HYSTÉRIE MASCULINE
Depuis février jusqu’à Pâques, je suis paralysé de corps et d’esprit, ne pouvant m'occuper de rien et comme au printemps précédent j'ai quelques crises légères au mois d’avril.
De mai jusqu’en novembre, je vais île nouveau très bien.
Cela se gâte en décembre et vers la lin de ce mois, crises violentes, malaise continu; les crises se continuent en janvier 1887. »
C’est alors que je fus appelé à voir le malade.
J'essayai de Y hypnotiser en présence de mon collègue M. Herrgott; le malade arrive facilement au second degré. Après suggestion, pendant dix minutes, il se (route enbn> ne ressent plus de malaise. Je continue les suggestions tous I s jours pendant le mois de février; pendant une huitaine do jours, il n’a plus de grande crise, mais reste toujours impressionnable. avec une sensation de serrement à la gorge. Puis les crises réapparaissent; la suggestion n'a qu’un « * I Ve t passager. Le malade est irrité par son entourage; le moindre mot l’énerve et l’agite.
Je juge utile de le soustraire à l'influence du milieu et de V isoler ; je le fais entrer au pensionnat de l’hôpital, où il couche et prend ses repas, restant libre d'ailleurs toute la journée de se promener, mais avec défense de rentrer chez lui. Depuis son entrée à l’hôpital, il n’a plus de crises; la lourdeur des doigts, le malaise disparaissent graduellement; il devient susceptible d’application, sans pouvoir cependant reprendre son travail.
Dans les premiers jours d’avril je b' trouve assez bien pour 1 autorisera rentrer chez lui. 11 revient tous les jours se faire hypnotiser. Le mois d avril est bon; la guérison semble se consolider.
Mais en mai le malaise réparait peu intense: il accuse de la lourdeur dans les doigts, de l'obnubilation dans les idées; cela se dissipe momentanément par la suggestion. Vers le milieu du mois il est pris d'une crise violente, pendant une promenade dans les bois. Quelques jours après, on m'appela pour une nouvelle crise avec strangulation, cris épouvantables ; il <e roule a terre sans pouvoir se relever; la ligure se tord exprimant l'angoisse; cela dure une heure.
J engage ses parents a le réintégrer au pensionnat de
OBSERVATION
l’hôpital; il y reste pendant les mois de juin, juillet et août.
■le Y hypnotise Ions les jours; il arrive au troisième degré; je le laisse dormir pendant une demi-heure chaque jour, lui suggérant le calme et la guérison.
Trois jours après sa rentrée à l'hôpital, tous les malaises, engourdissement, obnubilation serrement de gorge, avaient totalement disparu. 11 n’a plus eu depuis le plus léger trouble. « Pendant tout le courant du mois de juin, dit-il, je puis m’occuper à ce que je veux; à partir du mois de juillet, je puis même m’adonner à un travail intellectuel très soutenu, sans fatigue, ce qui ne m'était jamais arrivé depuis le commencement de ma maladie, même dans les meilleurs moments.»
Actuellement, 20 octobre, Léon 11... a quitté l’hôpital, et se sent plus sain de corps et d'esprit qu’il ne l’avait jamais été. La guérison se maintiendra-t-elle? — Quelques mois plus tard, le malade eut une rechute avec aliénation mentale hystérique que la suggestion n'a pu prévenir.
Observation XXVII. — Aphonie hystérique datant de deux mois. — Guérison rapide par suggestion hypnotique.
Mmo C. L..., âgée de trente ans, est hystérique depuis une douzaine d'années. Elle a souvent des accès de sommeil hystérique, durant de une demi-heure à deux heures et plus, quelquefois plusieurs par jour; elle a rarement des attaques convulsives: mais strangulation, sensation de boule, ovarialgie gauche, hémianesthésie gauche, rien n'y manque. C'est une jeune femme pôle, lymphatique, intelligente, sans exaltation. Tous les traitements divers, bromure, hydrothérapie, ont été essayés sans grand succès. Après avoir habité Nancy pendant quelques années, la jeune femme est allée habiter Strasbourg. Je l’avais perdue de vue depuis quelques années, quand, en janvier 1884, je rencontre son mari : il m'apprend que mon ancienne cliente est atteinte depuis deux mois d’une aphonie complète qui a été réfractaire a toutes les médications. Je l'engage à me 1 envoyer à Nancy, ou je pense pouvoir la guérir par suggestion hypnotique.
Elle arrive vers le lo janvier 1884. Elle a une extinction de voix complète, sans douleur, ni spasme. L hémianesthésie gauche sensitive, non sensorielle, existe. La santé