Ruauit. fr. dé Med, t. IV, D
lement après une semaine au moins, quinze jours au plus. PURE
La toux sera souvent rauque, aboyante, fréquente, rarement quinteuse comme celle de l’adénopathie, elle gardera toujours une tonalité élevée, alors même que la gêne respiratoire sera extrême et l’asphyxie imminente. La voix, quelquefois normale, sera le plus souvent rauque, enrouée. Cet enrouement pourra être progressif, mais
jamais il n’arrivera jusqu’à l’aphonie.
OBSERVATION XXIV (Résumée).
Constant (Gaz. Med. Paris, 1874).
C..., cinq ans. Entre à l'hôpital le 9 mars, pour une dyspnée intense, accompagnée de toux et de voix rauque, datant de deux jours, Tousse depuis trois mois.
A son entrée. —Face violacé»:. Inspiration sifflante. Toux petite, sèche, incessante. R : 60. Gorge saine. Sangsues au-devant du larynx, vomitif. Nuit calme. Le lendemain, symptômes de nouveaux inlenses.
10 mars. — Face loujours violacée. Dyspnée et agitation.
11 mars. — Inspiration sifflante. Lèvres cyanosées. L'enfant porte la main au devant du larynx comme pour arracher un obstacle qui la gène.
12 mars. — Asphyxie imminente, altération profonde des ‘traits, mort dans la matinée.
Autopsie. — Epiglotle et glotte présentent une tuméfaction considérable : l'ouverture de la glotte est manifestement rétré-
cie, lamuqueuse qui recouvre ces parties ne présente ni fausses
mémbranes, ni ulcérations, ni infiltration purulente. La même rougeur existe à l'intérieur du larynx ; elle est bien marquée à
la partie supérieure,
3° Laryngites rubéoliques avec lirage’permanent.
L'existence d’une laryngopathie grave survenant à l’occasion d’une rougeole n’est plus aujourd’hui à démontrer. Lorsque l’oppression, latoux rauque etle tirage coïncident avec l’apparition de l’exanthème, le diagnostic s'impose. Mais lorsque ces troubles laryngés précèdent l’éruption, ou qu’ils surviennent dans la convalescence d’une rougeole légère, ils ont besoin d’être examinés avec soin si on veut en découvrir l’origine.
2. Avant l’éruption. — Le tirage persiste entre les accès qui sont bien rapprochés. L’agitation est extrême, la température, fait important, est élevé : 39 ; enfin ce qui mettra tout à fait sur la voie du diagnostic c’est le coryza et le larmoiement si on a la bonne fortune de les rencon-
trer.
OBSERVATION XXV (Résu mée).
Touchard, thèse, 1893, obs. XLI.
A. 4 ans,.entre le 24 novembre 1892 à Trousseau, pavillon des douteux. Tousse depuis quatre jours. Hier, à ? heures du matin, accès de suffocation violent ; au bout d’une heure, l’enfant se rendort, mais reste un peu gêné pour respire”. Aujour:
Jorx 15
d'hui, à 2 heures de l'après-midi, nouvel accès semblable au premier. Tirage. Entre à Trousseau, à 6 heures, sci-disant pour du croup. En effet : tirage violent sus et sous-sternal : 68 R. Toux rauque, voix enrouée. Gorge rouge. T. 3%,8. Tirage persiste la nuit.
95. — Tirage a diminué. R. 40, gorge rouge. Toux rauque et quinteuse. T. m. 380.6 : 39,2 le soir. Auscultation normale.
26. — Plus de tirage. Quelques râlés ronflants. Langue sèche. Cet état persiste jusqu'au 28. Dans la journée, 40°, yeux larmoyants : dans la nuit, se fait l’éruption de rougeole.
Mort (rois jours après, d’une rougeole atoxo-adynamique avec hypothermie sans complication pulmonaire. ,
La laryngile était terminée depuis plusieurs jours.
b. — Pendant la convalescence. — La respiration, dans ce cas, estsifflante, la dyspnée intense, et peut aller jusqu’à l’asphyxie, mais /es accès de suffocations font défauts. La voix devient rapidement comme étouffée. La toux au début rauque, à tonalité élevée, prend peu à peu un timbre sourd. Ce n’est plus une simple laryngite catarrbale, les replis aryténo-épiglottiques sont ulcérés ; lorsque ces ulcérations siègent en arrière, la toux est provoquée à chaque déglutition. L'évolution est Zente (8 à 10 jours), le pronostic grave, et l’on peut être amené
à pratiquer la trachéotomie.
OBSERVATION XXVI (Résumée).
Cadier. Revue des maladies de l'enfance, 1886.
Enfant de 8 ans. Alors que l’éruplion d’une rougeole a dis-
paru, survient des accidents laryngés, Le médecin traitant dia-
AU
gnostie un croup d'emblée. Dr Cadier vient pour pratiquer la trachéotomie. Mais il estfrappé par l'existence d’une toux stridente, presque aboyante.
Respiration sifflante. Dyspnée intense.
Examen de la gorge négatif. Laryngoscopie. — Absence de fausse membrane. Rougeur généralisée. Petites ulcérations arrondies siégeant sur les éminences arythénoïdées, sur les bandes ventriculaires, sur l'épiglotte et sur la commissure postérieure (espace inter-arylénoïdien).
Opération retardée ; guérison.
Indépendamment de ces laryngites souvent mortelles, avec ulcérations, il existe dans la convalescence de la rougeole des laryngites purement catarrhales, mais elles se comportent comme celles qui précèdent l’exanthème. Touchard, dans sa thèse, en publie plusieurs exemples.
Si l’on se souvient de l’importance considérable que prend la rougeole chez les enfants, comme cause prédisposante de l’adénopathie tracher-bronchite, on comprend combien il sera souvent permis d’hésiter entre deux affections aussi dissemblables quant à leur lésion, leur évo-
lution et leur pronostic (voir Obs. 1).
4° Laryngile croupale dans la syphilis congénilale. OBSERVATION XXVII (Résumée).
Sevestre. EtudeS cliniques infantiles, 1889.
Le 20 octobre 1884. — Entre à Saint-Antoine un enfant de huit
mois soi-disant pour un croup diagnostiqué à Trousseau. Mai-
HE
gre el chétif, tousse depuis cinq semaines. Dès le début, raucité de la voix et de la toux. Puis une oppression survint, d’abord légère, augmentant progressivement et sous forme d'accès paroxystiques.
A l'entrée. — Dyspnée intense avec tous les carac'ères d’un obstacle laryngé. Tirage. Toux éteinte. Adénopathie cervicale. Pas de fausses membranes dans la gorge. Râles fins dans les deux poumons, mais pas de souffle (Vomilii).
31 octobre. — Même état, 1% noverabre. idem. On abandonne l'hypothèse d’un croup. On recherche dans les antécédents. Né à terme, jamais de coryza, ni d’éruption. Autour de l'anus trois petites cicatrices de syphilides papulo-érosives. Plaques ulcérées sur les bourses, Frictions mercurielles.
3novembre. — Tirage moins marqué :respiration plus facile.
# et 5 novembre. — Amélioration continue. Plus de tirage: Aphonie persiste. Accès de suffocation plus espacés.
6 novembre. — Une broncho-pneumonie se déc'are et emporte le malade le 10 novembre. :
: Autopsie. — La corde vocale inférieure est remplacée par une ulcération elliptique, déchiquetée ; végétalion en erêle de coq, remplissant Ja cavité du ventricule. L'ulcérition a détruit la muqueuse et la couche Sous-Muqueuse. Sur le côté droit de la trachée, gros ganglion. Idem au niveau de la division des grosses bronches.
Il est regrettable que dans cette observation on n'ait pas mentionné dans quel état se trouvait le récurrent, Etait-il comprimé ou irrité par les ganglions qu'on a constaté? A-t-on songé à l’examiner? L'observation ne nous le dit pas. Il convient toutefois de dire, qu'en pré-
sence de telles lésions laryngées, l'esprit pouvait se (rou-
A 0 7 ue ver satisfait au point de vue de l’explication des symptômes.
Sans aller jusqu'à dire avec Mackensie (1), que les manmifestations laryngées de la syphilis congénitale constituent l’un des phénomènes les plus constants et les plus caractéristiques de la maladie, on peut dire, du moins, qu’elles sont moins rares qu’on ne le suppose yénéralement. Si nous ajoutons, d'autre part, que ces manifestations peuvent se caractériser par de la raucité de la toux et de la voix, par de l’aphonie même, avec de la dyspnée paroxystique et du tirage, le tout pendant une période de cinq semaines, on voit combien il est difficile de ne pas songer à l’adénopathie trachéo-bronchique.
La voix cependant, dans la syphilis congénitale, s’altère et prend un son rauque tout particulier que l’on à comparée, non sans exactitude, au son d’une trompette d’enfant (West).
Mais ce cri aigu, pas plus que la toux coqueluchoïde de l’adénopathie, ne seront toujours là pour mettre sur la voie du diagnostic. Il en sera de même de la voix nasillarde que M. Sevestre compare au timbre égophonique de la pleurésie ; elle peut être, en effet, comme dans l’adénopathie trachéo-bronchique, souvent sourde, brisée et bitonale, sinon aphone.
Les antécédents : éruptions, coryza, fissures labiales, etc., mieux que les caractères de l'affection laryngée, pourront en faire soupçonner la nature. Le traite-
ment institué alors, donnera la signature de la maladie.