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l’aqua fontis colorée seront efficacement employés. Ces remèdes inoffensifs agissent comme agissait autrefois la poudre sympathique de Paracelse, les tracteurs métalliques de Perkins, ou les tracteurs pseudo- métalliques des D" Haygarth et Falconner, et de nos jours la médecine homéopathique, la médecine de Mattei. Tous ces remèdes bizarres employés par les nombreux guérisseurs, l’Irlandais Greatrakes, le prêtreGasnner, le prince de Hohenlohe, le père Mathew, le zouave Jacob, ont agi suivant le même principe : remède inconnu ou redouté.
IT. Applications thérapeutiques. — Quelles sont les maladies susceptibles d’être modifiées, améliorées ou guéries par cette hypnothérapie spéciale ? Nos observations portent spécialement sur des hystériques : en effet, les accidents hystériques peuvent être brusquement provoqués, modifiés ou supprimés par des influences psychiques ou par des causes physiques qui n’ont aucune action sur les accidents similaires dépendant de lésions organiques : on peut arrêter les crises à leur début, et les faire disparaître peu à peu totalement. Les anesthésies, les zones spasmogènes,les troubles hystériques sont profondément améliorés. Le péritonisme, la céphalalgie des hystériques (accidents simalantune méningo-encéphalite) ont été guéris par cette méthode de la façon la plus rapide et la plus heureuse. Enfin, les paralysies, les contractures, les tics, l’aphonie et le mutisme, le délire seront quelquefois facilement détruits et donneront lieu à de brillants succès.
Les neurasthéniques, les névropathes seront profondément améliorés par ce traitement, et ils seront d’autant plus heureusement influencés que les guérisons obtenues
LU BG te autour d’eux seront plus nombreuses et plus constantes. Il serait donc peut-être mauvais de faire entrer dans la composition de ce service de névropathes, les malades atteints d’affections organiques du système nerveux. Ils pourraient donner lieu à des insuccès, source de contre-suggestions. Cependant, l'hypnose peut agir favo rablement sur ces derniers malades et voici l’explication qu’en donne M. Bernheim. — « La nutrition, les sécrétions, les excrétions, la calorification sont gouvernées ou du moins influencées par cet organisme central qui préside au mécanisme complexe de la physiologie animale. Get organisme central peut intervenir utilement pour rétablir dans la mesure du possible le jeu des organes et fonctions troublés. Voici un malade auquel une hémorragie cérébrale a détruit toute la capsule blanche interne; une dégénérescence descendante s’est faite dans le faisceau jyramidal, une hémiplégie rigide s’en est suivie. Ici l’organe moteur sine qua non des mouvements d’une moitié du corps est détruit. Aucune suppléance organique n’est possible. Mais si l’hémorragie a laissé subsister quelques fibres conductrices suffisantes pour transmettre jusqu'aux cellules motrices l’influence centrifuge de la volonté, ces fibres ne sont affectées que dans leur fonction, frappées par le choc du voisinage. Impuissante à sortir spontanément de leur torpeur, la suggestion peut agir dynamiquement sur elles; l’activité psychique mise en jeu, concentrée vers ces fibres, leur apporte un séimulus nouveau qui ranime leur modalité engourdie { ». Cette ingénieuse explication nous donne la clef de ces améliora-
! Bernheim, loc, cit.
Ho,
tions si invraisemblables obtenues dans la sclérose en pla-
ques !, le tabes dorsal ?, l’hémiplégie après apoplexie#etc. Il faut se garder cependant de confondre ces maladies répondant à une lésion organique du centre nerveux d’avec les symptômes hystériques simulant nettement l’ensemble des signes proprés à ces maladies. :
Mais la suggestion, comme le dit Bernheim, est une médication fonctionnelle puissante : elle attaque la maladie par un de ses éléments et la suppression de cet élément morbide peut retentir heureusement sur tout l’appareil pathologique dont tous les éléments sont réciproquement subordonnés les uns aux autres.
La suggestion ainsi pratiquée pourra aussi agir efficacement contre certaines habitudes qui par le fait de leur répétition sont devenues de véritables besoins (morphinomanie, alcoolisme,onanisme, penchants sexuels anormaux, incontinence d'urine, etc.). Elle agira sur eux beaucoup mieux que ne pourrait le faire un simple traitement moral.
On pourra enfin rétablir le flux menstruel, guérir des dysménorrhées ou aménorrhées. Quelque extraordinaire en effet que paraisse l’action vaso-motrice de la suggestion à l’état de veille, elle est cependant bien réelle. «On peut faire pâlir ou rougir telle région donnée par simple influence psychique en déclarant qu'elle doit pâlir ou qu’elle doit rougir*. C’est ce que nous avons obtenu très-souvent
1 Fontanet Segard, Effets de la suggestion hypnotique dans un cas de sclérose en plaques. (Revue de l’hypnotisme). 2? Lloyd T.ckey, Un cas d’ataxie traité par l'hypn. (Congrès de l’hyp., 1889). | l | 8 Chiltoff, de Kharkorw, Rev. de l'hyp., p. 341,t. I.
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chez des malades que nous n’endormions pas et vierges de tout hypnotisme ». Nos observations ne portent pas la. démonstration pratique de tous ces faits, mais de nombreux exemples dans la science prouvent l’étendue de l’action suggestive, et nul doute que l’on obtiendrait par la pratique suivie et rigoureuse de la méthode ci-dessus exposée, tous les effets produit par l'hypnose profonde. Gependant malgré l’étendue de la puissance de l’action suggestive, certains malades en ressentent des effets meilleurs et plus certains que d’autres. Ge sont ceux-là que nous devrons réunir dans un service spécial. Les hyslériques, comme nos observations le démontrent, seront puissamment améliorés ; les névropathes, et les neurasthéniques donneront aussi de bons résultats curatifs; et justement pour cette cause, nous agglomèrerons ces trois variétés de malades.
Les observations qui vont suivre et que nous devons à l’obligeance de M. le D" Tournier sont celles de malades traitées par cette hypnothérapie spéciale. Nous ne rapportons pas tous les cas heureux ou favorables. Nous publions seulement les plus intéressants.
OBSERVATION I (inédite).
Chorée hystérique. — Amélioration.
M..., Sophie, dix-sept ans, polisseuse, En 1889, voulant imiter les mouvements que faisait une de ses camarades d'école qui avait la danse de Saint-Guy, elle commence à faire elle-même quelques grimaces involontaires, C'était la première manifestation de son hystérie, Cette chorée hystérique devint toujours progressivement croissante. À son entrée on observe des mouvements arythmiques
des membres supérieurs, de la tête, des muscles de la face ; des mouvements choréiques des membres inférieurs : elle titube en marchant.
Sensibilité. — Anesthésie de la moitié droite de la face, et diminution de la sensibilité dans la moitié droite du corps. On observe des modifications fréquentes des troubles observés :
Zone ovarienne droite.
Zones sous-mammaires.
Acuité visuelle de l’œil gauche — 0,1 Acuité visuelle de l’œil droit — 0,5.
-Plus d’odorat. Perte presque absolue du goût. Surdité à droite.
Jeune fille intelligente, très impressionnable et vicieuse. Quelques hallucinations de la vue et de l’ouïe,
5 mai.— Elle eut une crise hystérique survenue à la suite d’une dispute avec sa sœur. Pas de renseignements autres qu’une perte de connaissance qui dura dix minutes. Immédiatement après, survint une modification des stigmates. Gant anesthésique de l’avantbras droit. Anesthésie de la moitié droite de la face. Zone hystéroovarienne gauche. Clou hystérique.
15 juin, — On observe de nouvelles zones d’anesthésie :’hémianesthésie sensorielle à droite, anesthésie de la jambe en chaussette à droite; en bas, à gauche.
21 juin. — Fréquentes contractures des pieds et des mains. Pied en équinisme.
Sort le 13 août sans amélioration notable par le traitement : douches et bromure de potassium.
Elle rentre le 12 septembre avec les symptômes suivants : tremblement de tête très rapide. Les mouvements cloniques sont produits par des contractures rapides des sterno-cléido-mastoïdiens de chaque côté. D'abord d'un côté on voit des contractions brusques qui se produisent dans le muscle sterno- cléido-mastoïdien dont les deux chefs vibrent. La face est déviée à gauche et en haut ; en même temps l’épaule se soulève un peu. Ensuite les mêmes mouvements se répètent de l’autre côté avec les mêmes caractères, Les mouvements volontaires n’abolissent pas ces secousses.
Mel
Anesthésie des avant-bras et mains droits, sauf à la pulpe des doigts ; de la jambe et du pied droit; du pied gauche,
Crises nettement hystériques avec mêmes signes sensoriels que lors de sa première entrée.
Suggestion. — Elle fait tout son possible pour résister aux tentatives d’hypnose. On ne peut l’endormir. M. le D' Tournier lui déclare alors à l’état de veille, que son tremblement sera guéri (méthode : fixation d’un objet brillant).
Les mouvements de la tête diminuent après la suggestion sans disparaître totalement. Antipyrine, 12 cachets de 0 gr. 25.
25 septembre, — Crises assez espacées, Au niveau du poignet droit légère zone d’hyperesthésie en bracelet. Zone ovarienne gauche,
Somnolence continuelle probablement simulée,
Suggestion. — Elle s'efforce de regarder ailleurs que vers le point à fixer. On la fatigue et à l’état de veille, on lui suggère de recouvrer la sensibilité.
29 septembre. — La sensibilité a reparu partout, sauf à la face dorsale de la main droite où elle est un peu diminuée,
Elle est mise à la porte le 13 octobre, non complètement rétablie.
A son.entrée, son champ visuel était très rétréci de l'œil droit comme du gauche. Sous l'influence de la suggestion l’acuité visuelle droite augmente et devient 1/2 normale à peu près.
L’acuité visuelle de l’œil gauche ne se modifie pas.
OBSERVATION II (inédite).
Hystérie. — Amélioration (résumée).
Romaine P..., entre le 23 juillet, dans le service du D' Carrier, pour crises hystériques. La première crise avait eu lieu il y a deux ans, à la suite d’une vive émotion (un prêtre l'avait menacée de l'enfer, en confession). Les crises sont nettement hystériques. Quelques -unes cependant ont des caractères qui se rapprocheraient plutôt de l’épilepsie.
Eur VD de : Sensation de boule. ù Sensibilité, — Elle aurait eu autrefois de l’anesthésie du membre inférieur gauche, -Actuellement : Zones ovariennes gauches sus et sous-mam maires,
Acuité visuelle de l’œil gauche — 0,5 Acuité visuelle de l’œil droit = 0,1
Un peu de dyschromatopsie.
‘ Rétrécissement du champ visuel sue Ho ation nocturnes (Bêtes). |
Peu intelligente.
4 septembre. — Suggestion : Elle est docile à l'hypnose. Pendant son état hypnotique, a lieu un commencement de crise que l'on fait disparaître par la suggestion. M. le D' Tournierlui suggère qu’elle sera guérie et n’aura plus de crises.
5 septembre. — Plus de zones ; elle part guérie,
11 octobre, — Elle revient avec réapparition de ses crises, survenues à la suite de moqueries.
Il y a six jours, série de crises nettement hystériques, Pas de sensation de boule.
Retard et diminution de la sensibilité à 1 main et au poignet droit.