RÉSUMÉS
SUR LA MÉTHODE D'EXPLORATION DU TISSU NERVEUX. DE LA STRUCTURE DES RACINES DES NERFS SPINAUX ET DU TISSU NERVEUX DANS LES ORGANES CENTRAUX.
1° La congélation du tissu nerveux a la préférence sur tous les autres modes de durcissement du tissu, quand il est nécessaire que ce dernier soit examiné sur des coupes successives.
La congélation, dans son influence déterminée, n'altère ni les éléments du tissu nerveux, ni leurs rapports mutuels, et paraît, par conséquent, être l'unique moyen donnant la possibilité de voir sur des coupes le tissu nerveux réellement frais dans son état normal. Elle donne aussi la possibilité de juger, avec plus d'exactitude, l'influence des différents réactifs et des différentes colorations, nécessaires pour observer les éléments qui composent le tissu nerveux, si transparents et la plupart presque incolores, en conservant entre eux les rapports normaux.
La congélation s'effectue par la cristallisation du liquide qui se trouve dans le tissu nerveux ; sa quantité, le degré de la température nécessaire (sans parler de l'altération du tissu à cause de la putréfaction ou des altérations pathologiques) ont une influence dont il faut tenir compte si l'on veut avoir des pièces offrant l'aspect normal des éléments formés ainsi que leur relation mutuelle.
La composition du liquide qui existe dans le tissu a une influence sur la forme et lagrandeur des cristaux formés, et par ces derniers, sur l'altération plus ou moins grande du tissu nerveux.
Mais en prenant un fragment assez considérable du tissu,
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on trouvera toujours sur la pièce, des endroits qui ont échappé à cette influence, tandis qu'en cas de l'existence de la dernière, elle paraît non-seulement comme un expédient utile pour l'isolement des éléments figurés, mais aussi pour étudier les propriétés de ces derniers, quand ils se'rompent.
La congélation, lorsqu'on la compare aux liquides durcissants, donne des résultats tout contraires. Tandis que tous les liquides durcissants, en attirant l'eau des éléments du tissu, diminuent le volume des éléments figurés, ce n'est qu'ainsi que ces derniers atteignent à leur but, la forle congélation agrandit leur volume qui ne varie point à la température basse modérée (—eoR— 10" R).
La facilité que l'on a de préparer les pièces avec du tissu congelé donne la possibilité d'explorer un organe quelconque du système nerveux en pratiquant des coupes successives, ne perdant aucune couche pour l'exploration, ce qui est, comme on le sait, tout à fait impossible dans les procédés ordinaires. La congélation donne le moyen d'avoir en peu de temps des collections très-considérables de pièces du tissu nerveux, ce qui est absolument nécessaire pour faire des déductions sur la structure de ce tissu.
Les pièces faites avec du tissu congelé peuvent servir de types pour l'étude comparative des autres méthodes d'exploration. Enfin, les idées sur les lésions pathologiques du tissu nerveux, obtenues par les coupes faites par la congélation, sont sans doute les idées qui méritent le moins de reproches.
Il n'est guère douteux que dans plusieurs idées, que l'on a émises sur les processus pathologiques du tissu nerveux, une grande part d'influence n'appartient pas à ces processus, mais bien aux modes d'exploration les plus usités.
Il est indubitable que chaque mode d'étude peut être employé dans les observations sur la structure du tissu nerveux, mais seulement en étudiant cette manière comparativement avec les autres; ainsi, une seule manière quelconque de traitement des pièces ne peut, en général, servir à tous les buts
de l'exploration ; de là, la nécessité d'employer divers réactifs et diverses colorations, etc.
2° L'énorme quantité de pièces, préparées avec du tissu congelé, rendit nécessaire de recourir à la photographie ; celle-ci nous fournit non-seulement un moyen difficile à remplacer quand on veut une juste représentation des propriétés de la pièce, mais aussi ehe permet de vérifier, d'après les figures qu'elle donne, l'opinion personnelle de l'observateur. Quelquesunes des altérations des éléments du tissu nerveux, qu'on n'a pu découvrir au moyen des autres modes d'examen, s'expliquent clairement par la réaction photographique.
La réception d'une photographie plus claire dans toutes ses parties, ou seulement dans quelques-unes des dernières, provient des différentes manières de photographier; ces manières sont : la photographie à la lumière par transparence, à la lumière réfléchie et à la lumière monochroraatique.
Ce n'est qu'avec la photographie par transparence qu'on obtient une figure avec tous les détails. Les pièces faites avec du tissu macéré dans les liquides durcissants donnent toujours la même figure, qu'on reçoit dans la photographie par réflexion, et par conséquent sans détails indispensables.
3» L'exploration des coupes du tissu nerveux congelé sans aucun réactif et sans aucune coloration a prouvé que nos idées sur la transparence des substances blanche et grise du tissu nerveux sont très-fausses. La substance grise paraît la plus transparente, et ce n'est que dans les explorations à la lumière réfléchie ou sous l'influence de la plupart des colorations, qu'elle paraît moins transparente que la substance blanche.
De la structure des racines des nerfs spinaux. — ï° Chaque nerf se compose d'un nombre variable de tubes ; ces tubes ont une forme pentagonale, ou le plus souvent hexagonale (pl. I, fig. 1, 2 bis, ainsi que les figures 3, 5, 6); la polygonalité se remarque après le dessèchement des pièces (fig. h, 7, 8 et 9 de la pl. I, et fig. jl, 12 de la pl. II); on la remarque aussi sur les pièces, faites après la macération dans les liquides
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durcissants, si le tissu nerveux est desséché avant qu'on ne lasse les coupes (pl. II, fîg. 13). L'élasticité de la myéline et la distension par celle-ci de la partie pariétale des tubes — telle est la cause pour laquelle la polygonalité des tubes ne paraît point sur les pièces fraîches et sur les pièces humides.
2° D'après leur grosseur, les tubes primitifs des nerfs de l'homme se divisent en quatre espèces : deux espèces de tubes sont des tubes gros, distingués au moyen de l'oculaire troisième et de l'objectif quatre de Hartnack, et les deux autres espèces sont des tubes fins, demandant pour les distinguer l'objectif n" 7. 11 est indispensable de remarquer, que souvent les petits faisceaux primitifs des tubes les plus lins égalent, quant à leur volume, un gros tube primitif.
3° Chaque tube primitif a une partie pariétale (pl. I fig. 2 bis, h, 8 (t) et les autres figures) qui renferment un tube distinct, le cylindre-axe [pl. T, fig. 1 (c) h (c'), 5 (c) ; pl. III, fig. 20 et 22 (c-c')] entouré de myéline (pl. I, fig. 1 (m) et les autres figures).
li° Le rapport mutuel des tubes primitifs est tel, que ces derniers sont très-nettement limités l'un de l'autre par l'espace intertubulaire, ayant dans certains endroits des élargissements particuliers, en forme de cavités étoilées, quej'ai nommés réservoirs (pl. I, fig. 9-r).
5° La coupe du nerf se partage facilement an moyen des aiguilles en tubes primitifs isolés, d'oii il suit que ces derniers sont absolument exposés à la distension. La dilacération par les aiguilles peut même rompre l'aspect entier des tubes, et de cette manière les cylindres-axes se dénudent facilement, et souvent dans une étendue très - considérable (pl. II , fig. 18-c).
6° Les tubes primitifs, montés dans la glycérine ou le blanc d'œuf, se présentent tantôt avec un double contour large, tantôt avec un seul contour. Le môme tube, suivant le difierent état de la myéline dans sa distension, présente l'aspect d'un tube à double contour à une de ses extrémités, et à un seul contour à l'autre extrémité. C'est là un phénomène qui montre clairement,
que le double contour ne peut pas être un caractère suffisant pour adopter une espèce de tubes (pl. II, fig. ih).
T La surface externe des tubes se présente selon le mode d'exploration, tantôt striée longitudinalement (pl. II, fig. 16 (b), tantôt avec des noyaux très-nets (pl. III, fîg. 23 et 2/i), tantôt enfin, avec des plis transversaux et obliques à double contour (pl. II, fig. 15). Les tubes, montés dans la glycérine, ont trèssouvent l'aspect de couches transversales ou une transversalité rude et irrégulière, dépendant d'un raccourcisement de l'enveloppe propre.
8" L'apparition des filaments variqueux est due, dans les tubes primitifs, à l'amassement inégal, en forme de chapelets, de la myéline le long du tube.
En explorant les tubes primitifs au moyen de la dilacération du nerf par les aiguilles, le tube primitif a dans son étendue des sections particulières qui paraissent le diviser en segments de longueur difi-érente de 1-2 ou plusieurs millimètres. Ces segments se limitent par un trait transversal bien visible, et souvent par des enfoncements plus ou moins profonds dans la partie pariétale (étranglements de Ranvier).
9° On voit sur les coupes transversales obliques ouvrant la cavité des tubes dans une grande étendue, que la partie pariétale a un aspect transversalement strié, (pl. II, fîg. 11 -h). Les stries transversales se trouvent de chaque côté du tube polygonal disposées très-près l'une à côté de l'autre et se voient sur la surface externe, ainsi que sur l'interne. Les stries transversales d un tube s'unissent immédiatement sur les limites ou dans les angles de ce tube avec les stries des côtés voisins. Elles ont lieu dans l'enveloppe propre des tubes.
10° Certains noyaux (pl. 1, fig. 8^n; pl. III, fig, 23 et 24) se voient bien sur toute la surface externe des tubes sur les pièces desséchées ainsi que sur les pièces humides (au dernier cas, ils se voient clairement à l'aide des colorations). L'aspect fîbrill ire
modes d exploration, dont les uns montrent très-clairement la
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présence des noyaux (pl. 1, ûg. 8 ; pl. III, fig. 23 et 2/i), tandis que les autres, au contraire, présentent le môme tissu sans noyau, et avec un aspect fibrillaire (pl. I, %. /i, 9; pl. II, %• 12, 13 et 16 b'). Les noyaux oblongs-arrondis, renfermant des grains, sont disposés dans leur longueur surtout suivant une direction parallèle du tube. Des deux extrémités opposées du noyau sortent un et quelquefois deux prolongements. L'un des prolongements se dirige parallèlement à la longueur du tube, en s'unissant avec un prolongement tout pareil allant d'un noyau placé plus haut ou plus bas et se trouvant sur le même plan que le premier. Les noyaux avec leurs prolongements forment l'enveloppe externe des tubes. Ces noyaux existent non-seulement à la surface externe des tubes primitifs, mais aussi dans l'enveloppe qui entoure la réunion des faisceaux de tubes ou névrilème {périnèvre de Robin), ainsi que sur la surface externe des vaisseaux [tunica adventitia)\ ces noyaux se voient enfin dans les parois les plus fines des vaisseaux capillaires.
11° Les noyaux de l'enveloppe externe que nous venons de décrire et aussi les prolongements que j'y ai encore trouvés, sont les noyaux des cellules épitliéliales. Les noyaux des dernières avec leurs prolongements, en se présentant dnns un aspect isolé, sont examinés comme cellules indépendantes du tissu conjonctif, parce que les corps des cellules épithéliales se distinguent difficilement, grâce à leur transparence et à leur altérabilité. Le corps des cellules épithéliales paraît sous l'aspect d'une substance amorphe située entre les noyaux.
12° L'isolement des tubes par la dilacération à l'aide des aiguilles passe dans les Umites de l'enveloppe externe. La même enveloppe a une très-grande distension dans les organes centraux (névroglie de Virchow, réticulum de Kôlliker).
13° Dans tous les cas d'exploration longitudinale, les cylindresaxes se présentent comme des tubes fins, pâles et à double contour, dont le double contour le plus fin, formé par leur enve-
loppe propre, se distingue par sa clarté et par sa transparence (pl. II, fîg. 18 c; pl. III, fîg. 20 et 22 c).
là" Les contours des cylindres-axes souvent dénudés ne se présentent point lisses, mais rudes ou finement striés, ce qui provient d'un raccourcissement de leur enveloppe propre, raccourcissement semblable à celui qui a aussi lieu dans l'enveloppe externe des tubes nerveux primitifs.
15° Si dans la plupart des cas le contenu du cylindre-axe se présente sous l'aspect liquide, il sort pourtant quelquefois du cylindre-axe en forme d'une tige solide.
16° Les cylindres-axes, comme les tubes nerveux primitifs, reçoivent un aspect divers dans les pièces faites par coupes, suivant le rapport de la coupe pour leur masse à travers la partie pariétale. Si le cylindre-axe se présente ordinairement sous la forme d'un tube fin à double contour avec un diamètre égal dans toute sa longueur, il arrive aussi, dans ce mode d'exploration, d'y voir des élargissements sacciformes (pl. III, fîg. 20). Les cylindres-axes sur les figures 20 et 22 de la planche III se présentent dénudés par la coupe d'un tube nerveux.
17° Les cylindres-axes se déchirent par une forte congélation, et alors, au niveau de ces déchirures, il y a des épaississements avec des fentes plus ou moins ouvertes. Le contenu du cylindre-axe prend quelquefois l'aspect d'une masse granuleuse, semblable à la myéline, comme on le voit sur la pl. I, fig. 1, 2, 2 bis. L'un des faits qu'on rencontre très-souvent dans les explorations sur les coupes des cylindres-axes c'est l'élargissement du bout du cylindre avec la formation des fentes.
18° Ce n'est que sur les pièces faites après dessiccation ou après l'emploi des liquides durcissants, que les cylindres-axes se présentent en vue de points ou avec des contours stellaires sur les coupes transversales (pl. I, fig. h (c), 9 (c); pl. II, fig. 11 et J2) et en vue de filaments sur les coupes longitudinales (pl. III, fig. 21). Sur les pièces fraîches et sur les humides, les cjlindres-axes se présentent toujours avec un contour annu-
nOUDANOVSKY. ,i .,
I9h RÉSUMÉS SUR LA MÉTHODE D'EXPL0RA.ÏI0N
laire formant leur partie pariétale, limitant leur cavité (pl. I, %. 1, 1', 2 et 3).
Quelquefois même dans ces modes d'exploration, le cylindreaxe, môme sur les pièces desséchées, paraît comme un tube dans une exploration transversale (pl. I, fîg. h c' ; pl. II, lig. 13 c) , par conséquent avec un contour annulaire.
19° Les cylindres-axes ont encore dans quelques endroits de leur longueur dans un tube nerveux primitif des prolongements transversaux, servant pour lier deux cylindres-axes, se trouvant l'un à côté de l'autre (pl. II, fig. 12-g ; pl. III, fîg. 21) . Il sort ordinairement d'un point de la longueur d'un cylindre-axe une branche transversale.
20° J'ai eu l'occasion de voir très-clairement sur les pièces fraîches et sur les pièces humides, dans la partie pariétale des cylindres-axes, en employant la coloration de fuchsine, des noyaux semblables à ceux du périnèvre, plus petits seulement que ces derniers. Les noyaux ont ici des prolongements allant dans une direction longitudinale du cylindre-axe, et donnant à leur enveloppe, comme à l'enveloppe externe des tubes primitifs, un aspect fibrillaire ou une striation longitudinale, surtout bien remarquable sous l'influence des liquides durcissants. En employant la coloration d'aniline, appelée dans \e commerce Roth Rubin n° 1, j'ai observé la striation transversale dans les cyhndres-axes, après la dilacération du tube primitif, par les aiguilles. On sait que Frommann et Grandry ont décrit cette striation transversale.
21° La myéline se présente sous divers aspects, ce qui dépend des modes de préparation de la pièce, ainsi que du mode d'exploration. Dans les pièces montées à l'état humide dans la résine de Dammar avec la térébenthine, elle a tantôt l'aspect de corps brillants, tantôt l'aspect d'une masse presque homogène avec une fine striation transversale.
22° La myéhne en se débarrassant des tubes prend des formes très-variées sur les pièces montées dans la glycérine ou pendant l'exploration des tubes nerveux dans l'eau ; la myéline
DU TISSU NERVKUX. "195
paraît en forme d'anneaux de diverse grandeur, des tubes, des filaments, ayant un double contour à cause de l'interférence de la lumière sur les bords, ainsi qu'en forme de figures plus compliquées, provenant de sa forme annulaire (pl. II, fig. 19). Toutes les formes indiquées sont connues sous le nom de figures ou formes de myéline. Les filaments à double contour des figures de myéline ont souvent de la ressemblance avec des tubes primitifs et même avec des cylindres-axes.
23° La décoction de cochenille avec l'acide azotique colore en jaune rougeâtre les cylindres-axes et la partie pariétale des tubes primitifs ; mais ce qui est remarquable, c'est que la myéline ne se colore pas de la même façon dans sa masse entière, il en est de même si l'on colore la même pièce encore par une faible solution de fuchsine, mais il y paraît très-distinctement sur les coupes transversales des tubes une figure stellaire, formée par les endroits colorés de myéline, comme on le voit sur la fig. 7 m. de la pl. I. Les endroits colorés forment des rayons, allant de chaque coin d'un tube, vers le cylindre-axe, et partageant de la sorte le tube en parties non colorées triangulaires s'approchant mutuellement par leurs bords du cylindre-axe. Chaque rayon lui-même paraît en forme d'un coin à sommet aigu, dirigé vers le cylindre-axe, tandis que la base de ce coin se dirige vers la périphérie du tube primitif.
Ih" L'acide picrique et l'acide osmique sont les meilleures colorations pour la myéline; ils lui donnent leur couleur, malgré les autres colorations qu'on emploie eh même temps et qui agissent particulièrement sur les autres éléments des tubes.
25" La myéline se compose de deux substances, qui se colorent par différentes colorations. L'exploration la plus minutieuse de la myéline montre sa structure moléculaire. La myéline se présente en couches ou transversalement striée dans les pièces fraîches, montées à l'état humide dans la résine de Dammar, amsi que dans les pièces montées dans la glycérine. On peut
RÉSUMÉS SUR LA MÉTHODE D'eXPLORATION
voir dans bien des cas, que chacune des couches de myéline se forme régulièrement au moyen de corps brillants très-serrés disposés en rangées entourées d'une substance amorphe, comme nous le voyons dans la disposition des sarcom éléments de Bowman. La myéline se distingue par sa polarisation, qui est un excellent moyen pour dénoter sa présence.
26" Réunissant les observations fournies par les divers modes d'exploration de la myéline, à peine est -il permis de supposer que l'enveloppe formée par la myéline se compose d'anneaux, placés l'un dans l'autre, disposés très-étroiteraent dans une direction transversale vers l'axe longitudinal du tube et formant de cette manière l'épaisseur de l'enveloppe de myéline. L'anneau intérieur entoure immédiatement le cylindre-axe. Une rangée d'anneaux pareils compliqués, se disposant l'un auprès de l'autre, forme l'enveloppe de myéline, conforme à la direction longitudinale des tubes nerveux primitifs. En outre, chaque anneau simple, isolé, se compose de parties solides (cristaux) , entourées de la substance liquide de myéline. Les cristaux ou la substance liquide, qui les sépare, peuvent donner à la myéline, sur une coupe transversale une striation transversale, visible même sans polarisateur.
27° Les tubes primitifs, en se joignant mutuellement, forment des faisceaux primitifs de divers volume, entourés d'une enveloppe, nommée névrilème ou périnèvre, ayant toutes les propriétés d'une enveloppe externe des tubes. Les faisceaux primitifs forment des faisceaux secondaires et ces derniers, à leur tour, forment des faisceaux tertiaires.
L'enveloppe entourant les deux dernières espèces de faisceaux diffère seulement par la présence des filaments élastiques, dont le nombre est plus grand dans l'enveloppe des faisceaux tertiaires que dans celle des faisceaux secondaires. Le névrilème des racines de la moelle épinière est une prolongation de la piemère {pia-mater) de la moelle épinière. La dure-mère spinale {dura-mater) forme aux racines une enveloppe externe solide.
28° Le nombre et la grosseur des faisceaux sont bien différents, mais les faisceaux sont généralement plus épais dans les racines postérieures que dans les racines antérieures.
29° Les racines antérieures se composent de deux genres des tubes gros : les uns et les autres se distinguent très-nettement, même avec un faible grossissement (oculaire 3, objectif /i de Hartnak), d'oîi il résulte que les faisceaux des racines antérieures ont l'aspect de faisceaux homotubulaires (pl. I, fig. b, 8;pl: II, fig. 12).
30° Les racines postérieures se composent de quatre espèces de tubes de diamètre différent ; deux de ces espèces (tubes fins) l'emportent en quantité sur les autres. Ces derniers ne se voient pas, avec Je grossissement que nous venons d'indiquer. Ainsi les faisceaux des racines postérieures ont les propriétés des faisceaux hétérotubulaires (pl. I, fig, 2 bis, 3, 6, 9 ; pl. II, fig. 10).
Quoique les tubes fins dans les racines postérieures soient disséminés parmi les tubes gros, la plupart se trouvent en faisceaux.
31° Parmi les tubes gros qui entrent dans la composition des racines postérieures, il y a une espèce de tubes gros, se distinguant des autres par des cylindres-axes très-fins, qui se colorent pourtant beaucoup plus difficilement. C'est pourquoi ces tubes se présentent comme ne contenant pas de cylindresaxes. Les mêmes tubes existent dans les nerfs sympathiques, pourtant sans se mêler à d'autres tubes plus fins, formant des faisceaux distincts.
32° Les vaisseaux sanguins se distribuent parmi les faisceaux sous forme d'un filet ténu, pénétrant très-rarement dans les faisceaux primitifs. Il n'est guère douteux que l'espace intertubuleux et les réservoirs servent à la pénétration du plasma nutritif du sang vers les tubes primitifs et doivent être admis au système lymphatique.
33» La ligature des nerfs, faite chez les animaux vivants, produit un élargissement des cavités des cylindres-axes, à
198 RÉSUMÉS SUR LA. MÉTHODE I>'eXPLORA.TION
cause de quoi, ayant encore en vue la structure des cylindresaxes, il faut accepter que ces derniers contiennent un liquide, ayant un certain mouvement.
De la structure du tissu nerveux des organes centraux.
1° On voit déjà dans les racines des nerfs spinaux la représentation des éléments formés des organes centraux-: les prolongements des cellules nerveuses comme cylindres-axes des tubes primitifs des nerfs périphériques, la myéline et l'enveloppe contenant des noyaux. La dernière, qui forme l'enveloppe externe des tubes primitifs des nerfs périphériques et de leurs faisceaux, porte, dans les organes centraux, le nom de névroglie, servant de substratum dans la distribution de leurs éléments figurés.
2" Le tissu nerveux propre dans les organes centraux est composé d'une substance tubulaire ou fibrillaire, comme on la nomme encore, de substance cellulaire et de myéline.
3° Toute la substance tubuleuse ou fibrillaire du tissu nerveux des organes centraux et périphériques du système nerveux se renferme dans les formes suivantes :
a. • Tubes primitifs de la substance grise ou les cylindresaxps dénudés (substance grise fibrillaire) .
b. Tubes primitifs de la substance grise entourés de myéline (tubes primitifs de la substance blanche des organes centraux et quelques nerfs du cerveau : nerf optique, nerf olfactif).
c. Tubes primitifs de la substance grise entourés de myéline et d'une enveloppe de névroglie (substance blanche des organes centraux).
d. Tubes primitifs de la substance grise entourés de myéline, d'une enveloppe propre et d'une enveloppe externe (tous les nerfs de la moelle épinière).
4" La substance celluUaire du tissu nerveux se compose de cellules nerveuses qui diffèrent par leur structure.
5" Tous les nerfs périphériques doivent être rapportés à la substance blanche du tissu nerveux, ils en diffèrent par la présence de la myéline, qui entoure les éléments fibrillaires.
6» La substance blanche paraît dans les organes centraux
sous deux formes :
a. En forme de cylindres-axes, entourés de myéline et d'une enveloppe externe (pl. V. fig. 1, 2, 3) (substance blanche de la moelle épinièrc, de la moelle allongée et d'autres ganglions centraux).
b. En forme de cylindres-axes entourés de myéline, formant des faisceaux entourés d'une enveloppe contenant le noyau de la névroglie.
7° En comparant la structure des tiges nerveuses dans les racines des nerfs spinaux à la substance blanche des organes centraux, la différence entre elles dépend de l'absence des enveloppes propres dans les tubes primitifs des organes centraux, de la présence ici de réservoirs en plus grande quantité et de l'absence de prolongements transversaux établissant une communication entre les cylindres-axes.
8" La substance corticale du tissu nerveux comme couche distincte de ce dernier est une apparition artificielle de l'influence des liquides durcissants.
9° La substance gélatineuse centralejou épendyrae est toujours la même névroglie des organes centraux, sortant de la surface fibre du tissu nerveux (pl. VII, fîg. 30 ; pl. YIII, fîg. 39).
10° Les cellules nerveuses sont les principaux éléments figurés du tissu nerveux ; ils ont une relation immédiate avec les éléments tubuleux ou éléments ayant l'aspect fibrillaire du tissu nerveux des organes centraux et périphériques du système nerveux.
11" Les cellules nerveuses avec leurs prolongements dénudés composent toute la substance grise fibrillaire du tissu nerveux.
12° Les cellules nerveuses sont des cellules, ayant une enveloppe propre ou privées de cette dernière; elles possèdent dans quelques régions, outre leur enveloppe propre, une enveloppe externe de névroglie. Entre cette dernière et la ceHulc nerveuse, on voit des cavités artificielles sur les pièces, faites après
200 RÉSUMÉS SUR LA MÉTHODE d'exPLORATION
la macération dans les liquides durcissants (pl. VI, fig. 19).
13» Les cellules nerveuses ont dans leur composition, outre le corps de la cellule, un noyau et un nucléole (pl. V, fig. 5, 8 10 ; pl. VI, fîg. 11 , 12, 13, U, 16, 18, 20 ; pl. VII, fig. 23, 27, 28; pl. VIII, iig. 31, 32 et hO). Le noyau du nucléole {niicleolohis) est probablement une cavité du noyau. La plupart des cellules renferment encore un certain corps jaune ou novau jaune (pl. V, fig. 6, 8 {x) ; pl. VI, fîg. 13, l/i).
14" Le corps de la cellule, le noyau et peut-être aussi le corps jaune de la cellule sont pourvus de prolongements. (Prolongements de noyau: pl. VI, fîg. 11 (/t), fig. 12 (f/), fîg. 13 (c), fig. 20 (m m') ; pl. VII, fîg. 26, 27, 28; pl. VIII, fîg. 31 (z), 32 (c), AO. Prolongements de corps : pl. V, fîg. 6, 8 ; pl. VI, fig. 12,16, 18; pl. VII, fîg. 22, 2A, 25, 29; pl. VIII, fîg. 36 et 41).
15" Le noyau de la cellule se renferme dans une cavité périnucléaire, (cavum perinucleare) qui quelquefois paraît trèsagrandie dans son volume (pl. VI, fîg. 12, 17, 18 {q) \ pl. VII, fig. 21, 23 (;)), par exemple sous l'influence de la strychnine et de Thydrate de chloral sur le système neïveux. Dans l'exploration de la cellule en coupe de sa masse, le noyau de la cellule peut être déplacé par la pression d'un verre couvrant sa cavité périnucléaire, ainsi que d'y entrer de nouveau, aussi par pression.
16° Le protoplasma du corps de la cellule se compose de deux substances réfractant différemment la lumière et se rapportant aussi différemment pour les colorations.
17" L'enveloppe propre des cellules passe immédiatement dans la partie pariétale de leurs prolongements de corps ; elle renferme de très-petits noyaux ayant des prolongements et donnant quelquefois une striation longitudinale à ces parties.
18° Les prolongements des cellules nerveuses montrent toutes les propriétés des tubes comme les cylindres-axes des nerfs périphériques.
19" Le noyau de la cellule se présente comme sa partie la plus transparente ; toutefois, le corps et le nucléole sont éga-
DU TfSSU NERVEUX.
lement transparents. Les colorations en général agissent de telle façon que le noyau a la couleur la plus foncée ; les corps jaunes ne se colorent pas.
20° La transparence des parties de la cellule ainsi que la couleur normale sont sujettes à s'altérer par l'action des différents processus pathologiques ; il faut dire en partie la même chose des colorations qui se rapportent souvent d'une manière diverse aux parties de la cellule. La coloration par la cochenille et l'acide picrique chez les animaux empoisonnés par la strychnine, ainsi que chez les personnes mortes de la jaunisse, colore le noyau de la cellule en violet, et le corps en jaune brunâtre ; dans les autres cas, le noyau reçoit aussi une couleur jaune brunâtre.
21° L'exploration des cellules par la réaction photographique procure le moyen de montrer quelques altérations pathologiques dans les cellules. Nous devons mentionner par exemple : l'altération de leur transparence peu visible même à l'œil armé du microscope, la disparition des noyaux (pl. V, fîg. 9; pl. VI, fig. 17; pl. VII, fîg. 21 j. Il est très-remarquable que la réaction photographique montre la présence d'un noyau avec son prolongement dans la masse de la cellule, dans les cas oîi on ne les distingue pas quelquefois avec le microscope.
22° Les cellules nerveuses se présentent comme des éléments figurés différents dans divers endroits des organes centraux. La différence entre les cellules nerveuses dépend :
a. De la présence ou de l'absence des enveloppes externes ;
h. De la présence ou de l'absence d'enveloppes propres;
c. De l'existence des prolongements de corps et des prolongements de noyaux ou des derniers seulement ;
ri. Du rapport du prolongement de noyau, ou prolongement de corps avec les autres parties qui entoure la cellule ;
e. Du nombre des prolongements, de la corrélation 'qui existe entre les prolongements, la forme du noyau et celle du corps, amsi que de leur ramification;
202 RÉSUMÉS SUR LA MÉTHODE D'eXPLORA.TION
/'. De la présence des corps jaunes dans quelques-unes des cellules bien déterminées et de leur absence dans les autres,
g. Du rapport des cellules avec les autres cellules ;
h. Du rapport des prolongements des cellules avec la substance blanche des organes centraux et des nerfs périphériques ;
i. De la présence dans les cellules nerveuses d'une pigmentation particulière, donnant à toutes les parties de la cellule une couleur toujours brune {substantiel nigro).
23" L'enveloppe externe de la névroglie se trouve dans le sens d'une enveloppe réelle, seulement auprès des cellules nerveuses des ganglions des racines postérieures, tandis que dans les autres endroits elle paraît comme un tissu spongieux renfermant des cellules nerveuses, et n'entoure comme enveloppe que quelques-uns des prolongements des cellules nerveuses.
2/i° L'enveloppe propre n'existe point dans quelques-unes des cellules nerveuses des circonvolutions des hémisphères et du cervelet, dans la substance gélatineuse des cornes postérieures. Ces mêmes cellules, en se touchant étroitement parleurs corps, n'ont seulement que des prolongements de noyaux.
25° Les cellules nerveuses sont pourvues, tantôt de prolongements de noyaux, et en même temps de prolongements de corps.
26" Les prolongements de noyaux, tantôt sortent libres en dehors des limites du corps de la cellule, tantôt le prolongement de noyau pénètre en dedans du prolongement de corps (pl. VII, fig. 27).
27° Les cellules nerveuses, considérées au point de vue du nombre des prolongements de corps, se divisent, d'après Jakoubovitch et Ovsiannikoff, en cellules monopolaires, cellules bipolaires et multipolaires.
28° La forme des cellules dépend du nombre des prolongements ; elle est ronde et quelquefois diversement anguleuse. Il faut dire la même chose de la forme du noyau.
29° Le plus grand nombre des prolongements de corps que j'ai rencontré c'est huit ; celui des prolongements de noyau est de quatre.
30" Je n'ai point vu de ramifications dans les prolongements de noyau ; tandis que dans les prolongements de corps, il y a des prolongements ramifiés et des prolongements non ramifiés. Le nom « axiscylindriquc » donné par Deiters au prolongement non ramifié, ne répond point au but, parce que le prolongement non ramifié paraît non-seulement comme un cylindre-axe dans la substance blanche, mais sert aussi indubitablement pour la jonction des cellules (pl. VII, fig. 2/i, 25 ; pl. VIII, fig. 36 et 41).
31° Relativement à la présence des prolongements ramifiés et des prolongements non ramifiés, mes observations m'autorisent à poser les concluions suivantes :
a. Les cellules nerveuses sont formées, tantôt seulement de prolongements non ramifiés, par exemple dans les cellules des ganglions des racines postérieures, tantôt à la fois des prolongements ramifiés et des prolongements non ramifiés (par exemple, dans les cellules des cornes antérieures de la moelle épinière).
h. La présence infaillible dans la cellule d'un prolongement non ramifié au milieu d'autres ramifiés, n'est jamais une marque générale dans les endroits indiqués par Deiters.
J'ai vu dans les cornes antérieures de la moelle épinière une cellule ayant deux prolongements non ramifiés, qui devenaient cylindres-axes des nerfs périphériques.
c. On ne sait pas encore positivement si les prolongements ramifiés deviennent des cylindres-axes ou non.
d. Les prolongements de corps ramifiés et les prolongements non ramifiés, n'ont point de diversité dans leur structure ; l'aspect singulier d'un prolongement devenant cylindre-axe dépend de l'addition de la myéline ou de l'enveloppe externe à la fois.
e. Je n'ai jamais vu le second système des prolongements axiscylindriques de Deiters.
32. Les corps jaunes se trouvent dans un grand nombre de cellules nerveuses, sous forme de grands noyaux ovales. Ils ne se rencontrent pas dans les cellules de la substance gélatineuse