H)8 SYMPTOMES HYSTÉRIQUES
La douleur ne revient plus. Le 6 août, elle accuse des maux de tète frontaux. Ils sont enlevés par suggestion, mais reparaissent dans la journée.
Le 7 août, après suggestion, elle est définitivement débarrassée; elle reste encore sans le moindre trouble jusqu’au 14 août et rentre chez elle guérie.
Observation XIX. — Symptômes hystériques depuis cinq mois:
crises de pleurs avec convulsions. — Douleurs, inappétence ,
tristesse. — Guérison complète par deux suggestions.
Jeanne 0..., âgée de vingt-sept ans, cigarière, mariée, vient à l’hôpital le 7 décembre 1887, pour la sixième fois en deux ans. Elle y a été pour des crises hystériques, de l'embarras gastrique, de l’ictère, etc.
Il y a deux ans, elle aurait été pendant six semaines dans notre service pour de ['anémie avec symptômes de névropathie sans crise.
Actuellement elle serait de nouveau malade depuis le 2 juillet; l’affection aurait commencé par une crise de pleurs qui dura dix minutes à la suite de l'enterrement de sa fille ; puis elle aurait eu pendant deux jours des symptômes dysentéril'ormes, selles sanguinolentes avec ténesme rectal. Elle continua à rester faible, nerveuse, sans appétit, lorsqu'au mois d’août elle fut prise d’un ictère catarrhal sans coliques avec selles décolorées; elle fut traitée au service de M. Parisol. Rentrée chez elle, elle dut travailler toute la journée et veiller sa mère malade. Elle eut toutes sortes de contrariétés. Abandonnée par son mari, elle dut vendre son ménage. Pendant qu’elle nous raconte péniblement et, sans souvenirs précis, sa triste histoire, la malheureuse dont l’aspect anémique et souffreteux en dit plus que ses paroles, est prise d'une crise de larmes avec mouvements convulsifs, respiration haletante, soif ardente; elle demande à boire.
Je profite d’un moment de répit pour endormir la malade.
La simple occlusion des yeux et la parole : « Dormez, » suffisent. La malade tombe en somnambulisme ; elle se voit à la manufacture de tabac. Je lui suggère la gaité ; elle rit, chante, boit du vin fictif; à son réveil elle se trouve très
bien et a souvenir d'avoir rêvé qu'elle était à la manufacture, qu'elle a bu et chanté.
Dans la journée elle est bien ; le soir elle se plaint de douleurs dorsale et épigastrique qui l'empêchent de dormir la nuit.
Le 9 décembre, la malade est assez bien. Elle est pâle, anémique, maigre; souille carotidien. On ne constate aucune lésion organique: bruits du cœur réguliers, respiration normale. La sensibilité est normale partout. Douleur vive rachidienne à lu pression de la deuxième d la septième dorsale. Douleur vive aussi au nireuu des deuxième, troisième et quatrième i spores intercostaux gauches. Douleur à ['épigastre ; les fusses iliaques ne sont pas sensibles; île plus sensation générale de froid. Suggestion.
10. — A été bien hier après la suggestion; elle a bien dormi, mangé avec appétit, et n'a ressenti aueune douleur. Suggestion.
11. — A continué à bien aller. Appétit, sommeil; aucune douleur.
1 ;t. — A été très bien hier. Dans l'après-midi, elle a eu une crise sur laquelle elle ne peut donner de renseignements à la suite d'une altercation avec sa belle-sœur. Elle n'a d'ailleurs plus de douleurs; mais se sent encore faible.
14. — Va bien et se sent plus forte. La malade continue à bien aller, ne se plaint plus, a bon appétit; elle reste encore au service jusqu'au Ier janvier; depuis, je l’ai rencontrée plusieurs fois en ville, allant à son travail.
Les manifestations hystériques ont cédé rapidement à la suggestion. Au milieu d'une scène de pleurs convulsives, le tableau a été brusquement changé el un rêve gai s'est substitué a la tristesse noire.
J'ai réussi cinq ou six fois à arrêter île grandes crises d’hystérie dans leur plein, par la suggestion. Une fois, je me trouvai au poste de police où l’on venait de transporter un jeune homme tombé d’une attaque dans la rue. Il était là depuis plus d une demi-heure, les veux clos, les mâchoires serrées, le- quatre membres con-