ETUDE SYNTHÉTIQUE
Les caractères anatomo-cliniques de la sténose pylorique par hypertrophie musculaire chez l'adulte
La sténose par hypertrophie musculaire de lFadulte est une affection rare, moins exceptionnelle, cependant, qu'on ne pense généralement et les auteurs sont d'accord : si cette affection était mieux connue elle serait plus souvent remarquée.
La littérature, en effet, donne l'impression d’une certaine incertitude, et même d'une confusion, entre plusieurs affections distinctes.
Toutefois la plupart des auteurs, après avoir essayé d’expliquer la maladie, par telle théorie qui finalement ne paraît pas satisfaisante, en viennent à admettre la congénitalité de l'affection.
C’est que cette forme de sténose est bien connue chez les nourrissons depuis les lointains travaux de Berkeley, puis ceux de Thompson en Angleterre, Hirsprung en Allemagne, et le Docteur Fredet en France ; et cette entité clinique semble aussi bien définie chez l'adulte que chez l'enfant.
Nous voudrions essayer de la montrer et dégager de la multiplicité des observations un type anatomo-clinique toujours semblable à lui-même.
Historique
Mais, parmi les 38 auteurs que nous avons cités, bien peu peuvent être retenus comme ayant fourni une obser-
vation certaine.
Depuis le travail de Broca et les considérations de Cru-
Re
veilhier, on peut retenir une observation de Schoch et: une de Nauverk encore que ces auteurs n'aient pas pensé à une affection congénitale. L'idée d'une lésion congénitale appartient à Landerer et à Maïer en 1885, mais ils n'apportent aucune démonstration. Il en sera de même des auteurs suivants jusqu'à Barling qui relate deux cas probables.
Cornil et Cuel, les premiers, publient une observation indiscutable. Après eux, Heidenhain et Grüber relatent un cas discutable mais Bianehetti apporte le deuxième cas certain.
Plus tard, Morton et Bruce, Mac Clure, publient 4 cas probables que des examens histologiques auraient permis peut-être de ranger dans la catégorie des cas certains.
11 faut y ajouter l'observation de Monsieur le Professeur Harvier. En tout, cela fait trois observations sûres. Mais on peut penser que c’est par le scrupule d’être exact, en l'absence de documents suffisants, que les autres cas demeurent incertains. C'est-à-dire qu'il n'a pas été possible de trouver des caractères anatomo-chimiques assez explicites pour affirmer, malgré l’évolution et les signes, la sténose hypertrophique pure.
Anatomie normale
semble difficile de délimiter exactement le pylore et cet organe paraît susceptible de variations, comme le dit Maïer. (1)
Toutefois les anatomistes sont d'accord pour le considérer, chez l’adulte, comme un canal, très bien limité du côté duodénal par le sillon duodéno-pylorique, qui traduit l'existense du sphincter, mais moins bien limité du côté stomacal où il se continue insensiblement avec l’estomac par l’antre pylorique. Chez l'enfant la différencialion est encore m'eux marquée.
Le pylore est proportionnellement plus volumineux. On peut chez l'adulte lui assigner une longueur de 3 cm.
environ.
(1) Mater. — Cn. LASERRE.
PRES Anatomie pathologique
1°) Macroscopique. — Dans notre cas ces caractères vont. se trouver accentués. Le pylore se présente sous la forme d'une tumeur régulière, lisse, arrondie, de volume très variable, présentant une consistance cartilagineuse, une fermeté constante et égale dans toutes ses parties.
Du côté duodénal elle se termine brusquement par une limite tranchée. Le duodénum ne participe pas ou très exceptionnellement à l'hypertrophie. Par contre, du côté stomacal on observe souvent une hypertrophie modérée des parois à partir de la tumeur.
L'estomac n’est pas nécessairement dilaté. L’ectasie gastrique est secondaire et résulte de la sténose. Nous avons vu des cas où l'estomac était petit. En règle, cependant, il est augmenté de volume et même quelquefois dans de très grandes proportions, comme dans l'observation de Nauwerk.
Il faut retenir la consistance particulière et la parfaite régularité de la tumeur, comme des caractères dominants. De plus, elle est absolument libre, non adhérente, à moins d'un processus secondaire. Quelquefois elle suit l'estomac ptosé dans son mouvement d’abaissement, mais, le plus souvent, reste fixée. Enfin, le péritoine est normal et lorsqu'on a observé des granulations ou un épaississement c’est que le malade était tuberculeux, ou qu'il s'agissait de sclérose hypertrophique.
À ae on voit l’épaississement de la paroi qui atteint 14 mm. et presque 5 cm. de longueur. Celle-ci est homogène, régulière, sans aucune apparence maligne, et fait penser par sa couleur rosée claire et sa fermeté à à un fibrôme, ou à un Mmyome, ou encore à une coupe de col utérin. Cette comparaison, que nous avons si souvent rencontrée, se poursuit si on considère l'extrémité duodénale. L'hypertrophie cesse brusquement et la tumeur fait hernie dans la lumière comme un museau de tanche. Du côté stomacal la transition est plus régulière. L'ouverture, à chaque extrémité est rarement circulaire et le plus souvent affecte la forme d’une fente, de quelques millimètres, entourée d’un bourrelet irrégulier, du côté duodénal, et situé au fond d’un entonnoir, du côté stomacal.’ À cette