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un spasme se produisait, la faisait tourner du côté droit et la jetait souvent à terre, |
Au bout d’un mois, un lavage d'estomac la soulagea, Elle avait aussi des hallucinations de la vue; l’interne ‘qui l’examinait lui mit un bandeau sur les yeux, elle poussa un eri voyant apparaître son mari et le D' Carrier, Ces hallucinations se produisaient dès qu’elle était dans l'obscurité. Pas de délire. Elle attribue tous les malaises dont elle souffre aux maléfices des somnambules. Elle est obsédée toute la journée par cette seule pensée que c’est à des imbéciles qu’elle doit son mal. La mémoire est intacte. L'intelligence est vive. Tremblement léger dans tout le côté gauche du corps, surtout à la main. Pas de troubles de la station debout, de la marche, La langue est le siège de mouvements fibrillaires rapides. Pas de paralysie, Zones hystérogènes, ovarienne gauche suset sous-mamaires gauches, clou hystérique. La sensibilité à la douleur est abolie dans tout le côté gauche du corps sauf à la face palmaire de la main et à la région périorbitaire. La sensibilité au contact est exagérée et provoque dans la région explorée de violentes convulsions ou même des spasmes généralisés. Le contact d’un objet en acier, zinc, argent provoque des spasmes. La main se contracture et ne peut lâcher que difficilement le métal, L'or et le cuivre ne produisent rien. Réflexe pharyngien diminué. Acuité visuelle diminuée surtout à droite. Pas de dyschromatopsie. Odorat aboli à gauche. Si la malade flaire un corps odorant de ce côté, elle entre aussitôt en crises sans pouvoir préciser à quelle odeur elle a eu affaire. Le contact d’un corps sapide placé sur le côté gauche de la langue provoque une crise. La crise, décrite plus haut, ne dure pas plus d’une ou deux minutes. Après elle, palpitations de cœur. | Pas d’autres troubles digestifs, pulmonaires ou cardiaques.
Le 20 juillet 1893, la malade quitte le service; elle est très améliorée ; 11 faut qu’elle ait un contact prolongé avec un objet pour qu’une crise se déclare. Mais le 1° mars 1894, sans cause connue, cet état se modifie brusquement, les spasmes reparaissent.
15 mars 1894. — La malade revient. On retrouve absolu ment tous les signes notés au précédent séjour ; cependant il n’y a
ZT enter pas d’anesthésie du côté gauche, Acuité nouvelle œil droit — 0,7. œil gauche — 0,9.
Juin 4894. — Pendant trois semaines, la malade à vomi tous les aliments ingérés. Bon état général. Cette hyperesthésie stomacale diminue progressivement pour disparaître au bout de quelques jours.
23 août 1894. — On essaie de suggestionner la malade; celle-ei est à moitié endormie; on lui suggère alors ceci : elle guérira,tous les troubles sensitifs, sensuels et psychiques qu’elle présente disparaîtront.
25 août 1894. — Aucune zone hystérogène. Pas de tremblement sauf une légère trémulation de la langue. Pas de troubles sensitifs; cependant à droite, la sensibilité est plus exquise qu'à gauche, Dans toute la moitié gauche du corps, le contact ne provoque plus de spasmes douloureux. La malade ne ressent plus de douleurs à la pression autrefois très pénible du cuir chevelu. Pas de dyschromatopsie. Pas de troubles sensoriels. Pas de rétrécissement du champ visuel. Acuité visuelle — 0,9 à droite, 1 à gauche.
La malade est complètement guérie. Elle ne souffre que très légèrement de cette douleur qui ne l’a jamais quittée à l’épaule et au tronc. -
Juin 1895, — A cette époque, les mêmes crises ont apparu de nouveau à la suite d’une très vive émotion (vue d’une chute d’un homme qui se fracassa la tête sur le pavé). Les crises devinrent alors très nombreuses, Hyperesthésie au contact. Elle retourne aux consultations de M. le D' Carrier qui n’obtient pas d’amélioration, M. le D' Tournier la traita alors ; après l'avoir prévenue qu’il allait la guérir, il lui ferma les yeux, et lui appliqua un coupe-papier métallique sur le bras. Cette sensation de corps froid fit disparaître en quelques secondes l’hyperesthésie.
Elle resta guérie dix jours environ. La guérison ne persista pas. Trois semaines après, elle revint trouver le D' Tournier, avec les mêmes symptômes. Le même traitement lui fut appliqué; et les mêmes résultats s’ensuivirent. Ils furent également transitoires.
À la fin du mois d'août, elle entra dans le service du D’ Carrier, que suppléait le D' Tournier. Hypnose avec occlusion des yeux et
application d’aimants, avec suggestion d’une guérison définitive. Le résultat fut complet et tous les symptômes morbides disparurent; quinze jours après, elle ne présentait plus rien. À la fin du mois d'octobre, les résultats s'étaient encore maintenus.