‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 19 sur 280 · CONTRACTURE SUGGESTIVE · texte numérisé non relu

CONTRACTURE SUGGESTIVE

];i commande. La catalepsie artificielle, comme aussi, je crois, la catalepsie spontanée, me parait être essentiellement d’ordre psychique.

Les phénomènes suivants sont du même ordre :

Je prends, par exemple, un pouce de l’hypnotisé, je l’applique sur son nez ; je mets le pouce de l'autre main contre le petit doigt de la première, de manière à ligurer le pied de nez; l’hypnotisé la maintient et sa physionomie reste impassible. Si je lui dis: * Le pouce est colle, vous ne pouvez l’enlever du nez, le petit doigt est collé contre l’autre pouce. Faites tout votre possible pour les décoller; vous n’arriverez pas»; si je lui dis cela, il s’épuise en efforts infructueux, le pouce reste incrusté sur le nez, le nez le suit partout et ne peut s en détacher, Cette expérience réussit chez la plupart «les sujets arrivés au second et au troisième degré «lu sommeil.

Je lui ferme une main et je dis : « \ « ms ne pouvez [«lus l’ouvrir. » Elle reste contracturée, quelquefois à tel point qu’on ne peut plus l’ouvrir. Plus on insiste, plus on accentue l'injonction : « Votre main est fermée, personne ne peut plus l’ouvrir », plus le sujet la contracte avec force en flexion et résiste aux efforts faits pour 1 ouvrir.

Si, au contraire, je l’ouvre et que je la maintienne ouverte pendant quelques instants, si le sujet comprend que cet acte veut dire <|ue la main doit rester ouverte, il la contracte spontanément en extension et résisteaux efforts faits pour la fermer. On peut tétaniser les muscles «le la mâchoire, produire le trismus, maintenir les mâchoires écartées, on peut faire un torticolis, un opisthotonos, un pleurosthotonos. Que les yeux soient ouverts ou fermés, que l’on fasse ou non des frictions sur les muscles à contracter, le phénomène se produit par

SUGGESTION , 3e ÉDIT. 3

MOU VEM ENTS AUTOM AT I Q U ES

Je seul elFet de lu suggestion, c’est-à-dire de l’idée du phénomène introduite par la parole ou un geste compris dans le cerveau de l’individu.

Je n’ai jamais réussi, dans l’hypnotisme obtenu par ce procédé, à provoquer par la pression exercée sur un nerf, sans rien dire au sujet ni devant le sujet, la contraction des muscles innervés par ce nerf, par exemple la griire cubitale ou radiale, la contorsion de la face, etc.

La production des mouvements automatiques semble exiger un degré d'hypnotisation plus profonde que celle de la catalepsie simple. Clic/, beaucoup, cependant, on arrive à les produire, soit à la première se'ance, soit à l’une des suivantes. On lève les deux bras horizontalement, on les tourne l’un autour de l’autre ; le sujet continue à les tourner spontanément, ou après injonction ; les uns tournent lentement avec une certaine hésitation trahissant un effort infructueux pour les arrêter; les autres dormeurs plus profonds, tournent vite, régulièrement, automatiquement. Je dis: t Faites tous vos efforts pour les arrêter. » — Les uns ne peuvent faire aucun effort, les autres s’escriment inutilement, rapprochant les mains, les frottant l’une contre l’autre, incapables d’enrayer cemouvement perpétuel irrésistible, supérieur ace qui leur reste de volonté ou de force de résistance. Si j’arrête une des mains, l’autre peut continuer à tourner seule ; si alors je lâche de nouveau la main arrêtée, ou bien elle reste en place, le sujet croyant que mon intention est de l’arrêter, ou bien chez d’autres la main retourne comme un ressort à côté de sa congénère et se remet à tourner de plus belle. On peut provoquer de même, mais bien plus rarement, le mouvement automatique des jambes.

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