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pas du sommeil hypnotique, bien qu’il soit souvent nécessaire pour le provoquer d’avoir obtenu déjà chez le malade la conviction de la réalité de ces phénomènes magnétiques ; mais, à l’état de veille, tout individu sur lequel la suggestion a prise, y deviendra absolument rebelle dans ce même état de veille dès qu’on aura pu lui démontrer, chose facile du reste, la part que son imagination prenait à l’accomplissement des actes. « Il semble qu’un charme soit rompu, et dorénavant toutes les tentatives de suggestion resteront sans résultat! » .
b) Influence du milieu. — Il est rare d’observer à l’état de veille dans la thérapeutique privée ce qu’à l’hôpital il est facile d'obtenir : et on pourrait songer à attribuer la facilité avec laquelle on endort et on guérit à la. Salpè trière et à l’hôpital de Nancy à l’action suggestive du miliéu hospitalier. Cela nous paraît être aussi une condition prédominante. Nous avons dit combien le fait de l’agglomération développait la suggestibilité des individus et à l’hôpital cette condition est parfaitement remplie.
c) Influence de l’état de veille hynotique et del’hypnose.—L’hypnose en plongeantle sujet dans un sommeil artificiel,annihilant ainsi oudiminuant toutes sesfacultés de vo- Jonté, de conscience, est une des conditions les plus favorables au succès de la thérapeutique suggestive. Nous avons déjà énuméré tous les moyens d’atteindre la personnalité automatique cérébro-spinale, celle-ci est certainement la meilleure, On a divisé le cerveau en trois parties : unezone antérieure ou intellectuelle siège de la conscience ; une zone moyenne ou motrice ; une zone postérieure, lieu de
1 Bréneaud, Société de biologie, 1882,
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réceptivité des phénomènes sensitifs et sensoriels. L’hypuose trouble profondément la zone antérieure dans ses phénomènes psychiques en inhibant certains centres et en produisantsur d’autres une accumulation d'énergie; cette force accumulée réagissant ensuite sur les deux autres portions doit amener les phénomènes de contracture, de paralysie, les anesthésies, les troubles dans les perceptionssensorielles, etc. Aussi nous paraît-il difficile d’assimiler l'hypnose au sommeil normal ; car on n’observe jamais ces phénomènes dans le sommeil ordinaire pas plus que le rapport singulier que l’on trouve entre l’hypuotiseur et l’hypnotisé et les suggestions posthypnotiques. Mais, il y a de nombreux degrés dans le sommeil hypnotique, variables suivant les individus. M. Bernheim ‘ distingue un grand nombre d'états. M. Bechterew ? de Saint-Pétersbourg, décrit trois stades principaux : le premier état est un simple assoupissement dans lequel la suggestibilité est plus développée qu’à l’état de veille, mais qui ne diffère de ce dernier que par cette qualité. Dans le second, l’individualité est encore éveillée et la prépondérance des sphères psychiques persiste encore, mais pas dans la même mesure que dans le premier stade. Les personnes entendent, répondent aux questions posées, s’orientent dans leur entourage, mais ne peuvent ouvrir les yeux ni s’éveiller. Le troisième degré est l’hypnose profonde qui se caractérise par la disparition plus ou moins complète du moi, par la perte de la volonté: et de la motilité volontaire sauf pour les réflexes et les mouvements provoqués par la suggestion. Nous trouvons
* Bernheim, De la suggestion.
? Bechterew, Therapeutische Wochenschrift, janvier 1893,
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dans cet état une anesthésie profonde, et une amnésie complète après Le réveil pour tout ce qui s’est passé pendant l'hypnose. On a obtenu par la suggestion verbale dans cet état profond hypnotique les plus beaux résultats dans l’hystérie, l’hystéro-épilepsie, les maladies ner veuses organiques, tabes dorsal, sclérose en piaques, (Fontan et Segard, Bernheim), dans les métrorragies les aménorrhées, etc. Cependant, la suggestibilité dans ces trois états est très variable suivant les individus, et suivant aussi les auteurs qui se sont occupés de cette question. Il est manifeste que dans l’état de crédulité (A. de Rochas) on peut provoquer la catalepsie, ainsi que beaucoup de phénomènes observés dans le sommeil hypnotique (hallucinations, suggestibilité excessive). Dans cet état nommé aussi de fascination, de charme, de veille somnambulique, il nous paraît quelquefois facile de produire les suggestions que l’on produit dans l’hypnose. On sait la manière d’amener cet état, par l’occlusion des paupières ou la friction des globes oculaires, par la fixation du regard, d’un objet brillant, etc., et généralement presque toutes les personnes hystériques ou névropathiques, sont plus ou moins influencées par cette action à la fois mécanique et suggestive. Les suggestions seront acceptées si toutes les conditions développées plus haut sont remplies sans qu’il soit nécessaire de recourir à un état de sommeil profond.
Nous pouvons donc résumer les conditions de la thérapeutique suggestive de la façon suivante :
a) Confiance dans le médecin; b) Croyance au remède.
Ces deux croyances produisant la fo scientifique.
c) Suggestions 22conscientes du milieu, de l’entourage et consicentes dés récits, de la foi scientifique. >
d) Enfin condition finale et nécessaire, l’action décisive produite au moyen d’un éfat de veille hypnotique à mise en scène spéciale. Sas On peut voir ainsi l’identité du mécanisme de cette thérapeutique et de la cure miraculeuse. Ce sont les mêmes causes et les mêmes effets, aussi allons-nous tirer de ces vues théoriques les quelques vues pratiques qui vont suivre.