RER
La force musculaire est revenue : la malade se sent bien et se trouve encouragée.
10 octobre. — La sensibilité est revenue, Elle se plaint d’étourdissements et de vertiges dont la cause est un bouchon de cérumen de l'oreille gauche. Un lavage de l'oreille amène une réaction nerveuse assez vive, avec vertiges, sensations de défaillance, L'ouïe est diminuée.
42 octobre, — Le bouchon de cérumen a été désagrégé, la malade se sent bien mieux.
Séance d'électricité sans hypnose.
17 octobre. — La malade est complètement guérie,
OBSsERvVATION XII (inédite !).
Crises hystériques, vomissements incoercibles de même nature datant de trois ans. Guérison complète en une seule séance de suggestion. (Résumé.)
Berthe V... célibataire, cultivatrice.
Antécédents héréditaires. — Mère nerveuse.
Antécédents personnels, — Santé délicate, nervosisme extrême, réglée à quatorze ans, régulièrement, Il y a trois ans, chlorose avec troubles gastriques.
En août 1892, vomissements survenus brusquement et durant depuis; revenant tous les jours, à tous les repas,
En même temps, crises hystériques avec sensation de boule et. perte de connaissance, contractures en opisthotonos, cessant par la compression des ovaires.
Traitée d’abord à l’Hôtel-Dieu, la malade passe à l’Antiquaille chez M. Carrier suppléé par le D' Tournier.
1 Cette observation doit être prochainement pübliée plus complètement.
Eu. je
Pas de crises nerveuses depuis le mois d’avril, Pas de zones
hystérogènes, L'ovaralgie existe bien que faible.
Champ visuel normal. — Abolition du réflexe pharyngien, —
Facies triste, tendance à la mélancolie.
On alimente la malade par la sonde à cause de son état gastrique toujours aussi mauvais. Les vomissements persistent. L’application d’aimants sur la région épigastrique ne les empêche pas.
Hypnose et suggestion de sentir son estomac et d’avoir faim. Disparition des vomissements, aliments bien supportés. La malade a faim.
La malade sort guérie de l'hôpital. Les troubles ne sont pas revenus depuis,
OBsERVATION XIII
(Extraite de la Province médicale, nov. 1894),
Manifestations hystériques diverses. — Guérison.
Jeanne M..., femme All..., quarante-quatre ans, tisseuse, entrée le 18 février 1893 dans le service du D' Carrier, à l’Antiquaille, salle Sainte-Clotilde, n° 28.
Le père mort à cinquante. deux ans, probablement d’un ramollissement cérébral. Il n’a présenté pendant sa vie aucun signe d’affection nerveuse. Il n'était pas alcoolique,
La mère est morte à la suite d’une affection pulmonaire inconnue, La malade était àgée d’un an au moment de cette mort ; elle n’a donc aucun souvenir se rattachant à sa mère. Cependant elle a entendu dire que celle-ci était d’un caractère très emporté. La tante paternelle de la malade a présenté des troubles psychiques vers l’âge de quarante-cinq ans, à la suite d’un accident dont son mari fut victime, elle était tombée subitement dans un état de dé-
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mence. On n’a aucun autre détail, Pas de consanguinité. Une sœur de notre malade est morte à vingt et un ans d’une affection pulmonaire ayant évolué en six mois.
Dans les antécédents personnels, on note : à trois ans, la variole, à quatorze ans la rougeole, Jamais de convulsions.
Menstruation à seize ans, toujours régulière,
La malade s’est mariée à vingt-quatre ans ; un an après, elle accoucha d’un fils. Immédiatement après la délivrance, hémorragie utérine assez abondante, sans suites fâcheuses.
Deuxième accouchement (un fils), à vingt-neuf ans. L'enfant, né avant terme, mourut au bout de quatre jours. Pas de fausses couches.
L'enfant qui a survécu est âgé de dix-neuf ans. Il y à quatre mois, par deux fois, il entra dans des accès de fureur subite; devenant comme fou, il obéissait à des impulsions inconscientes, Le lendemain, il déclarait à sa mère que tous ses actes lui. étaient suggérés par une volonté plus forte que la sienne. Ce jeune homme était très impressionnable et avait assisté à des séances de table tournante.
Depuis une dizaine d’années, la malade souffrait de douleurs vagues dans les articulations des poignets et des doigts. Ces douleurs avaient disparu après son deuxième accouchement pour reve: nir, il y à un an, au niveau des omoplates et de la partie latérale gauche du tronc, jusque vers la région précordiale,
Mae All..., sur les instances d’une voisine, se décida, en octobre 1892, à aller consuiter une somnambule, M" Fraudon, rue du Commerce. La somnambule répondit que cette affection était une maladie de la moelle épinière, maladie qui guérirait infailliblement par des pilules et une pommade. Le résultat ne se fit pas longtemps attendre. La nuit, elle fut éveillée en” sursaut par une douleur très vive dans la région ovarienne gauche. Cette douleur remontait jusqu’à la ceinture et l’épigastre. En même temps, des idées bizarres lui venaient en tête : elle ne devait pas porter les mains au siège du mal, sinon elle mourrait étouffée, En même temps, elle avait des frayeurs si intenses, qu'elle ne pouvait appeler son mari couché dans la même chambre.
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Ceci se répéta plusieurs nuits de suite. La septième nuit, cauchemar violent ; la malade se sentait éveillée, et pas un détail n’échappa à sa mémoire; en proie à une terreur vive, elle vit apparaître dans le fond de la chambre, sur un rideau rouge, une femme noire : la somnambule.
Par surcroit, vint le lendemain, le beau-père d’une voisine, qui fit sur M"° All... des passes, de la suggestion. Dès ce jour, là malade devinttrès irritable. La douleur de l’épaule et de la partie gauche du tronc augmentait toujours.
Notre magnétiseur vint pendant un mois tous les deux ou trois jours environ. Ce fut à ce moment que la malade commença à souffrir des spasmes que nous avons pu voir dans le service ; étant à table, spontanément, un mouvement convulsif la faisait tourner
du côté droit. Le visage était aussi dévié à droite. Ce mouvement est si brusque que la malade à été jetée souvent au bas de sa chaise. Elle n’a jamais eu de perte de la connaissance. Pendant les passes magnétiques qu’elle eut à subir, elle raconta un jour, étant dans le sommeil hypnotique, toute sa jeunesse. Après ces sommeils, les spasmes étaient plus violents. |
On la mène chez un maître ès magie, le sieur Bouvier, rue Terraille, n° 7, dans un local où se réunissent les disciples de cet homme, Un sujet endormi vint placer un chapeau sur sa tête. Elle ressentit alors subitement une sensation très vive de chaleur, voulut partir et se précipita vers la porte, bousculant Bouvier qui voulait la retenir. Elle retourna trois semaines après rue Terraille où en l’absence de Bouvier elle fut travaillée par les élèves. Au bout d'un moment, elle était comme folle, grimpant sur les meubles, voulant se jeter dans le Rhône.
Quinze jours durant, elle souffrit de ces spasmes, elle ne pouvait plus manger, épfouvait dans la bouche et le nez une sensation bizarre comparable à celle qu’y produirait une mouche. En même temps, insomnie, Elle alla consulter le D' Durand quine put obtenir aucun bon résultat. Uu mois après, le 28 février 1893, elle entra dans le service du D' Carrier.
Elle ne présentait alors que ces spasmes que nous avons décrits. Elle ne pouvait manger ; dès qu’un aliment touchait sa bouche,