‹ De La Sterilisation Des Eaux Pour Les Armées En CampagneChapitre 5 sur 19 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'eau est employée, par le soldat, pour le nettoyage de son corps et de ses vêtements ; il s’en sert comme boisson et pour la préparation des aliments, enfin les médecins l’emploient à son usage comme véhicule d'agents médicamenteux ou chirurgicaux.

Nous négligerons, dans notre travail, l’eau de lavage du corps et du linge; son émulsion avec le savon de potasse ou de soude la rend déjà légèrement antiseptique ; d’autre part, l’action du soleïl sur les objets qui y sont exposés comviète l’action de la lessive; enfin, il est incontestable que ia peau est infiniment moins susceptible que les muqueuses à l’action des microbes que l’on trouve généralement dans l’eau. Nous négligerons également l’eau employée par le service médical, car, outre que sur le front on ne fait usage, dans les postes de secours, que d’une très petite quantité l’eau (comprimés, injections hypodermiques, teinture d’iode, eau oxygénée), il est très facile, soit de faire bouillir la quantité nécessaire, soit de détruire ces microbes en ajoutant une légère quantité d’antiseptique. Il est évident qu’à l’arrière, les procédés actuellement tombés dans la

DAS ES pratique des hôpitaux permettent d’obtenir en grande quantité de l’eau dans um état de stérilité absolue.

Nous nous bornerons donc à nous occuper ici de l’eau qui sert à l’alimentation des hommes. Nous ne voulons pas attacher à l’eau de boisson l’énorme intérêt qu'ont voulu y voir quelques historiens du premier Empire, et nous sous garderons bien de déclarer avec eux que certaines défaites retentissantes ont relevé comme cause des désordres intestinaux qui réduisirent les effectifs de moitié. Mais ilest certain que si l’eau donnée à la troupe renferme des germes de maladies infectieuses et contagieuses, qu si elle renferme seulement une quantité anormale de colibacilles, on conçoit fort bien qu’une épidémie de typhoïde ou de diarrhée se répand facilement chez des hommes déjà fatigués par des marches pénibles, un dur coucher, une alimentation parfois grossière, en un mot, placés dans des conditions de moindre résistance, favorables à l’éclosion et au développement des maladies épidémiques.

L’eat rentre dans la proportion de 1/7° comme élément constitutif du corps humain, ce qui fait, pour un homme normal d’un poids moyen de 60 à 70 kilos, une quantité d’eau constitutive évaluée de 9 litres 5 à 10 litres. La sensation de soif est déterminée par la nécessité d’entretenir intacte cette quantité d’eau; or, en ce moment où l’on demande à des hommes non habitués un travail pénible qui brûle un nombre de déchets augmentés, du reste, par une alimentation riche en azote, on conçoit que l’exérèse ur1naire qui élimine ces déchets ait augmenté en proportion. Les fatigues d’un travail rapidement exécuté déshydrate également le corps par cet autre exérèse, la sueur. Il en résulte que la quantité d’eau nécessaire à l’alimenta-

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