I. — Incubation
Il est très-difficile de déterminer d'une manière
(1) A moins de considérer ces stomatites érythémateuses comme résultant d'une intoxication incomplète.
précise la durée de la période d'incubation dans les maladies qui ne sont pas inoculables ; la rougeole est peut-être la seule sur laquelle on ait à cet égard des données un peu certaines, et on sait que le docteur Panum de Copenhague ne les a obtenues que grâce à un concours de circonstances tout à fait exceptionnelles (1). Pour ce qui concerne la stomatite ulcéreuse, il semble que l'un de ses modes de transmission permette de reconnaître assez facilement, dans un grand nombre de cas, le début de la période d'incubation ; mais les conditions dans lesquelles le contact a lieu, et de plus l'insouciance des soldats, rendront toujours fort difficiles les recherches sur ce point. Pour ma part, je n'ai pu obtenir à ce sujet un seul renseignement qui eût de la valeur. Mais si les résultats de l'inoculation que j'ai pratiquée sur moi étaient confirmés par de nouvelles expérimentations, et prenaient définitivement place parmi les faits scientifiquement démontrés, ils constitueraient un premier document pour la solution de la question: aussi rappellerai-je, mais sous toutes réserves, que six jours se sont écoulés, chez moi, entre l'inoculation et l'apparition des premiers phénomènes morbides.
(1) Arch. génér. de médecine, t. LXXXV, p. 451 : Du mode de transmission de la rougeole.