‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 202 sur 280 · EFFICACITÉ DES SUGGESTIONS · texte numérisé non relu

EFFICACITÉ DES SUGGESTIONS

«lu nez avec son doigt qu'après une série d'oscillations. Sensibilité à la douleur et au contact diminué dans le côté droit, surtout dans le membre inférieur où il ne reste que quelques points «le sensibilité normale à la racine de la cuisse, au côté interne de la rotule et sur la face externe de l'articulation tibia-tarsienne; quelques plaques d'anesthésie très limitée dans la jambe gauche. L’audition est notablement diminuée à gauche; le malade entend le tic tac d'une montre, à droite, à 90 centimètres; à gauche, à 2 centimètres a peine. I.es autres fonctions -ont normales.

En résumé, symptômes de commotion du cerveau, d> • compression médullaire par fracture du rachis; symptômes articulaires par diathèse rhumatismal ■.

En janvier 1883. même état à peu prés. Douleurs de reins et de la jambe droite. De plus, se plaint, depuis 7 heures «lu matin, de douleurs dans la région précordiale ; il a eu des étourdissements qui disparaissent ce matin spontanément.

Le malade «■■-t hypnotise . il est 1res suggestible isomnambulisme). Au réveil, la douleur précordiaU avait disparu, les douleurs de la jambe oui beaucoup diminué. Ces douleurs reviennent dans la nuit, mais bien moins intenses.

Le il, nouvelle suggestion; va bien dans la journée.

Le t>. se plaint de nouveau, depuis la nuit, de douleurs dans le genou. le mollet droit et le rebord costal droit; elles disparaissent à peu près complètement par suggestion.

Le 7, a 4 heures du soir, le malade a une attaque caractérisée par un léger tremblement, sans convulsion, sans écume, occlusion .les paupière^, strabisme inférieur, flaccidité des membres supérieurs, légère raideur des membres inférieurs, vision obscure (ne peut compter le nombre des doigts! ; il peut fermer la main, mais ne peut serrer avec elle. Conservation de l'intelligence. Constriction douloureuse •i 1 épigastre qui disparaît a 1 1 heures du soir avec sensati"n *lr coups île lancette dans la même région «pii ne disparaissent qu a 3 heures du matin.

Le 8, l'accès a disparu. Ne se plaint que d'une douleur «lans le rebord costal droit et de picotements dans le genou.

Il serre bien avec les deux mains. La journée est bonne.

!ers 7 heures du soir, douleur à la région précordiale

OBSERVATION

(comme des coups de lancette) durant deux heures et demie; elle a diminué aujourd’hui. En même temps, une douleur à la partie supérieure et interne du tibia au-dessous de la rotule existant depuis 4 heures de l’après-midi disparait quand la douleur précordiale apparait. Douleur à la région lombaire au niveau de la gibbosité.

Le 9, au matin, la douleur précordiale a disparu; la douleur lombaire persiste ainsi qu'une douleur au rebord costal droit et dans le genou (ces dernières, depuis 4 heures du matin). Il se sent faible sur les jambes, ne peut pas se tenir du tout sur le pied droit et à peine sur le pied gauche.

Apres hypnotisme , les douleurs disparaissent et le malade marche bien , mais la douleur lombaire revient au bout d’une heure.

Le 10, il accuse une douleur à la partie interne du genou droit qui. revenue hier soir, l'empêche de dormir toute la nuit. Enlevée de nouveau par suggestion, elle réparait dans la journée.

Le 12, il a bien dormi après suggestion. A 2 heures du matin, les coups de lancette dans le genou et le mollet l'ont réveillé, et il se plaint le malin d’étourdissements dans la tête. Après suggestion, il n’éprouve plus dans la journée que de faibles élancements dans le genou; les douleurs reparaissent dans le genou et le cou-de-pied.

Je ne poursuivrai pas jour par jour cette histoire. Cela se continue ainsi h peu près jusque vers le commencement de mars. Les douleurs du membre inférieur gauche, du genou, des mollets, quelquefois du coup-de-pied, les douleurs de la région lombaire chaque fois enlevées ou notablement amendées par la suggestion reparaissent après quelques heures ou dans la nuit.

Cependant le malade devient de plus en plus sensible à la suggestion. Il dort indéfiniment, si on lui donne l'ordre de ne passe réveiller. Un jour, nous l'avons laissé dormir quinze heures de suite. Il réalise toutes les hallucinations, soit à l'état de sommeil, soit à l’état de veille; on peut le rendre parfaitement analgésique par simple affirmation.

Cette suggestibilité étant ainsi développée vers la fin de février, les douleurs reviennent plus rares après la suggestion, elles disparaissent par simple affirmai ion et altouche-

HÉMIANESTHÉSIE OltGANI <JU K

ment du membre sans hypnotisation; la moindre velléité de retour de douleur est immédiatement réprimée; et, dans les premiers jours de mars, le malade reste huit jours et plus sans ne plus rien sentir ni dans les reins, ni dans le genou; il marche bien, peut même courir et aide à faire le service dans la salle.

Le 13 avril, il a dans l’après-midi, de 1 à 3 heures, une série de grandes attaques épileptiformes.

Le 17, malgré la suggestion quotidienne, il en a une nouvelle série à la même heure. Ces attaques sont précédées de prodromes; le malade sent dès le matin qu’il va avoir une attaque.

Le 21, au matin, il ressent une douleur de tête, de la céphalalgie, de l'obnubilation visuelle, il sent de petites secousses dans les membres; ce sont les symptômes prémonitoires de l'attaque. Je l' hypnotise a 10 heures du matin et je lui suggère de dormir tranquillement jusqu’à 3 heures et demie du soir sans la moindre convulsion. Il se réveille, en effet, à l'heure indiquée, à 2 heures, pendant son sommeil. il éprouve quelques secousses assez vives dans les bras et dans les jambes, se découvre dans son lit : le tout dure une seconde; mais l'accès ne vient pas; il a avorté.

Depuis ce jour, il n'a plus eu ni attaques, ni secousses quelconques pouvant faire craindre leur retour. Nous le conservons encore toute l’année au service; il travaille à 1 hôpital; il ne se plaint plus de rien; de temps en temps, quelque douleur dans les reins à la suite d’un effort est immédiatement abolie par la suggestion. I n jour, mon chef de clinique lui extrait cinq racines dentaires torturant les alvéoles, avec le davier et le pied-de-biche; cela dura bien vingt minutes ; je lui affirmai, avant l’opération, qu'il ne ressentirait rien et qu’il rirait. Il ne manifesta aucune souffrance pendant l’opération et cracha son sang en riant. J’ajoute qu il n était nullement analgésique dans son état normal.

J'ai revu encore Sch... cet hiver (1883 ; il est venu à l'hôpital se faire enlever une nouvelle douleur de jambes: il a pu continuer son travail, se porte très bien et n'a plus eu de crises épileptiformes.

On peut se demander si l’épilepsie traumatique chez

DHSKRVATION

ce malade, sans la suggestion, serait devenue j »e^i-sistante. Dans ces cas d’épilepsie ancienne assimilée pour ainsi dire par le système nerveux. la guérison est le plus souvent impossible.

J’ai essayé la suggestion hypnotique dans quelques cas d’épilepsie idiopathique déjà ancienne et je n’ai pas réussi à diminuer le nombre et la fréquence des accès d'une façon bien évidente. Dans deux cas, j’ai cru avoir des résultats momentanés; les attaques paraissaient devenir plus rares; mais, malgré la continuation de la suggestion, le résultat ne s’est pas confirmé.

Observation V. — Hémiplégie avec hémianesthésie organique.

— Insuccès par l'aimant sans suggestion. — Guérison par

l’aimant avec suggestion sans sommeil.

H... (Jean), soixante-deux ans, mineur à Maxeville, est entré au service le o juillet, atteint depuis la veille d’une hémiplégie gauche flasque avec hémianesthésie gauche ; l'attaque avait été précédée de prodromes. Il s'agit d’une embolie de l’artère opto-striée, avec foyer de ramollissement dans la capside blanche interne ou dans son voisinage. L'hémianesthésie est complète au membre supérieur; au tronc, à la face et au membre supérieur, c’est une hémianalgésie.

Je n’insiste pas sur les détails de l’observation, inutiles à notre sujet.

Le 11 juillet, l’analgésie avec anesthésie restait complète sur le membre supérieur, ainsi que l’abolition du sens musculaire; la sensibilité était un peu revenue sur le membre inférieur, mais très obtuse; celui-ci n’exécute encore que de légers mouvements; quelques légers mouvements aussi dans l’avant-bras et la main.

Un aimant est appliqué sur la face dorsale de la main et du poignet, il est laissé en permanence pendant trois jours, les II, 12 et 13 juillet.

L’anesthésie et la paralysie restent les mêmes.

Les jours suivants, le malade a une névralgie sus-orbitaire qui est combattue par le sulfate de quinine et qui ne cède

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