‹ De la sténose glottique: Dans l'adénopathie trachéo-bronchiqueChapitre 8 sur 46 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les accidents laryngés que l’on rencontre dans le cours de l'adénopathie trachéo-bronchique, n’ont pas leur cause dans une altération dularynx. Cette proposition domine toute l'étude à laquelle nous allons nous livrer et lui donne son caractère original. :

Sans doute, il arrive qu’on trouve des lésions musculaires Cans certains cas de sténose laryngée: nous les décrirons à la fin de ce chapitre ; mais nous verrons que ces lésions sont consécutives et secondaires à d’autres lésions intéressant les nerfs du larynx: c’est en elles qu'il

faut chercher la vraie cause des accidents qui nous occu-

pent (1).

1. Pour ce quiconcerne l'anatomie normale et pathologique des ganglions trachéo-bronchiques, nous renvoyons à la thèse bien connue de Baréty. Nous appellerons aussi l'attention sur le mémoire de Gouguenheim et Leval-Piquechef lu à l'académie de médecine le 28 février 1884. Ces auteurs y étudient les ganglions péri-trachéo-laryngiens. C'est dans ces ganglions et non dans les ganglions trachéo-bronchiques qu'ils voient la cause la plus fréquente des compressions des nerfs du larynx, opinion qui d’ailleurs nous paraît exagérée.

Que deviennent les nerfs pheumogastriques et récurrents lorsque les ganglions trachéo-bronchiques, affectés par le bacille de Koch, sont le siège, d’une évolution pathologique? Comment ces nerfs souffrent-ils de ce voisinage, et quelles en sont les conséquences directes, soit pour eux, soit pour les organes qu’ils commandent.

Plus d’une fois à l’autopsie, il faudra porter avec attention le bistouri entre le ganglion malade et le tronc nerveux qu’on veut disséquer : ils sont accolés l’un à l’autre.

Aïlleurs, le nerf traverse traverser une masse de ganglions qui l’ont englobé.

Ici le pneumogastrique sera, tantôt tiraillé, distendu, tantôt refoulé, rejeté de côté par la tumeur. Là, il subira une pression, il sera déformé, aplati même, au point de n'avoir plus que la forme d’un ruban.

Au milieu d’un tissu conjonctif d'abord épaissi, qui s’infiltre peu à peu, les fibres nerveuses se séparent les unes des autres, se désorganisent et se dissocient. Il devient impossible de les suivre jusqu’à leur émergence (Ob. V).

D’autres fois, il faut sculpter le nerf au milieu d’un tissu dur qui, devenantde plus en plus scléreux, a formé autour de lui une gangue épaisse qui l’enclave.

Pris comme dans un anneau constricteur, il a subi une compression par rétraction analoque à celle que l’on rencontre dans la cirrhose hépatique.

Enfin, sous l'influence d’une fonte caséeuse, un foyer purulent peut s'être produit. Dans ce cas le nerf sera souvent comme disséqué par la suppuration. En voici un

exemple. -

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OBSERVATION [I (Résumée).

Sottas, Bull, soc. méd,H6pit., 1864, p. 232.

Le 10 octobre à midi, on apporte un homme en proie à une asphyxie violente. Inspirations énergiques et précipitées. Orthopnée. Aphônie. Dyspnée intense. La suffocation augmente ; cyanose ; perte de connaissance ; l'obstacle à l'entrée de l’air est au larynx.

Trachéotomie par M. Gingeot le jour même. Mort.

Autopsie. — Larynx sain. Ganglions bronchiques indurés, ramollis au centre et pleins de matière tuberculeuse; une cavité purulente communique du médiastin postérieur avec l'antérieur. Dans ce foyer purutent baigne le pneumogastrique gauche, disséqué par la suppuration. La naissance du récurrent gauche est très nette. Le pneumogastrique droit est aussi malade. Au point où il croise l'artère sous-clavière droite, on voit son diamètre s’accroître d'une façon progressive, puis le cordon nerveux se confond avec une tumeur du volume d'un marron; situé plus en arrière. De la partie supérieure de celte tumeur part en arrière le récurrent, dont l’origine présente une intumescence analogue à celle observée par le pneumogastrique. Le nerfvague est malade aussi dans l'étendue de trois centimètres.

SI on examine un de ces nerfs, on constate souvent qu'il a pris une teinte rouge violacée: il s’est produit une certaie vascularisation.

Au toucher, le tronc sera moliforme, irrégulier, aplati

ER eu

par place, suivant la pression qu'il aura subie. Souvent épaissi, il est dur et criant sous le scalpel.

Ces simples constatations faites de visu, laissent sup poser d'importantes altérations histologiques. Celles-ci sont en effet souvent graves, au point de compromettre la vitalité des fibres nerveuses. Mais si ces lésions sont fréquentes, sont-elles toujours constantes ?

Dans un mémoire sur les troubles gastriques dans la tuberculose pulmonaire (concours des prix de l’internat 1879, mémoire inédit), le D° Quénu pratiqua l'examen histologique de cinq cas d’adénopathie trachéo-bronchique compliqués d’adhérences du vague avec tumeurs ganglion naires ; les cinq examens démeurèrent négatifs.

Notre savant maître, que j'ai consulté à ce sujet, m'a obligeamment répondu qu’en effet il n'avait rien découvert dansles cas qu'il avaitexaminés ; ilajoutait cependant qu’il n’y avait pas lieu de conclure à l'absence générale et constante de lésions; car, nous disait-il, en 1879, les moyens d'investigation étaient particulièrement difficiles (Voir Obs. IV, VIII, X et XI).

Gouguenheim et Tissier ont été plus d’une fois à même d'étudier au microscope des nerfs récurrents comprimés par des ganglions péri-trachéo-laryngiens. « Nous avons trouvé, disent-ils, une hyperplasie de tissu conjonctif interstitiel, plus ou moins riche en éléments cellulaires arrondis ou fusiformes, et sur les fibres nerveuses, traitées par les vapeurs d'acide osmique, des lésions néyritiques, de degré variable, s’accompagnant souvent de disparition du cylindre-axe (1) ».

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