SOCIÉTÉ BOTANIQUE I)E FRANCE
» lin second.., » M. Sciileiden ajoute plus loin : « C’était une erreur de ma à part de considérer les téguments de l’ovule comme des organes foliaires.
» Ce ne sont autre chose que des développements de la substance caulinaire;
» car jamais une feuille plus jeune ne se forme au-dessous d’une feuille » plus ancienne, tandis que le tégument externe de l’ovule ne se forme » qu’après le tégument interne. » — M. Sciileiden s’exprime, on le voit, de la manière la plus explicite : son opinion sur les deux téguments est la contre-partie de celle de M. de Mirbel.
La même année 1839, M. de Mirbel ( Notes embryog. végét ., par MM. de Mirbel etSpach. Ann. sc. nat ., t. Il) parait renoncer complètement à l’opinion qu’il avait si clairement formulée en 1829. Dans son étude du développement de la fleur du Mais, il s’exprime en ces termes : « Chaque u mamelon est le germe d’une fleur... Dès la première période, le sommet » du mamelon constitue le nucelle; dans la deuxième période, l’observa- » teur assiste à la naissance de l’ovaire, de la primine et de la secondine...
» La primine et la secondine partent du pourtour du nucelle qu’elles re- » couvrent en partie. La première de ces enveloppes étant beaucoup plus » courte que l’autre, n’emboite que sa base. » — M. de Mirbel, en admettant l’existence du nucelle, non-seulement avant la naissance de la primine et de la secondine, mais même avant la naissance de l’ovaire, va beaucoup plus loin, dans l’antériorité accordée au nucelle, que les observateurs dont nous venons d’exposer la manière de voir. Je ferai néanmoins remarquer qu’il semble admettre que la primine parait avant la secondine.
En 1840, M. Aug. de Saint-Hilaire ( Morphologie végétale , p. 538) s’exprime de la manière suivante : « L’ovule est originairement une petite o masse celluleuse dépourvue d’enveloppes et d’ouverture. Sur le placenta » du bouton naissant, il se montre comme une proéminence légère; mais » bientôt le bouton grossit et prend la forme d’un mamelon ou d’un cône, » c’est le nucelle (nucléus), la partie la plus importante de l’ovule, celle où » l’embryon doit se développer un jour. Cependant, un peu au-dessous de » l’extrémité du nucelle, ne tardent pas à se développer deux petits bords » circulaires, l’un intérieur, l’autre extérieur, qui ne sont autre chose que » les enveloppes de l’ovule... Dès 1815, j’avais vu, très longtemps avant la » floraison, une enveloppe extérieure former, sur la base du nucelle, une » petite calotte... » — M. A. de Saint-Hilaire ajoute ensuite : « Le nucelle » longtemps fermé, et qui ne se creuse que par oblitération, représente évi- » demment le moignon plus ou moins sensible par lequel finit tout axe » indéterminé. Nous pouvons le comparer au prolongement charnu qui « termine le spadice des Arum , et qui peut aussi se creuser intérieure- » ment. La primine et la secondine sont les organes appendiculaires du jeune » rameau, et nous offrent l’image des gaines d’une foule de monocotylé- » dones. » — M. Aug. de Saint-Hilaire adopte donc la théorie des auteurs
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precedents ; mais il se prononce plus clairement sur la nature du nucelle, qui, pour lui, est la partie supérieure de l’axe de l’ovule. La primine et la secondiue sont pour lui des feuilles nées postérieurement sur cet axe; il les fait naître la supérieure avant l’inférieure, sans s’arrêter à cette disposition au moins exceptionnelle.
Enl8ùl, M. Gaudiehaud {Recherches sur VOrganographie , p. 33) admet sur la nature des téguments du nucelle une opinion analogue à celle de M. A. de Saint-Hilaire. Il donne à ces deux téguments le nom de feuilles ovulaires, et déclare « qu’il est porté à considérer comme des mérithalles le » funicule des ovules dont le raphé est le prolongement, dont lachalazeest « le mésophyte, et dont l’arille est le limbe. »
Lu 18à7, M. Hugo Molli {Ann. sc. nat ., 3 e sér., t. IX) dit au sujet de YOrchis Morio : « Les téguments du nucelle , encore très imparfaitement des- » sinés, se montrent sous la forme d’un bourrelet qui est composé de cellules » transparentes et qui entoure la base du nucelle. » Le célèbre anatomiste partage donc l’opinion des savants déjà cités.
En 18ù6, M. Aeh. Richard {Nouv. Élém . de Botanique) laisse la question irrésolue en paraissant admettre en même temps les deux opinions successives de M. de Mirbel. Ce professeur si distingué s’exprimait dans les termes suivants : « M. de Mirbel vint jeter, par ses découvertes, un jour nouveau » sur un point qui semblait déjà si bien éclairci... Examiné au moment où » il commence à poindre dans un bouton de Heur, l’ovule se présente sous » la forme d’un petit tubercule parfaitement lisse et entier; en suivant » pas à pas les développements successifs de ce corps, on voit que, peu » de temps après, il se perce à son sommet; à travers cette ouverture » sort un corps intérieur qui fait une saillie plus ou moins considé-
rable; il n’est pas rare alors que le corps intérieur prenne un tel accrois- » sement que la membrane extérieure soit réduite à une sorte de cupule » ou de godet qui embrasse seulement la partie inférieure contenue. » C’est après avoir donné cette opinion de M. de Mirbel comme l’expression de la vérité, que l’auteur adopte plus loin l’opinion contraire en ces termes : « Résumons les notions les plus positives acquises aujourd'hui à la science a sur la structure de l’ovule : 1° L’ovule commence à se montrer sous la »> forme d’une excroissance cellulaire; 2° de sa base naissent circulaire- » ment deux replis emboîtés l’un dans l’autre, d’abord sous la forme » d’une sorte de godet ou de cupule... »
Vers ces dernières années, notre regrettable maître, Adr. de Jussieu, dans son Traité élémentaire, si remarquable par la lucidité de l’exposition, s’exprime ainsi : « Le cas le plus ordinaire est celui où le nucelle se revêt d’une » enveloppe extérieure ; celle-ci se montre plus tard que lui sous la forme » d’un petit bourrelet circulaire qui entoure sa base. Ce bourrelet s’allonge » graduellement en une gaine au-dessus de laquelle on voit encore quelque