NÉVROPATHIE
sensation de vide dans la tête qui persista depuis avec ténacité. Depuis ce moment aussi, il accuse un bourdonnement continu dans l’oreille droite; ce bourdonnement a existé aussi dans l’oreille gauche, mais l’a quittée au bout de quelques jours. Enfin, il a fréquemment, depuis six semaines, une sensation de constriction à la gorge qui, très intense et presque continue pendant quinze jours, 1 a empêché de manger.
C’est un garçon bien constitué, bien que lymphatique; il est habituellement triste et morose. Nous ne découvrons aucun antécédent dans sa famille. Le 12 avril, a ma consultation, il accuse deux phénomènes principaux : une sensation continue de vide dans la tête qu il localise surtout aux deux légions temporales, et un bourdonnement persistant dans l'oreille droite. Depuis deux mois, il ne lit plus, n'écrit plus, se sent incapable de travailler, na de goût pour rien, ne veut pas se promener; il reste la tête appuyée sur ses mains, se plaignant toujours; il craint que son cerveau ne soit dérangé : cette idée lixe l’obsede; il est triste et démoralisé. Cependant l'appétit est bon et il dort bien.
Je le mets en somn<niibulisme arec une facilité singulière, par simple affirmation qu’il va dormir. Je suggère la disparition du vide dans la tète et du bourdonnement dans l'oreille, la gai té, la confiance. Au réveil, il sentait la l>'te mieux; mais la sensation de vide persistait encore un peu, le bourdonnement avait disparu. t
CL — Le malade dit que la tète était un peu plus lourde ' hier soir, mais la sensation de vide est revenue. Le bourdonnement. qui avait cessé pendant plusieurs heures, a reparu, mais moins intense 11 dit que sa vue se fatigue tout de suite quand il lit un peu; cependant son acuité visuelle est normale. Je le mets en somnambulism trois fois de suite ; je lui réitère chaque fois la suggestion que tous les phénomènes morbides ont disparu. Les deux premières fois, on le voyait, après chaque réveil, chercher immédiatement, avec ses mains sur la tête, à évoquer ses sensations : « Là, là; c’est toujours le vide; c'est toujours le bourdonnement. » A la troisième suggestion seulement, il convient, au réveil, c /ne le bourdonnement a dispa/u. q ne la tète est plus lourde, c est-a-dire moins vide.
OBSERVATION
14. — Dans la journée d'hier, il n’a presque pas eu de bourdonnement d’oreille, le vide dans la tète était moins fort. Dans la soirée, il a eu des moments de gaité, convenant qu’il allait bien. Depuis ce matin, il accuse de nouveau le vide dans la tète et un léger bourdonnement; de plus, un mal de gorge. Au réveil, il ne sent plus rien après une suggestion vigoureuse et répétée.
la. — Le bourdonnement d’oreille disparu hier n’a reparu que ce matin, à huit heures, très léger; le vide dans la tête est beaucoup moindre. Son parent qui est avec lui me dit qu'il allait réellement mieux, mais qu’il hésite à en convenir, qu’il cherche toujours quelque chose. Nouvelle suggestion, je suggère la gaité, la confiance. Au réveil , il avoue qu'il va bien.
IG. — Le bourdonnement d’oreille n’a pas reparu. X... accuse un peu de vide dans la tète. 11 était hier plus gai, s’est promené avec plus de goût qu’auparavant. Suggestion.
il. — L’amélioration a continué : te bourdonnement d'oreille a définitivement disparu; la sensation dévidé n’est que très légère. Il se sent plus confiant, plus sûr de lui. — La physionomie est plus sereine. Le malade est reparti àChâtenois; il m’écrit à la date du 21 avril qu’il continue à aller bien et qu'il verra après les l’êtes de Pâques s’il est nécessaire de venir encore me voir. 11 n’est pas revenu.
Observation XXX. — Aphonie nerveuse depuis un mois.
Guérison par simple affirmation.
M110 B..., jeune fille de seize ans, domestique, entre dans mon service clinique le 3 mars 1885. Petite, délicate, lymphatique, elle tousse sans expectorer depuis vingt-cinq jours; depuis dix jours, elle a eu des points de côté; de l’inappétence depuis quinze jours; de l’enrouement depuis un mois; l’aphonie est complète depuis trois semaines. Aménorrhée depuis six mois. On constate en avant de la submatité au quatrième espace intercostal droit, et des râles sous-crépitants à partir du troisième; en arrière submatité légère à droite, depuis la fosse sous-épineuse jusqu’en bas, de l’expiration légèrement soufflée dans les deux sommets avec râles