CHEZ L'ENFANT
Est-on en présence d’un spasme consécutif à une lésion laryngée : corps étranger, polype ou laryvngites? A-t-on affaire à une sténose larynqgée purement neuropathique : compression des troncs nerveux ou névroses ?
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit à propos de l’adulte, Ce qu’il y a de fondamental dans la méthode devra naturellement s’adapter aux conditions
étiologiques et pathogéniques propres à l’enfance.
A. — Laryngopathies croupales (à).
1° Croup d'emblée.
En face d’un enfant en proie à une crise d’étouffe ment spasmodique accompagnée “d’un sifflement larvagé et de
tirage, la première idée qui vienne à l’imagination est
1. Sous cette dénomination nous comprenons toutes les affections caractérisées cliniquement par un tirage permanent et anatomiquement par une lésion nettement délerminée du larynx.
celle d’un croup d'emblée. On sait, en effet, que quelquefois, le croup débute par un accès de suffocation et une dyspnée qui arrive brusquement à son maximum d’intensité. Il est impossible d’attacher une importance sérieuse aux troubles de la voix. On a signalé, dit M. Cadet de Gassicourt, entre autres, des croups où ni la voix ni la toux ne passaient de la raucité à l’aphonie ; dans certains cas même la voix resta claire (Touchard). D’autre part, nous avons vu que les altérations de ces organes étaient fréquentes dans les cas de compression du récurrent. Cependant, ilest ordinaire de voir dans le croup une toux rare et dont la tonalité reste basse; dans l’adénopathie trachéo-bronchique au contraire ; la toux revêt fréquemment la forme quinteuse et coqueluchoïde. L'apparition subite d’une de ces quintes permettra souvent de poser le diagnostic (V. Obs. XIT).
Enfin l'examen laryngoscopique, s’il est possible, pourra dans ces cas lever bien des doutes; mais la cul- ture sur sérum et le microscope donneront seuls une solution définitive. É
En attendant, le malade sera considéré comme un douteux et traité en conséquence. On se tiendra prêt à pratiquer la trachéotomie ou le tubage qui, en toute hypothèse, n’auront aucun inconvénient. Nous verrons que dans la sténose neuropathique même, c’est là souvent la
seule chance de salut.
O8SERVATION XXIII (résumée).
Huguenin. Thèse Leudière
G..., 4 mois, entre à Saint-Antoine, mai 1888. Depuis deux mois troubles digestifs assez intenses, diarrhée, impétigo. N'a jamais eu de suffocation, de quinte de toux rauque avant le 8 mai. Subitementlarespiration devint gênée, pâleur, puis cyanose de la face toux rauque. Effrayé par ces symptômes brusques, on amène l'enfant à l'hôpital. |
A son entrée : tirage considérable suset sous-sternal; période êsphyxique. Sa pâleur et sa cyanose le font admettre dans le service des croups. Gorge saine, pas d’abcès rétro-pharyngien. Nombreux ganglions cervicaux. Matité aux deux bases des poumons. Diagnostic : croup avec broncho-pneumonie diphtérique à marche rapide chez un scrofulo-tuberçculeux. Vu l'âge, on rejette la trachéotomie. Mort dans une syncope à 4 heures du soir.
Aulopsie. — Adénopathie trachéo-bronchique considérable. Poumons congestionnés. Pas de broncho-pneumonie. Le nerf récurrent droit est comprimé par un ganglion gros comme un
œuf de pigeon. Larynx absolument sain.
2° Laryngile striduleuse sous-glollique aiguë, avec tirage perma- . nent.
Pendant longtemps ce sujet a été enveloppé chez les auteurs d’une assez grande obscurité. Les uns diagnostiquaient Loujours laryngite striduleuse en face des phénomènes laryngés résultant d’une compression nerveuse;
les autres, comme Barety, ne voyaient dans l’adénopathie
trachéo-bronchique, la cause pathogénique de cette laryngite spasmodique. Dans toute les observations que nous avons publiées au cours de cette thèse, le larynx toujours examiné a élé trouvé complètement sain. Jamais examen laryngoscopique n’a révélé pendant la vie aucune lésion même inflammatoire. Jamais à l’autopsie on ne retrouva sur la muqueuse les traces de la plus petite altération. Les accidents laryngés observés étaient d’origine purement nerveuse. Dansle faux croup, au contraire, On est en présence d’une laryngite : les accidents relèvent d’une tuméfaction primitive du larynx. Il y a /aryngite sous-glottique aiquë.
« L'existence et le siège de cette tuméfaction, qui a été constatée au laryngoscope par Masséi, Landgraf, Moldenhaüer, Krieg et autres, expliquent bien le faible degré de l’altération de la voiæ, et la persistance de la sonorité de la toux, dans cette affection. Ils rendent également compte de la difficulté qu'éprouve le sujet à respirer, pour peu qu'il s’agite un peu au lieu de garder le repos» (tr). C’est généralement, au milieu de la nuit, alors que la santé était parfaite la veille au soir, que l’enfant de trois à sept ans est pris de suflocation striduleuse. D’une brusquerie qui étonne et effraye, l’accès évolue de quelques minutes à plusieurs heures ; mais à l'accès de suffocation, succède le tirage régulier qui ne durera jamais plus de 48 heures. Pendant plusieurs jours les accès se reproduiront en se rapprochant, mais ils diminueront de fré-
quence et d'intensité; la guérison enfin, arrivera généra-