CLASSIFICATION DE L'AUTEUR
lit
Coite tendance qu’ont certains sujets à sortir de leur inertie, aussitôt que l’opérateur cesse d'influencer, voire même à épier le moment où il sera parti ou n aura plus l'attention fixée sur lui pour rouvrir les yeux, cette apparence de simulation grossière, fréquente surtout chez les enfants, existe même chez certains somnambules : on jurerait qu’ils ont simulé; et cependant ils ne se rappellent plus rien au réveil.
.l’ajoute cependant que la plupart des sujets restent les veux clos, avec l’apparence, sinon la réalité proprement dite du sommeil, pendant un temps assez long; ils ne les rouvrent que longtemps après qu'on a cesse de les influencer ou seulement lorsqu’on suggère le réveil.
Je ne saurais trop le répéter en présence de ces faits : le sujet hvpnotisé n’est pas un cadavre inerte ou un corps en léthargie; même alors qu’il reste inerte, il entend, il a sa conscience; souvent il donne signe de vie; on peut le voir qui rit ou se contraint pour étouffer son rire; il peut faire des réflexions sur son état, il se fait quelquefois à lui-même l'effet qu'il simule ou qu’il e>t complaisant; il se vante de bonne foi, quand le médecin est parti, de n’avoir pas dormi et d'avoir fait semblant de dormir. 11 ne sait pas toujours qu’tï ne //cul pas ne pas simuler, que su complaisance est forcée , qu elle est due à un affaiblissement de sa volonté ou de son pouvoir de résistance. La plupart cependant finissent par se rendre compte de cette impuissance; ils sentent qu’ils sont influencés, ils ont conscience d’avoir dormi, même alors qu’ils ont conservé le souvenir au réveil.
Dans les degrés suivants dont nous allons maintenant parler, l'influence hypnotique n’est plus douteuse, car
DECHUS D’HYPNOTISME
il y a amnésie au réveil; cette amnésie est tantôt complète, tantôt plus ou moins complète.
Le sujet peut se rappeler imparfaitement; il sait qu’il a entendu parler, mais ne sait pas ce qui a été dit; il sc souvient de certaines choses; d’autres faits de sa vie hypnotique sont éteints pour lui. Nous appelons somnambulisme 1 ces degrés d’influence hypnotique dans lesquels le souvenir est effacé au réveil; chez certains, le somnambulisme n’existe que pendant certains moments île l’hypnose. Ici le sommeil est manifeste, si on^ appelle sommeil un état du cerveau tel qu’il laisse après lui l’amnésie de tout ce qui s’y est passé. C’est dans cette catégorie, dans cet état somnambulique qu’on trouve, je le répète, les sujets hallucinables, analgésiques, suggestibles à tous les actes; la suggestibilité arrive à son degré culminant. Toutefois, dans cet état aussi, il y a des variantes nombreuses.
Septième degré. — Je considère comme appartenant à ce degré les cas dans lesquels il y a amnésie au réveil, mais absence d' hallucinabilité. Presque tous les sujets somnambules à ce degré, sont susceptibles des phénomènes provoqués dans les degrés précédents : catalepsie, contracture, mouvements automatiques, obéissance automatique. Cependant l’un ou l’autre de ces phénomènes peut manquer. Quelquefois, mais cela est exceptionnel, comme nous l'avons dit, tous font défaut : l’amnésie au réveil seule existe comme symptôme caracté-
* Je conserve dans cette nouvelle édition cette définition du mot somnambulisme, comme elle se trouve dans les précédentes. 11 me semble toutefois plus rationnel de définir le somnambulisme par rhallucinabilité que par l’amnésie au réveil. Dans mon nouveau livre Hypnotisme, Suggestion cl Psychothérapie, j’expose les motifs (| ii i me font adopler cette nouvelle définition.
CLASSIFICATION DK L AUTEUR
ristiquo du somnambulisme. Les yeux peuvent être ouverts ou fermés, dans cet état, comme dans les suivants.
Huit inné degré. — Il y a amnésie au réveil, avec la plupart des phénomènes observés dans les degrés précédents; il y a de plus hallucinabilitè pendant le sommeil; mais on ne peut suggérer des hallucinations pour le réveil.
Neuvième degré. — Amnésie au réveil avec jiossihilité de réaliser des hallucinations hypnotiques et posthypnotiques.
Ajoutons encore que ces hallucinations sont plus ou moins complètes, plus ou moins nettes, qu’elles peuvent réussir pour certains sens, par exemple 1 olfactil et l’auditif, et non pour d’autres, par exemple le visuel. Chez beaucoup, toutes les hallucinations les plus complexes sont réalisées avec perfection. Ici encore «les degrés nombreux peuvent être établis, en rapport avec la puissance de représentation mentale de chaque sujet «pii évoque les images avec plus ou moins de netteté et d’éclat.
L’anesthésie ou l'analgésie suggestive plus ou moins complète peut se rencontrer à tous les degrés de l’hypnose : elle est en général plus fréquente et plus accentuée chez les sujets des derniers degrés, ceux du somnambulisme profond qui sont très hallucinables.
En exposant les laits de cette manière, je crois être plus près de la vérité. L’hypnotisme se traduit chez h-s différents sujets par des inlluences variables : simple engourdissement ou sensations diverses provoquées, de
ii’iiyi'not ismk
chaleur, de picotement, ou autres; c'est l'influence la plus légère. Plus accusée, la suggestibilité atteint la motilité, développe l'attitude cataleptique, l'impuissance motrice, la contracture, les mouvements automatiques. Plus accusée encore, elle affecte la volonté et produit l'obéissance automatique. Toutes ces facultés, motilité, volonté, et même la sensibilité, peuvent être atteintes par la suggestion avec ou sans sommeil, alors même que celle-ci est impuissante à réaliser le sommeil. A un degré plus intense, la suggestion produit le sommeil ou l’illusion du sommeil; le sujet, convaincu qu'il dort, ne se rappellera plus rien au réveil. Alors, en général, la suggestibilité plus développée atteint les sphères sensorielles et sensitives, la mémoire et l’imagination; les sensations peuvent être faussées, neutralisées, créées; l’imagination peut évoquer les images mémoratives les plus diverses.
J’insiste encore sur ce fait : Toutes ou quelques-unes de ces suggestions peuvent être réalisées avec ou sans sommeil; d'autres suggestions peuvent réussir là oii celle du sommeil lui-même reste inefficace. Car le sommeil n’est aussi qu'une suggestion. 11 n’est pas possible chez tous; il n’est pas nécessaire chezlesbons somnambules pour qu’on obtienne les phénomènes les plus divers; on peut les dissocier, pour ainsi dire, d’avec le sommeil. La catalepsie, la paralysie, l’anesthésie, les hallucinations les plus complexes peuvent être réalisées chez beaucoup sans qu’on fasse précéder ces phénomènes du sommeil : la suggestibilité existe à l’état de veille.
Définir l’hypnose par sommeil provoqué, c’est donner à ce mot une signification trop étroite, c'est méconnaître les nombreux phénomènes indépendants du sommeil