Voir plus loin l'étude du cornage
OBSERVATION XIII (inédite).
Prise dans le service du D: Moizard.
Petite fille d'un an, entre aux Enfants-\Malades, chez le D' Moizard. Mme Nageotte, qui l’a soignée, donne obligeamment les renseignements suivants. L'enfant est venue au monde avec un cornage inspiratoire. En décembre 1895, elle fait un foyer de broncho-pneumonie, et à cette occasion, elle a des accès de suffocation qui font craindre le croup aux parents. Au moindre mouvement, l'enfant se cyanose et a du tirage. Peu à peu, cependant, elle se remet et le bruit de cornage diminue d’intensité. Mais à la fin de mars, à la suile d'un rhume, l'enfant est prise de nouveau d'un accès de suffocalion de tout point semblable aux précédents. En avril, on constate à l’auscultation el à la percussion l'existence d’une adénopathie trachéo-bronchique des plus nelles. La toux, d'aïleurs, prend en fin d'avril la forme coqueluchoïde.En même temps, sous l'influence d'un nouveau foyer de broncho-pneumonie, on voit revenir la Loux croupale, la dyspnée et letirage. Les signes de sténose laryngée vont en augmentant ; la voix devient enrouée et le restera jusqu’à la fin; les accès de suffocation vont en se rapprochänt. La mère amène son enfant à l'hôpital.
A son entrée: tirage intense, épigastrique et sus-claviculaire, sifflement laryngé, cornage, dyspnée, agitation excessive. Rien à la gorge. L’asphyxie étant imminente, on pratique le tubage qui apporte à l'enfant un grand soulagement. Le tirage el l’op-
pression diminuent; le cornage disparaît. T. 40. P. 150. R. 52.
Les jours suivants, la broncho-pneumonie s'étend de plus en plus, l'enfant se cyanose. La mère ne voulant pas laisser mouvir sa fille à l'hôpital l'emporte chez elle où elle meurt le lende ?
= Gé
main, le tube étant toujours en place. L’autopsie ne peut être faite.
On objectera peut-être que la broncho-pneumonie peut à elle seule donner lieu à des accidents dyspnéïques d’une telle intensité qu’au premier abord on ait cru souvent à l'existence d’un croup. Sanné, ne dit-il pas dans son Traïté de la diphtérie, qu'il a vu faire la trachéotomie pour une bronchite capillaire? Dans notre observation, l’existence du cornage congénital et ce fait que ces accidents laryngés sont aussi survenus à l’occasion d’une bronchite simple, nous autorisent croyons-nous, à affirmer en dehors de la dyspnée pulmonaire, l'existence d'accidents laryngés spasmodiques. :
= Nous nous demandons même, si dans les cas de bronchite capillaire, où l’on a cru à l’existence d’un croup, il n’y avait pas de l’adénopathie trachéo-bronchique avec spasme de la glotte consécutif. C’est Ià du moins une
hypothèse à envisager.