NOTRE MÉTHODE D’OBSERVATION
l’imagination ; nous poussons peut-être la suggestion troj) loin ; et peut-être aussi l'imagination du médecin est-elle pour quelque chose dans les résultats thérapeutiques ou les phénomènes psychologiques que nous prétendons obtenir.
Je réponds à cette objection fondamentale, car c’est l’idée directrice de votre étude.
Personne plus que moi ne rend justice aux travaux sortis de l’école de la Salpêtrière : je suis trop l’élève de M. Charcot, je lui dois une trop grande part de mon éducation médicale pour ne pas rendre à ce maître éminent, dont le nom honorera toujours la médecine française, l’hommage qui lui est dû.
Mais je n’accepte pas aveuglément — le maître luimême les accepte-t-il ? — toutes les assertions scientifiques émanant de tous les élèves qui se sont succédé silice champ fécond d’observations, La science progresse lentement, à travers mille difficultés ; de nouveaux faits viennent démentir ou modifier chaque jour les acquisitions qu'on croyait certaines la veille : la vérité vraie est longue à se dégager de la gangue qui l’obscurcit.
Si je n’ai point accepté comme point de départ de mes études le* trois phases de l’hypnotisme hystérique, telles que Charcot les décrit : la léthargie, la catalepsie, le somnambulisme, c’est que je n’ai pu confirmer palmes observations l’existence de ces états divers en tant que phases distinctes.
Comme je l'ai dit à la Société de biologie, la suggestion, c’est-à-dire la pénétration de l'idée du phénomène dans le cerveau du sujet, par la parole, le geste, la vue, l imitation, m’a paru être la clef de tous les phénomènes hypnotiques que j'ai observés. Les phénomènes prétendus physiologiques ou physiques m’ont paru être, en