'un arrêt momentané de la respiration ; Souvent cette inspiration est unique : plus rarement elle se répète quatre ou &inq fois, sans suffocation bien marquée. La face reste pâle. La durée de l'accès est d’une demi- minute ; il est provoqué surtout par les contrariétés ét les efforts de la déglutition.
Les accès deviennent de plus en plus fréquents et ne sont plus aussi exempts de suffocation que les premiers jours. L’affection tuberculeuse fait de rapides progrès et amène la mort le 28 avril.
Autopsie. — Adénopathie trachéo-bronchique tuberculeuse.
« Les pneumogastriques et les récurrents sont en rapport avec plusieurs deces ganglions ; mais leur tissu, examiné avec beaucoup de soin, ne présente aucune altération appréciable ».
Le larynx, la trachée, sont parfaitement sains.
1. Voir page 18, l'opinion de Hérard au sujet de cette obser” vation que nous avons tenu à donner in extenso.
Ce AU
OBSERVATION XI (résumée).
Albers de Bonn. Trad. par Rihlot, Arch. de méd., 1834.
Hankel fut appelé le 4 juin 1820, auprès d'une petite fille de 2 ans, qui présentait fous les symptômes du croup.
Sa santé avait été bonne jusque-là. Glandes du cou légèrement tuméfiées. Le jour suivant, le bruit croupal avait disparu, toux légère et rare : respiralion un peu précipitée. Légère température. Vers le soir l'enfant paraît guérie.
Le 6 juin au matin, fièvre, toux croupale intense. A 7 heures on craint pour la vie de l'enfant. À 9 heures elle est gaie, sans toux et presque sans fièvre.
7 juin. — Rien d'anormal dans le jour ; le soir reprise des ac-
.cidents. L'enfant passe douze jours dans ces alternatives. Pen-
dant les rémissions, mange souvent avec appétit, sauf dans les.
deux derniers jours. Elle meurt en s’éteignant d'une façon imperceptible.
Autopsie. — Adénopathie trachéo-bronchique tuberculeuse. Au côté droit de la trachée, masse ganglionnaire à laquelle est accolé le nerf vague. « Ce nerf, qui d’ailleurs paraissait sain, était intimement uni à la glande malade par un tissu c>llulaire
très dense ».
OBSERVATION XII (Résumée).
Teuillière (Thèse 1887-1888).
Fillette de 9 ans, entre aux Enfants-Malades, service de
M. Jules Simon, en avril 1884.
Ppecr LT.
A peine dans la salle, est prise subilement de dyspnée intense ; la face pâle, les lèvres cyanosées, il y à du tirage sus et sous-sternal. L'interne de garde va faire la trachéotomie lorsque l'enfant est prise d’une quinte de toux coqueluchoïde. Pas de fausse membrane. Voix claire et conservée. Matité en arrière entre la septième cervicale et la deuxième dorsale à droite. L'accès d'orthopnée dura une heure environ. L'enfant devint plus calme.
L'inspiration était beaucoup plus longue et plus facile que l'expiraticn. P. 45. Deux heures après, nouvel accès d’orthopnée, puis nouvelle rémission. Dans la nuit, l'enfant succombe dans un violent accès.
Autopsie. — Ganglions trachéo-5ronchiques tuberculeux, hypertrophiés. Le pneumogastrique droit est englohé par une tumeur ganglionnaire grosse comme un œuf de pigeon qui
comprime aussi la trachée.
En terminant, nous tenons à rapporter un fait intéressant que voici :
Il s’agit d’un de ces cas où un enfant vient au monde avec du cornage congénital. L’enfant vient bien, ses dif- -férentes fonctions se font naturellement, et rien, en dehors de ce bruit inspiratoire, ne peut le faire juger malade. Un jour cependant, à l’occasion d'une bronchopneumonie, le ganglion qui comprime le nerf laryngé s’enflamme, et alors, éclatent tous les signes de la sté-
nose laryngée (1).