M. E. GERMAIN DE SUA I PIEIÎRE
l a question dont je viens soumettre les éléments à l’examen de la Société Botanique de France, et sur laquelle j’ai déjà appelé son attention, était considérée depuis longtemps, quant à ses points les plus importants, comme une question résolue. — La presque unanimité des physiologistes et des organographes considèrent, en effet, aujourd’hui, l’ovule végétal comme un organe sans analogue dons le reste de l’économie végétale, un organes?/? generis ne différant pas moins de tous les autres, par sa nature et son mode de développement que par ses importantes fonctions. — Quelques-uns ont cependant signalé, une certaine analogie de l’ovule avec le bourgeon, tout en
(1) Paris possède depuis l'hiver dernier, époque à laquelle ils ont d’abord fleuri dans les serres de l’École de pharmacie, les pieds mâles que MM. Clos, Filhol et Timbal-Lagrave m’ont envoyés de Toulouse.
admettant une différence fondamentale dans l'ordre de développement de ses tuniques ou orgaucs appendiculaires; mais, pour le plus grand nombre, cette analogie éloignée n'existe même pas.
Qu'il me soit permis d’abord de jeter un coup d’œil rapide sur les opinions émises par les botanistes contemporains. L’organographie est une science trop nouvelle pour qu’il soit nécessaire de remonter plus loin. — En 1829, M. deMirbel [Mém. Acad, sc.) s’exprimait ainsi: «Dans l’origine, » le nueelle est recouvert par la secondine, laquelle est elle-même cachée » dans la primine. La secondine ne tarde pas à dépasser l’orifice de la pri- » mine, et le nueelle l’orifice de la secondine ; mais, peu de temps après, » ces deux parties intérieures sont de nouveau recouvertes par la primine. » Si cette loi n’est pas universelle, du moins elle est générale... Le nueelle, » comme on sait, est un corps pulpeux, conique, plus ou moins arrondi » ou pointu à son sommet, et fixé par sa base au fond de la secondine. » — On voit que M. de Mirbel admettait, à cette époque, chez l’ovule, le développement de l'extérieur à l’intérieur, ou de bas en haut (cette opinion, qu’il a abandonnée depuis, est aujourd’hui la mienne); quant au nueelle, il le considérait comme un corps d’une nature particulière sans analogie avec la primine et la secondine.
En 183/i, M. Robert Brown (Mém. sur les llafflésiacées) s’exprimait dans les termes suivants : « L’ovule du Ho ffie sia consiste, dans le plus » jeune âge, en une papille subcylindrique, à surface également lisse, et » constituée par une substance interne homogène. La première modifiea- » tion qui a lieu dans cette papille, est une légère contraction à son sommet ; » l’extrême pointe supérieure, limitée par cette contraction ou léger étran- » glement, est le rudiment du nueelle. Immédiatement au-dessous de cette » partie, une dilatation est bientôt visible, qui s’agrandissant peu à peu et « devenant légèrement eoncave, forme une coupe dans laquelle le nueelle, » qui a aussi proportionnellement augmenté de volume, est en partie » immergé. Cette description du développement partiel de l’ovule du Raf- » flesia est, je le pense, applicable, dans tous les points essentiels, aux » plantes phanérogames en général. » — J’espère démontrer que la manière de voir de IV1. Robert Brown n’est pas aussi réellement opposée à l’opinion (citée plus haut) de M. de Mirbel, et par conséquent à la mienne, que l’on a paru le croire. Il n’en est pas de même de l’opinion de M. Schleiden, qui est complètement opposée à celle de M. de Mirbel, et qui semble avoir été presque généralement adoptée.
En 1839, M. Schleiden (Sur la formation de l’ovule. Ann. sc . nat .) s’exprime ainsi : a Le nucléus (nueelle) , dans beaucoup de plantes ,
» est enveloppé par un ou deux téguments qui consistent en un repli de » son épiderme. Il se forme à la base du nucléus un repli..., au-dessous de » ce premier repli, tantôt simultanément, tantôt plus tard, il s’en forme