APHONIE HYSTERIQUE
générale est assez bonne; les crises île sommeil hystérique sont assez fréquentes, plusieurs par semaine.
j’essaie eu vain de la faire parler; elle ne peut articuler. J'électrise eu vain la partie extérieure du larynx, en affirmant que la voix va revenir, rien, l’essaie alors de l’hypnotiser; mais elle est impressionnée, a des spasmes, de l’angoisse nerveuse : je crains une crise; je suspends. Le lendemain j’essaie de nouveau, avec douceur, en lui suggérant qu’elle n’a aucune angoisse et quelle est calme, qu’elle respire bien. K lie s’endort en sommeil profond, sans souvenir au réveil. Mais pendant son sommeil, elle ressent du malaise, une sensation de pesanteur épigastrique et thoracique; puis elle ne répond plus aux questions; la catalepsie suggestive n’existe plus; elle n’est plus en rapport avec moi. C.e n’est pflis le sommeil hypnotique, c’est une crise de sommeil livstérique. Je ne parviens pas a la réveiller. Au bout d’une demi-heure, elle se reveille spontanément.
Le troisième jour, je l’hypnotise facilement; elle tombe en somnambulisme; je calme l’angoisse par suggestion, et la crise de la veille ne se reproduit pas. Je suggère la disparition de l’hémianesthésie et de l’aphonie. Au réveil, la première a complètement disparu, l’aphonie persiste.
Le quatrième jour, hypnotisation facile; somnambulisme. Je cherche a lui donner des idées gaies, à éloigner toute tristesse. Comme elle tend à retomber dans son anxiété, a évoquer sa strangulation laryngée, je lui lais entendre de la musique; elle réalise très bien les hallucinations; et comme elle adore la musique, sa figure s’épanouit; elle suit du geste, de la main et du pied; et grâce à cette diversion musicule , l'un.rirlê, précurseur d'uw crise , disparuli. Alors, profilant de celle détente, je lui dis : « Vous savez, vous allez être guérie bientôt, dans quelques jours. Votre voix va revenir. Et tenez, vous allez savoir quel jour vous serez guérie, vous pourrez parler; c’est bientôt. Dans combien de jours? >• Elle me dit ; « Dans huit jours. » — « C’est bien, dis-je, dans huit jours, ce sera jeudi prochain. » — « Oui, dit-elle, jeudi prochain. » — « Alors, c’est entendu, jeudi prochain, quand je vous aurai endormie, à votre réveil, vous parlerez. » — a Oui, dit-elle. » A son réveil, elle ne se souvient de rien.
Je continue à l’endormir tous les jours; c’est unesomnam-
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lmle parfaite; les hallucinations post-hypnotiques réussissent très bien chez elle. Quand l’anxiété veut se manifester pendant son sommeil, je réussis toujours à la dissiper par diversion musicale. A chaque séance, je lui fais répéter qu’elle parlera jeudi prochain.
Le jeudi arrive. Elle n’a aucune prévision qu’elle doit parler; j'essaie en vain de la faire parler avant la séance; rien. Elle se plaint d’une sensation de constriction laryngée. « Je crois que cela va plus mal », dit-elle. Je l’endors : elle promet qu’elle parlera. Au réveil, elle sent une vive angoisse laryngée; je crains qu’elle n’ait une crise nerveuse ; je la rendors une seconde fois et lui suggère que le spasme se dissipe, qu’elle n’a plus aucun malaise et qu’elle parlera sans aucune difficulté. Au réveil, elle dit d’abord d’une voix faible : « Je crois que je puis parler. » Je lui fais prononcer son nom à haute voix; elle le prononce, essayant, n’osant pas, comme une personne qui, après un long séjour au lit, essaie de marcher pour la première fois et n’ose pas s’aventurer. Mais la voix est revenue claire, limpide; le soir, elle parle comme avant l’aphonie et celle-ci ne s’est pas reproduite.
Je veux essayer du même procédé pour la guérir de ses crises hystériques. Je la rendors les jours suivants et je suggère qu’elle sera bientôt débarrassée de ses crises ; je l’amène à me fixer une date. Elle me dit que les crises vont continuer pendant quelques jours, mais que, après son retour à Strasbourg, quelque temps après son époque menstruelle, elles disparaitront. Je lui suggère de rêver pendant trois nuits de suite que ses crises vont disparaitre, comme elle vient de me le dire : ces rêves ont, en effet, lieu.
La malade retourne à Strasbourg. Pendant une quinzaine de jours, elle a encore des crises nerveuses ; puis, au bout de ce temps, elles disparaissent à peu près totalement Voici ce qu’elle m’écrit le 13 janvier 1880 : « J’ai en une pleurésie qui m’a tenue pendant deux mois. Quant aux crises, j’en ai très rarement. Même pendant ma maladie, aux moments où je souffrais le plus, je n’en ai presque pas eu. Mais ce que j’ai de nouveau depuis six semaines et ce qui résiste à tous les traitements, c’est une extinction de voix semblable à celle que j'ai eue au moment ou vous m’avez traitée par l’hypnotisme. Elle m'est venue pendant la con-
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valescence, à la suite d'un spasme à la gorge qui m'a empêché d’avaler quoi que ce soit. Le D' L... m'électrise depuis une quinzaine de jours. Si, d'ici à quelque temps, je ne vois pas d’amélioration, j'irai vous voir a Nancy, si vous le jugez utile. »
Obsrrvation XXVIII. — Aphonie datant de huit jour > clin une dame nerveuse. — Guérison immédiate par suggestion hypnotique.
M,neO.. . âgée de cinquante-cinq ans, habituellement bien portante, a, tous les ans, dit- elle, en hiver, un enrouement qui dure six semaines. Actuellement, 23 janvier t SS7 . elle a cet enrouement complet depuis huit jour', sans toux ni expectoration ; elle a une glande au-dessous de l’oreille droite avec douleur au côté droit du cou, depuis quinze jours à trois semaines.
M,nt U... n'a jamais eu de vraie crise de nerfs ; mais elle a eu assez souvent, toutes les six semaines ou deux mois en moyenne, ce qu’elle appelle de- crispations , avec douleur de poitrine, sensation de boule, étouffement , malaise dans les membres ; jamais de perte de connaissance ; cela dure quelquefois trois ou quatre heures. M"‘ U... a huit enfants, tous nerveux ; une fille est sujette à des crises d'hystérie; elle est très hypnotisable en sommeil profond, et j'ai deux fois réussi à l’hvpnotiser en pleine crise et à dissiper ■ l'accès, sans qu'au réveil elle se rappelât que j’aie été là.
Un autre de ses petits garçons a eu des crises nerveuses d'apparence syncopale dont je l'ai débarrassé par suggestion hypnotique; il était aussi susceptible d'être mis en sommeil profond.
Je pensai donc que la mère était suggestible et que son aphonie était sinon d'origine nerveuse, au moins aggravée et entretenue par la diathèse nerveuse.
Je l'endors ; en quelques secondes elle est en somnambulisme. Je lui suggère la disparition totale de l’aphonie; je la fais parler à haute voix. Au bout de quelques minutes, je la réveille. A son grand étonnement, sa voix est revenue: elle est restée guérie de son aphonie.
OIISF.lt YATION
AFFECT F O N S Ni') Vit O PA TIIIQUES
Obseii v atio.n XXIX. — Symptômes lnjstérif ormes. — Sensation de vide dans la tête et bourdonnements d’oreille, inertie morale. — Disparition presque totale, rapide de ces symptômes, par suggestion hypnotique.
S. N..., vingt et un ans, employé de commerce à Paris, vint me voir le 12 avril I88G.
Le 2 janvier, dit-il, l’aU'cction commença ; il se trouvait à Paris, un peu triste et ennuyé d’avoir quitté la place qu’il occupait, depuis trois semaines. A neul' heures et demie du soir, il eut une sensation de frisson, dit-il, dans tout le thorax et à la tête au-dessus de l’œil gauche, cela dura cinq minutes. Déjà couché dans son lit, il se leva et passa la nuit dans son fauteuil à grelotter et à trembler. Le lendemain, il garda la chambre, se purgea : au bout de cinq à six jours, son malaise avait à peu près disparu. Vers le 8 janvier, dans la nuit, il eut une crise violente avec convulsions, inconscience, délire, agitation; le médecin resta cinq heures avec lui; la crise dura jusqu’à six heures du matin (crise hystérique).
Quelques jours après, il était de nouveau bien; mais huit jours après la précédente crise, une nouvelle crise survint^ qui dura trois à quatre heures. Il revint dans sa famille à Chatenois (Vosges), puis consulta un médecin à Nancy, qui prescrivit des bains; le second amena une syncope (?) qui dura un quart d’heure. Depuis, il n’a pas eu de nouvelles crises. Mais, vers le commencement de février, il fut en proie à une agitation nocturne qui dura trois semaines, il lui fut impossible de rester couché; il dut se relever et rester levé sans sommeil toutes les nuits. Ace moment, il accusait dans la tête une sensation de lourdeur survenant par accès durant. un quart d’heure, cinq à six fois par jour. Cette lourdeur se dissipa au bout de quinze jours et lit place à une