‹ De la Sténose PyloriqueChapitre 11 sur 16 · LOS · texte numérisé non relu

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avait un résidu de 25 % après 6 heures, Plusieurs examens sont identiques. On pense à un ulcère. |

A propos de ce cas l’auteur semble s'être intéressé à l'examen histologique de la pièce et nous dit qu'il ÿ avait une réaction inflammatoire avec des signes de dégénérescence des fibres musculaires. C'était bien une hypertrophie musculaire pure, car en ce qui concerne la sous-muqueuse, il nous dit l’avoir trouvée œdématiée mais non scléreuse.

Enfin, quoique l’auteur soit guidé, semble-t-il par des préoccupations d'ordre pratique, c'est une contribution d’un réel intérêt qu'il nous apporte. Dans ces 3 cas pour lesquels le diagnostic ne paraît pas douteux, l’aspect radiologique est constant et nullement plus difficile à interpréter qu'une image de cancer ou d’ulcère.

Dans la fin de son exposé, il essaye d'expliquer la pathogénie de l'affection, dont l'individualité clinique lui parait certaine. -

Le travail de Mc Clure paru en 1937 est intitulé Hypertrophie du sphincter pylorique chez l'adulte.

Avec cet auteur nous aurons terminé la série des cas que nous avons pu réunir.

Il commence par nous avertir, que les observations sont rares et discutées, et que l’étiologie est mal connue. Aussi cite-t-il les travaux de Pirie et de Chaney, qui attribuent un rôle à l’hyperadrénalisme déterminant le spasme et l’hypertrophie. De plus, l’adrénaline, antagoniste des secrétions pancréatiques, diminuerait leur quantité et leur action neutralisante sur le chyme acide. D'où prolongation du spasme. L'auteur se range à leur avis, et pense que l'affection n'est pas si rare.

OBSERVATION 74. — Femme de 55 ans, avec goître, troubles cardiaques, nervosité, amaigrissement. Elle mourut subitement, On trouve à l’autopsie une hypertrophie du pylore. I n’y avait pas d’ulcère, ni de cancer et l’épaississement portait essentiellement sur le muscle, ce qu’on vérifie au microscope, Les fibres musculaires étaient normales, mais on note une forte réaction scléreuse de la sous-muqueuse.

Dans les cas suivants, l’auteur semble vouloir montrer que l’hypertrophie et l’ulcère peuvent coexister, puisque Crilé a avancé que l’'hyperadrénalisme peut être cause de l’ulcère.

.OBSERVATION 75. — Femme de 36 ans, qui a souffert toute sa vie d'indigestions. Pendant les dix dernières années, les symptômes S aggravent. Enfin, depuis 3 ans, elle a des douleurs après les repas, et des vomissements. Elle a perdu 65 livres. L'examen radiologique

montre le mauvais fonctionnement du pylore. Le diagnostic est hésitant et on intervient.

On trouve une sténose serrée, et un pylore épaissi dans sa partie inférieure, Il y a des ganglions sans caractères mélastatiques. On fait une résection gastrique partielle. On trouve la paroi stomacale épaissie portant plusieurs polypes et à 6 cm. du pylore un petit ulcère au début de son évolulion.

L'examen microscopique montre, en dehors d’une réaction inflammatoire légère, l’hypertrophie de la couche musculaire et une participation fibreuse sensible ; aucun signe cancéreux. La malade s’améliorera rapidement.

OBSERVATION 76. — Femme de 44 ans qui avait souffert de vomissement{s et de constipation toute sa vie. Depuis deux ans les symptômes s'étaient aggravés, Elle souffrait d’un malaise diffus épigasrique 3 heures après les repas. Elle devait suivre un régime semiliquide et absorber des alcalins qui la soulagent, Le radiologue ne peut conclure fermement et à l'intervention on trouve un épaississement irrégulier du pylore. On fait une resection. La pièce montre l’absence d’ulcère, de cancer, et l’hypertrophie musculaire et fibreuse.

OBSERVATION 77. — Homme de 45 ans, se plaignant de crises de douleurs épigastriques depuis l’âge de 12 ans. Quelquefois il vomissait. Dans son histoire, il n'a pas souffert pendant 6 ans, mais depuis six nouvelles années, la douleur est revenue de plus en plus marquée, sans amélioration par le régime.

Le radiologue pensa à un ulcère duodénal.

L'intervention, et l’examen de la pièce opératoire, après resection, montra un épaississement de la région pylorique. On cru devoir l’attribuer à une cicatrice ancienne, Le microscope permit de voir en l’absence de tout élément cicatriciel, ulcéreux, ou néoplasique, une hypertrophie pure du sphincter pylorique, avec une sous-muqueuse normale.

OBSERVATION 78. — Homme de 31 ans, déjà traité pour troubles nerveux, se plaignant de douleurs et de vomissements. Il avait perdu

5 livres. Six mois plus tard on trouve de l’hyperacidité gastrique, et l’examen radiologique découvre de l’aerophagie et un bulbe duodénal spasmodique.

Un an plus tard, aucune amélioration. La radioscopie montre de la dilatation et ptose gastrique. Le bulbe se remplit lentement mais régulièrement. Sept mois plus tard on pense, après nouvel examen, à la sténose hypertrophique, On a l’idée de faire l’examen aux rayons X en position couchée (à plat ventre) et on put voir le rétrécissement pylorique, sur 3 cm. 5 de longueur, laissant passer la baryte lentement. Cette image était constante, mais disparaissait en position verticale. Malheureusement il n’y eut pas d'intervention pour vérifier le diagnostic d’hypertrophie musculaire.

De toutes ces observations, intéressantes à plus d’un point de vue, les deux dernières surtout sont à remar-

quer. Dans toutes, les symptômes gastriques étaient anciens, mais dans la première, la sténose n’était pas pure. L'auteur suit certaines théories pathogéniques hardies, dont l'intérêt est certain, mais qui ne sont pas démontrées ; ce sont de pures hypothèses.

Dans la 4° observation, il s’agit bien d’une hypertrophie musculaire pure chez un sujet qui souffrait depuis l’âge de 12 ans. L'examen histologique est formel. Et c’est là un cas à retenir. Le dernier n’est malheureusement pas certain, car il apporte une contribution intéressante à lexamen radiologique.

Avec le travail de Mac Clure nous terminons l’analyse de tous les textes qu’il a été possible de trouver. Il en est certains que nous n'avons pu nous procurer à Paris et nous le regrettons. En général nous avons commenté tous les auteurs qui ont pensé, à tort ou à raison, avoir trouvé des cas de sténose hypertrophique.

Comme on a pu le voir bien peu sont certains.

Dans le chapitre suivant nous allons essayer de résumer les principaux caractères de l'affection, et de discuter les théories qu'on à pu émettre à son sujet.

Fre5. Extraite du mémoire de H. Hartmann (Sténose hypertrophique du pylore chez l'adulte, Archives de maladies de l'appareil digestif, 1914, page 243). Région pylorique à un faible grossissement montrant la sclérose de la sous-muqueuse. Comparer avec les figures 3 et 4.

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