Trad. Eusèhe. de Salle, 7° éd, &ngl. Paris
tions d'enfants atteints d'inspiration rauque, rattache ce dernier symptôme à la compression du pneumogastrique par des ganglions, principalement au niveau des récurrents.
En 1826, Becker de Berlin, dans sa thèse, cite l’observation d’un garçon de 20 ans, dont les vagues sont comprimés par une tumeur ganglionnaire.
En 1829, Rousset (Recueil de la soc. de méd. de Marseille, T., IV, p. 261) publie, avec autopsie à l’appui, l’histoire de trois malades dont l'affection avait simulé le Croup. La mort était survenue après des accès de suffocation, des crises d’orthopnée ; mais l’auteur voit dans le thymus le siège primitif de la maladie, alors que deux de ses observations ne paraissent guère se rapporter qu'à des ganglions du médiastin.
Cest alors (1830) que Kopp publia son mémoire. Il décrivait une affection asthmatique particulière aux jeunes enfants et qu’il rattachait à l’hypertrophie du thymus. 11 insistait là sur une exception qui eut le désavantage de trop simplifier la question aux yeux de ses contemporains et de faire perdre de vue une étiologie en réalité beaucoup plus variée.
Cependant, en 1831, H. Marsh(Dub/in hospital reports), t. V, dans un travail sur le spasme glottique des enfants, en attribue les symptômes à une irritation spéciale du nerf vague.
En 1834, Albers de Bonn publie des « Recherches anatomiquessur le ner l pneunogastrique, suivies de quelques observations de maladies de ce nerf, par le D' Haukel » On lira avec intérêt l’une de ces observations (Obs. XI).
Cest l’histoire d’un enfant de 2 ans qui eut des symptô- Jor.x 3
ide mes de croup intermittent ét qui à l’autopsie avait son vague droit adhérent à un ganglion hypertrophié.
En même temps J.Swan (A freatise on diseases and in- Jjurtesof the nervès. London, chap. 10). déclare que l’hypertropliie des ganglions ducouet du tronc détermine souvent chez l’adulte des symptômes analogues au spasme dela glotte.Îlremarque de plus que l’hypertrophie des glandes bronchiques produit la toux et d’autres troubles dans les fonctions respiratoires par suite de la compression des nerfs pneunogastriques.
Enfin, dans cette même année (1834) parut le travail de Hugh Ley Gaz. méd; p. 593) sur linspiration rauque « crowing inspiration ». Comme Underwood, il voit dans la compression nerveuse l'explication de ce sÿmptôme. D’autre part, il essaye de donner l'explication de la fréquence et de la gravité plus grande chez l'enfant de l'occlusion complète de la glotte. Il invoque la diversité des dimensions de cet organe dans les deux âges et une résistance plus grande de la part des arytnéoïdes aux muscles constricteurs. Malheureusement, dans le tableau clinique qu'il retrace, il se souvient trop des cas de laryngite striduleusè qu’ila vus,et ilcroit nes’être jamais trouvé en face que d’une seule et même maladie.
On juge dé limportance d’un pareil mémoire, car malgré cette confusion, Ley était à son époque, le seul à établir l’éxisténce d'un syndrôme relevant d’une lésion locale nettement déterminée. Et pourtant le travail de Ley ne fixa nullement la science sur le sujet qui nous occupe.
Jusque-là en effet, c'était l'anarchie complète dans le
diagnostic et la classification des laryngites spasmodiques.
Les auteurs ne s’accordaient ni sur le nom qui leur convient, ni sur la nature des causes qui les déterminent. « Ne tenant compte que du caractère le plus frappant des affections dyspnéiques, et d’une certaine rémittence des symptômes, ils confondirent le croup, le pseudo-croup, lœdème de la glotte, le catarrhe suffocant, la cardite, les tumeurs du larynx et des bronches, l’angine de poitrine de l’adulte et certaines maladies orthopnéiques des femmes hystériques. ») Sulathé . Du spasme de la glotte, Arch. de méd., 5° sér.t. VII.
. C’est ainsi que de ce caput mortuum ils tirent ce qu'ils ‘appellent : Millar, l’asthme aigu ; Rush, l'asthme spasmodique ; Laënnec, Lieutaud, Baumes, le catarrhe suffocant; Mauclerc, le catarrhenerveux ; les auteurs anglais, le croup spasmodique ou croup cérébral (Prethy), les auteurs allemands, avec Kopp, l'asthme ou angine thymique.
Cependant les: choses s’éclaircissent peu à peu. C’est ainsi que Kyll en 1837, dans son « Mémorre sur le spasme de La glotte.» (Arch. de méd; 2° série, t, XV) décrit une affection qu'il se croit suffisamment autorisé, dit-il, à ranger parmi les névroses, de par la nature des symptômes, leur mode d'apparition, leur intermittence et leur marche.
C'était là un progrès: Kyll se rapprochait en effet du ‘spasme essentiel de la glotte qu'on rencontre particulièrement chez les nourrissons et que les auteurs modernes décrivent aujourd’hui comme une variété d’éclampsie.
Mais il ne vit pas que la description de Ley visait un
syndrome simplement analoque, relevant d’une maladie
0e d’un genre tout autre et dont le déterminisme était différent. Il faisait figurer la compression des récurrents par des ganglions bronchiques altérés au chapitre étiologique de son mémoire, à côté de l’inflammation du cerveau ou de ses membranes, de l’hydrocéphalie chronique, de l’inflammation de la poriion cervicale de la moelle, et de l’hypertrophie du thymus.
Mais dans les années qui suivirent (1845-1852) un grand nombre de travaux vinrent enfin prouver très nettement la diversité d’origine des nombreux accidents laryngés, d'ordre spasmodique.
Valleix (1), Trousseau (2), Hérard (3), démontrent d’un côté l’existence chez les enfants, d’un spasme essentiel de la glotte. Ils en établissent parfaitement la nature, le siège exact et insistent sur l'absence complète de lésions organiques. Ils prouvent que l’on est alors en face d’une convulsion partielle et que cette convulsion ne siège pas seulement dans le larynx, mais qu'elle occüpe tout l’appareil respiratoire. TA
Hérard cependant en décrivant trois formes de spasme glottique (phrénique, phréno-glottique, et glottique) confond les accès de spasme infantile essentiel avec toutes es autres sténoses glottiques. Il ne croit pas, par exemple, à l’action des ganglions sur les nerfs. «Il semble, dit-il, qu'il faille une compression exacte sur un plan résistant ou une altération dansla structure du nerf pour qu’il en ré-
sulte des troubles appréciables. » Il pense que ces condi-
1. Guide du médecin praticien, 1° et 2: édition. 2. Journal de m édecine, 1845.