‹ De la sténose glottique: Dans l'adénopathie trachéo-bronchiqueChapitre 44 sur 46 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

Du pronostic et du traitement que comporte la tuberculose des ganglions trachéo-bronchiques, nous n’en dirons rien : ils n’offrent rien de particulier.

Le pronostic spécial que nous visons ici, c’est celui que comportent les accidents laryngés formant dans la suite des états du malade une évolution, non pas certes indépendante mais distincte de sa tuberculose.

Or, à ce pomt de vue, en présence de ces accidents, si divers dans leur intensité, dans leur mode de groupement, dans leur durée, on ne devra pas pour y parer attendre l’accès de spasme glottique. Le malade croit ne voir dans les altérations de sa voix, de sa toux ou de sa respiration, qu'un ennui passager ; le médecin y attachera plus d'importance, il n’y verra pas seulement la révélation d'une tuberculose ganglionnaire contre laquelle il est urgent d’instituer un traitemant actif, mais il verra aussi la menace d’une de ces crises qui risquent d’entraver la mort.

Hourmann disait déjà très judicieusement en 1852:

« On peut prévoir toute Putilité de la. trachéotomie

dans une maladie où le larynx et le reste du conduit

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aérien sont parfaitement sains et où la suffocation est produite par le défaut d'action des muscles dilatateurs de la glotte. Ce que la théorie fait supposer, la pratique l’a déjà confirmé, témoin les succès qui ont couronné les opérations que le D’ Porter a pratiquées sur des adultes. Voici un fuit qui démontre qu’elle pourrait être efficace sur le jeune sujet. M. Magendi, ayant pratiqué l’opération de la trachéotomie dans un cas où il croyait la glotte oblitérée par une fausse membrane, reconnut, après avoir fait l'ouverture des voies aériennes, qu'il n’y avait aueune obstruction dans le larynx de l'enfant confié à ses soins. Cette opérâälion eut un plein succès. Le sursis donné par l’ouverture des voies aériennes permettra de s'occuper plus à loisir du traitement dés ganglions en gorgés, et peut-être d’én améner la résolution. Jé ne sais sl ne faut pas rapporter à un cas de ce jente le fait suivant qui a été observé par M. Bérard sur le {ls d'un des amis de notre famille. Cet énfant, d’uné constitution délicate, était atteint depuis longtemps d’ure aphoie ét d’une difficulté de respirer qui allaient croissant. Plus tard des accès de suflocation se mänifestérent et M. Bérard, ayant déclaré aux parents que la trachéotomie était la seule ressource qui restât, M. le professeur Trousseau fut mandé et pratiqua l'ouverture des voies aériennes, Une double canule fut placée à demeure, et fut conservée pendant plusieurs années. L'époque de la piberté a forti- fié ce Jeune homme, qui jouit maintenant d’une excellente: santé ».

Depuis lors, l'expérience clinique n’a fait que confirmer la tradition fondée par Porter, Magendie, Bérard, Trous-

seau, et que Kreihaber, Hayem, ont consolidée, Les observations qu’on a lues dans le courant de cette thèse en portent la trace. Mais, depuis cette époque, un perfectionnement s’est ajouté à l'intervention du médecin ; ôn connaissait la trachéotomie, an pratique aujourd'hui le tubage. On a vu plus haut que les enfants trachéotomisés, et qui avaient trouvé dans cette opération le salut immédiat, sont souvent exposés à une bronche-pneumonie dangereuse. Ils bénéficient désormais de la méthode du-tubage. Il faudra donc y avoir recours toutes les fois qu’on le pourra. Nous n'avons pas ici à nous étendre sur son mode d'application: ‘il est le même que pour le croup. Nous nous bornerons à rappeler que l’enfant de l'observation I fut sauvé de l’accès par le tubage et qu'aucune complication n’en est résultée directement, et qu'il ne succomba qu'à l’évolution de sa tuberculose pulmonaire.

Quelques tentatives récentes peuvent cependant à bon droit être mise à l’ordre du jour.

On a lu plus haut (voir Physiologie et Pathogénte) comment, sous l'influence de l'effet narcotique de l’éther, Hooper a vu, chez le chien, l'excitation du récurrent amener non plus l’occlusion de la glotte, mais sa dilatation. Dès lors on peut se demander s’il n’y aurait pas lieu au moment de l'accès, d’expérimenter sur le sujet l’effet d’un anesthésique.

Contre les troubles latents relevant d’une paralysie, on sera discret dans l'application de l'électricité. Que du moins, on ait soin de ne la pratiquer qu’extérieurement,

car les réophores portés entre les cordes vocales pour-

—.1382 — * raient amener des accès de toux et une crise dont on connaît la gravité.

Si on faisait donc une tentative d’électrothérapie, chez un tuberculeux par exemple, devenu brusquement aphone, il faudrait le faire dès la période initiale, alors qu’on est en présence des troubles moteurs d'ordre parétiques. Où appliquerait les deux pôles de chaque côté du larynx et on suspendrait fréquemment l’action du courant. Dans ces conditions, Gouguenheim (1) fut assez heureux dans un certain nombre de cas pour guérir cette aphonie assez rapidement. Quelques séances quotidiennes pendant une semaine ou deux lui suffirent pour obtenir ce

résultat.

{. Gaz. hebd., 1881, n° 36,

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