CHAPITRE PREMIER
Procédé d’hypnotisation. — Sommeil et influence hypnotique. Impressionnabilité variable des sujets. — Classification îles divers degrés du sommeil d'après M. Liébeault : 1* engourdissement; 2° catalepsie suggestive; V automatisme rotatoire; 4° relation auditive du sujet avec l’opérateur seul ; 5* somnambulisme léger; 6* somnambulisme profond. — Classification de l’auteur : A- Avec souvenir au réveil : 1° suggestibilité pour certains actes seuls; 2" impossibilité d'ouvrir les yeux; 3" catalepsie suggestive avec possibilité de la rompre; » ” catalepsie irrésistible; 5" contracture suggestive; 6° obéissance automatique. li. Sans souvenir au réveil ou somnambulisme : 1° sans liallucinabilité; 8" avec ballucinabilité pendant le sommeil ; tr avec liallucinabilité hypnotique et post-hvpnotique. — Variantes. — Suggestion sans sommeil. — Définition de l'hypnotisme. — De la fascination. — Du réveil. — Proportion des sujets hypnotisables.
Voici comment je procède pour obtenir 1 élut hypnotique.
Je commence par dire au malade, que je crois devoir avec utilité soumettre à la thérapeutique suggestive, qu’il est possible de le guérir ou de le soulager par l'hypnotisme; qu'il ne s'agit d'aucune pratique nuisible
SlÜGESTlO.N. .T ÉDIT.
NiOCKDK D'HYPNOTISATION
ou extraordinaire; que c’est un simple sommeil ou engourdissement qu’on peut provoquer chez tout le monde, que cet état calme, bienfaisant, rétablit l’équilibre du système nerveux, etc. ; au besoin, j’hypnotise devant lui un ou deux sujets pour lui montrer que cet état n’a rien de pénible, ne s’accompagne d’aucune expérience; et quand j’ai éloigné ainsi de son esprit la préoccupation que fait naître l’idée du magnétisme et la crainte un peu mystique qui est attachée à cet inconnu, surtout quand il a vu tics malades guéris ou améliorés par cette pratique, il est confiant et se livre. Alors je lui dis : « Regardez-moi bien et ne songez qu’à dormir. Vous allez sentir une lourdeur dans les paupières, une fatigue dans vos yeux ; ils clignotent, ils vont se mouiller ; la vue devient confuse; ils se ferment. * Quelques sujets ferment les yeux et dorment immédiatement. Chez d’autres, je répète, j’accentue davantage, j’ajoute le geste; peu importe la nature du geste, je place deux doigts île la main droite devant les yeux de la personne et je l’invite à les lixer; ou bien avec les deux mains je passe plusieurs fois de haut en bas devant ses yeux : ou bien encore je l’engage à fixer les miens et je tâche en même temps de concentrer toute son attention sur l’idée du sommeil. Je dis : « Vos paupières se ferment, vous ne pouvez plus les ouvrir. Vous éprouvez une lourdeur dans les bras, dans les jambes; vous ne sentez plus rien; vos mains restent immobiles, vous ne voyez plus rien ; le sommeil vient, * et j’ajoute d’un ton un peu impérieux : « Dormez. » Souvent ce mot emporte la balance; les yeux se ferment; le malade dort ou du moins est influencé.
J'emploie le mot dormir pour essayer d’obtenir chez lessujets une intluencc suggestive aussi profonde que possible, avec sommeil, s’il est possible. Mais le sommeil