‹ De la sténose glottique: Dans l'adénopathie trachéo-bronchiqueChapitre 42 sur 46 · Société de chirurgie, 4 février · texte numérisé non relu

Société de chirurgie, 4 février

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Germain, une première trachéotomie allait être suivie d'une seconde lorsque l'enfant mourut dans un accès de suffocation ; le diagnostic n’avait pas été fait.

Dans chacun de ces cas, l’enfant n’est mort que faute

d’un examen laryngoscopique.

OBSERVATION XXIX (Inédite).

Communiquée par M. Rabé, interne du service. Résumée.

‘D... Paul, 2 ans 1/2, entre le 12 mai, service du D° Moizard. “Février. — La voix s'enroue, presque éteinte.

Mars. — Aucune amélioration, on le mène à Trousseau, mis aux douteux, puis à la diphtérie.

Au bout de huit jours on le rend à sa mère avec les mêmes symptômes. Aphonie. Suffocation. Tirage sus et sous-sternal,

45 avril.— Pendant la nuit, brusquement accès, de suffocation. Toux rauque. Aphonie. |

16 avril. — Entre à Trousseau, pavillon de la diphtérie.

30 avril. — Rendu à la mère ; aphonie persiste ; toux moins rauque.

12 mai. — Aucune amélioration, entre aux Enfants- Malades pavillon des douteux. Aphonie. Toux rauque, demi Poe tirage sus-claviculaire et épigastrique. Embryocardie, On croit trouver une matité à la partie interne de la région sous-Cclaviculäire gauche, et dans la gouttière scapulo-verlébrale droite. Murmure vésiculaire presque aboli. Apnée. Micro-polyadénopathie.

Diagnostic. — Adénopathie trachéo-bronchique bilatérale. Récurrents comprimés.

17 mai. —- Nuit tranquille. Le matin, brusquement l'enfant

s’affaisee, mouvements convulsifs du thorax, P, 180. Tubage séance tenante. Légère amélioration, mais affolemént cardiaque. Le soir amélioration s’accentue ; l'enfant s’assied seul. A 5 heures du soir, nouvelle crise de dyspnée. P. 180.

Mort à 9 heures du soir.

Autopsie. — Quelques ganglions inter-trachéo-bronchiques, mais ne dépassant pas le volume d'un haricot. Aucune trace de tuberculose.

Larynx. — Les cordes vocales inférieures et supérieures

son£ cachées par de petites végélations, en choux-fleurs, grisâtres, peu vasculaires et pédiculées. Plus volumineuses sur les cordes supérieures que sur les inférieurse, font une saillie audessus des replis ar) téno-épigloltiques et envahissent - espace sous-glottique. Ce sont évidemment les masses polipéuses de la corde supérieure qui, en venant faire clapet sur le tube l'ont

rendu insuffisant.

M. Rabé se rappelle avoir eu nettement, pendant le tubage, la sensation au doigt, de petites masses granuleuses tapissant la face postérieure de l’épiglotte. Il se reproche de ne pas avoir tenu compte de cette constatation, qui de-

vait le mettre sur la voie du diagnostic.

Ë. — Lésions matérielles agissant sur les nerfs.

Il est évident qu'ici, ce n’est ni le cancer, ni l’anévrysme qui doivent préoccuper l'observateur. La cause comprimante par excellence, c’est la tuberculose dans sa forme adénopathique.

Voici un fait qui nous a paru intéressant ; il nous fait

prendre sur le vif le mécanisme de cette action, C’est

l’histoire d’un enfant portant au cou des fistules tuberculeuses ; chaque fois que ces trajets s’oblitèrent il est pris de spasme glottique. Lorsque le pus s’écoule librement, la compression qu’il produit cesse, et le spasme cesse avec

elle.

OBSERVATION XXX (Résumée)

Warren. Boston méd. and surg. Journ., V, 95, 30 août 1375.

Th... 3, ans, entre à l’hôpital de Massachusets le 17 juillet. I] y à huit mois, forte toux; trois semaines après, tuméfaction des ganglions cervicaux, suivie de suppuration.

Janvier. — Voix enrouée. Inspiration difficile, bruit eroupal. Accès de dyspnée intense. Quelques râles dans Ja poitrine. Amygdales et ganglions cervicaux légèrement tuméfiés.

Laryngoscopie, — Cordes vocales très rapprochées, surtout à la partie postérieure. Enfant pâle mais peu cyanosé. Déglutition difficile. Vomissements fréquents. La suppuralion des ganglions recommence; l'intensilé des phénomènes laryngés diminue. |

42 avril. — Accidents s'aggravent ; amaigrissement. Pouls 160 à 170 et très faible.

21 juillet. — Trachéotomie. « Les forces du malade revinrent rapidement, mais le rapprochement des cordes vocales persista. Le malade sera très probablement forcé de conserver la canule

toute sa vie. »

Voici, une autre observation, recueillie dans le service du D' Moizard. L'enfant, envoyé à l'hôpital pour y

subir le tubage, meurt avec des Symptômes de sténose

glottique. À l’autopsie, on trouve un abcès par compression d’origine vertébrale et une adénopathie trachéobronchique. Bien qu’onait examiné ni le récurrent ni le pneumogastrique, il ne nous paraît pas douteux qu’ils

aient été comprimés. Le lar ynx était sain.

OBSERVATION XXXI (inédite).

Communiquée par Lutsgarten, externe du service.

L..., 19 mois, entrée dans le service du Dr Moizard, le 25 octobre 1895, avec un cornage très intense.

Le médecin qui l’a soigné en ville a pensé au croup et l’envoit à l'hôpital pensant qu'il y aurait peut-être lieu de pratiquer le tubage. Depuis la naissance de l’enfant, la respiration devient fréquemment difficile et s'accompagne dans ces moments là de cornage. Depuis un mois. il tousse davantage, le cornage augmente. Depuis quatre jours, l’état de l'enfant reste stalion-naire, paraît-il. A son entrée, cornage intense, très bruyant, ressemblant de tout point à celui que font entendre les enfants atteints de croup. Tirage sus-claviculaire et épigastrique très marqué. Voix absolument claire. Ën arrière, dans la gouttière scapulo-vertébrale gauche, submatité manifeste. T. 38 et 3806. (Cataplasmes sinapisés. K Br. 1 gr. Todd).

17 octobre. — Même état. Cornage et tirage aussi intenses. Mort à 3 heures du soir, après plusieurs accès de suffocations.

Autopsie. — Abcès par congestion venant de la troisième vertébre dorsale. Développé en avant vers le médiastin postérieur, il s'ouvre dans une deuxième collection adjacente à la face postérieure de l’æsophage. Tous les ganglions mésentériques sont

hypertrophiés, caséeux ; tubercule ramolli au sommet droit du

—“ 122 — - poumon. Ganglions trachéo-bronchiqués hypertrophiés et ca-

-séifiés,

F, — Névroses

lo Spasme phréno - glollique des nourrissons.

Est-on appelé, soit le jour, soit la nuit, dans une famille pour un enfant à la mamelle, ou qui n’ait pas dépassé deux ans? si l'enfant a toutes les apparences d’un

petit rachitique, dont l'alimentation est défectueuse ; si les parents nous disent que l’accès a débuté après une .colère, parce que leur enfant perce ses dents; il faudra

. penser au spasme infantile essentiel. Si la famille vous

- -est counue pour ses prédispositions nerveuses particu-

«Hères,si on a affaire à un garçon de préférence, et si surtout commé il arrive souvent, un accident semblable, s’est produit antérieurement chez un frère du petit ma- | ade,les présomptions se transformeront presque en cer- ‘titude. Mais éxaminons l’enfant. Si on est en présence de | cette forme clinique de l’éclampsie infantile, on ne retrou- “vera les traces d'aucun prodroine : pas de coryza, pas de mouvement fébrile, comme dans les laryngites aiguës . graves. L’accès est survenu avec une brusquerie impres- . sionnante, sans toux; il a duré de quelques secondes à une. minute. L'enfant a eu des évacuations alvines et - fécales. Enfin on constate une contracture persistante

-dans un membre. Si l'enfant est repris d’un accès, et il peut être repris jusqu’à dix, quinze, vingt fois dans les

24 heures, on constatera après une apnée de quelques

secondes, unc série d’inspirations successives courtes et sfflantes, suivie d’une expiration silencieuse ou bruyante. Enfin, différentes manifestations spasmodiques apparaissent dans les membres, dans la face, dans les muscles diaphragmatiques et respiratoires. C’est bien là ce qu’on a décrit comme une convulsion tonique simultanée de tous les muscles respiratoires et que Bouchut a appelé : spasme phréno-glottique des nourrissons,

: On instituera un traitement antispasmodique, on préviendra que malgré ure respiration normale après l’accès, d’autres accès sont encore probables. Ceux-ci reparaitront avec une fréquence très variable, de plusieurs par jour, à un tous les deux ou huit jours. Chaque accès peut être mortel. L’enfant cependant peut quérir après

une ou deux semaines, un mois quelquefois.

2° Hystérie.

Existe-il chez l’enfant un spasme laryngé hystérique ? Touhard, dans sa thèse sur les laryngites aiguës de l’en fance, donne une observation de spasme laryngé qu'il attribue à cette cause, ATLAS

La trachéotomie fut rendue nécessaire, et l'enfant quérit. Cette observation cependant ne nous paraît pas très probante, Le fait, que même sous le chloroforme, on ne put retirer la canule, est de nature à nous laisser des

doutes.

G. — Phénomènes réflexes.

Supposons qu’on n’ait pu trouver chez un enfant la cause de l’accès du spasme laryngé. Il re faudra pas se hâter de conclure, par exemple à l’hystérie ; il sera prudent de penser d’abord à un phénomène réflexe.

Coupart, eneflet, (Rev. géx. de clin. et de thnerap., 1887) a montré la relation qui existait souvent chez les enfants entre les tumeurs adénoïdes et les attaqués de laryngite spasmodique. Sous l’influence d’une poussée congestive d’une de ces tumeurs, à l’occasion d’un refroidissement, l’attaque de spasme éclate. Il suffit souvent de pratiquer leur ablation pour voir disparaître aussitôt cette tendance à la crise spasmodique.

Les vers intestinaux (Lombrics), peuvent encore être

la cause de ce réflexe.

H, — Asthme ganglionnaire

De même qu’on a voulu voir dans l’adénopathie trachéo-bronchique lacause de la coqueluche et de la larynhite striduleuse, certains auteurs ont voulu décrire ce qu'ils appellent l'asthme ganglionnaire. Sous l'influence de l'irritation des filets centripètes du pneumogastrique par les ganglions bronchiques enflammés, il se produirait un-réflexe aboutissant à des accidents dyspnéiques. Ces accidents se développeraient « principalement chez des

enfants à excitabilité bulbaire exagérée, héréditairement

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