APHONIE NERVEUSE
sous-crépilants lins : d'ailleurs pas de fièvre. Diagnostic : tuberculose pulmonaire il évolution lente.
Le 7. l’état reste le même, l'aphonie persiste complète, l’as de toux ni d’expectoration; le malade n'ayant ni dysphagie ni douleur laryngée spontanée ou provoquée, ni lièvre, la tuberculose étant stationnaire, je me demande si l’aphonie n'est pas nerveuse. Je dis aux élèves que l'aphonie nerveuse cède quelquefois instantanément à l'électrisation qui peut agir par son influence simplement suggestive. J’envoie chercher l'appareil à induction. Avant de m'en servir, je veux essayer la simple suggestion à l'état de veille, l'affirmation. Je dis à la malade : Je vais vous rendre votre voix»; et pendant que j’applique la main sur le larynx et que j imprime quelques mouvements à l'organe, j’ajoute : * Maintenant, vous pouvez parler it haute voix Mites A.» Elle dit d'une voix aphone : A. J’insiste à haute voix : «Vous pouvez parler. Mites : A, A ». Elle prononce d’une voix nette : A; puis IL*' Maintenant, dites : » Marie.» Elle dit : « Marie », et continue à parler très distinctement L'aphonie était bien nerveuse, elle était guérie par simple affirmation.
le dis alors aux élèves : << (>tte malade, si impressionnable par simple allirmation, doit être facilement hypnotisable. » En effet, je lui ferme simplement les yeux et je lui dis : « Vous dormez. » Elle est en sommeil profond; les bras restent en catalepsie suggestive; l’anesthésie suggestive est complète ; on peut lui donner des hallucinations pendant son sommeil; mais les suggestions post-hypnotiques ne réussissent pas. L'aphonie reste définitivement guérie.
L insomnie dont elle se plaignait disparait aussi par suggestion au bout de deux jours. Le 10. la malade se plaint de céphalalgie. Sommeil provoqué et suggestion le matin. La céphalalgie disparait peu a peu dans l’apres-midi.
La malade quitte 1 hôpital le 20 mai, parlant bien, dormant bien, ne se plaignant de rien ; l'inappétence seule a résisté jusqu'à ce jour a la suggestion.
Observation WXI. — Epilepsie : tremblement des mains , insomnie, céphalalgie consécutifs , guéris par suggestion. Augmentation le la forer dynamometrigu .
Alphonse L..., tisserand, Agé de quarante ans, entré le
OHSKIlYATfON
21 octobre 1 8K4. est un épilept i«jue. l’as d'antécédents héréditaires directs. Pendant I Age de six à treize ans, il eut des abcès ganglionnaires suppures dans la région sous-maxillaire A huit heures, première attaque sans aura; quatre ans après, si ses souvenirs sont précis, ce qui est toujours douteux pour les épileptiques, il aurait eu la seconde précédée d’une sensation de feu qui lui traversait la tête, d’un coup sur le crâne, de pesanteur épigastrique, de frayeur, de flexion et d’extension alternatives du pouce. 11 aurait été assez bien portant, sauf de petites attaques, jusqu’à vingt ans. Depuis, les attaques sont plus fréquentes; il y a quatre ans, il se cassa la jambe en tombant. Sa femme raconlequ’il aquelquefois trois ou quatre attaques par semaine. Depuis douze ans, il est resté tout au plus deux mois sans avoir d’attaque; il y a dix-sept jours, il a eu trois attaques dans la journée, après être resté huit jours sans en avoir ; la semaine qui a précédé son entrée à l'hôpital, il a eu trois attaques. Il a souvent, d’ailleurs, trois ou quatre attaques dans la journée avec coma intermédiaire ; il s’est quelquefois mordu la langue, mais n’a jamais d’urine involontaire. Il a eu une attaque le 18 à huit heures du soir, deux dans la journée du lendemain 19, et une dans la soirée; le lendemain, il se trouve trop faible pour aller travailler. Chaque attaque est suivie de tremblements pendant plusieurs jours. De plus, depuis deux ans, il aurait des secousses convulsives presque toutes les nuits. Souvent, avant les attaques ou après, quelquefois à huit jours de distance, il a des divagations et des hallucinations passagères.
On constate une intelligence un peu obtuse, une tempérament lymphatique, la constitution est délicate. Léger tremblement généralisé dans les deux mains, qui existe depuis le 18. Au dynamomètre, la main droite donne 22, la gauche 37.
Le 23, le tremblement continue; il dit avoir eu delà raideur dans les membres supérieurs pendant la journée.
Le 24, même état. Céphalalgie. Hypnotisation ; somnambulisme léger. Suggestion. Au réveil, lu céphalalgie a disparu. La nuit suivante, le malade dort bien. <-c gu il n <ivuit pas fait depuis huit jours. Le tremblement disparaît aussi.
Le 20, nouvelle suggestion ; le malade continue à se trouver mieux; le tremblement qui était très accentué avant la pre-
TROUBLES NERVEUX POST-KNI.EI'TIOUES 447
mière séance, n’a pas reparu; et le malade dort bien toutes les nuits sans secousse.
Le 31, la main' droite donne an dynamomètre 30, et, après vue suggestion hypnotique, 47. La main gauche donne '27 avant et 37 après.
Le l, r novembre, la main droite donne 40 avant et 31 après; la gauche reste a 37.
Le 2, le malade continue à bien aller; il n'a eu ni crise, ni tremblement. La main droite donne 37 avant et 43 après ; la main gauche 3‘J à 40. Le malade reste encore jusqu’au
novembre; il ne se plaint plus de rien et demande son eveat.
Il ne s’agit que de troubles nerveux consécutifs à des attaques d’épilepsie : céphalalgie, tremblement, affaiblissement musculaire, «pie la suggestion hvpmdnpie a amendé?.
Observation WML — Trouilles g ,sh i pi, s nerveux. [tailleur épigastrique. Anesthésie <L s m mlsres. Iiisparition rapide de Tanrsthesic par suggestion ; amélioration passagère des troubles gastriques.
F. G ]uarante-neuf ans, journalière, célibataire, sans
enfants, entre à l'hôpital le 2'.* avril tSH»; elle serait malade depuis trois mois. L'alTectiou aurait commencé par de fortes douleurs à l'épigastre et dans les hvpocondres. Après les repas, elle a une sensation de constriclioii susombilicale et laryngée, qui dure environ une heure, des éructations et des vomissements très fréquents; en dehors «les repas, elle éprouve au>si une sensation de hrôlure épigastrique : elle n'a pas de régurgitations aqueuses; coiir-tipalion habituelle; elle va à. la selle tous le< trois jours seulement. Depuis trois mois, elle a des secousses nerveuses fréquentes, surtout à la suite de colères, avec des fourmillements dans les doigts durant deux minutes, et suivis de pleurs; depuis deux ans, elle a «les vertiges. Aétropalhie.
Les vomissements cessent depuis son entrée à l'hôpital; mais les autres symptômes persistent. On ne constate qu'une
OBSERVATION
légère voussure avec sensibilité épigastrique; l’estomac n’est pas dilaté, !<■ foie n’est pas gonflé.
Le 7 mai, on constate en outre de Yanalqésie avec anesthésie du tronc et des membres supérieurs ; le sens musculaire est aboli. Dans les membres inférieurs, la sensibilité n’existe qu’à la plante des pieds.
La malade est hypnotisée (sommeil profond) : suggestion. Dans la journée, elle digère bien ce quelle mange, a peu de brûlure épigastrique. La nuit, elle dort pendant six heures; elle dit n’avoir pas dormi depuis six mois.
Le 8, on constate que V anesthésie a disparu; la malade sent quand on la touche; mais la piqûre, bien que ressentie, n’est pas douloureuse; le sens musculaire est aussi revenu. La restauration de la sensibilité se maintient.
Les autres troubles gastriques et psychiques sont influencés favorablement par les suggestions répétées, mais ils sc reproduisent en général au bout d’un temps variable.
Oiiseh vation XXXIII. — Douleurs névropathiques supprimées par la suggestion. Dégoût pour la viande résistant « la suggestion simple, ne disparaissant que par le changement fictif de personnalité. Insuccès de la suggestion moralisatrice.
M..., dix-sept ans, travaillant dans les chiffons, entre à l’hôpital le 2b mars 1884; elle se plaint depuis trois semaines de douleurs dans les membres et de battements de cœur; depuis huit jours, de céphalalgie frontale et de vertiges; depuis quinze jours, de toux sans expectoration.
La menstruation est irrégulière, peu abondante, non douloureuse.
C’est une grosse fille, bien constituée, sans maladies antérieures. Actuellement, elle se plaint d’inappétence, de tiraillements d’estomac, même à jeun ; de régurgitations glaireuses, peu abondantes le matin, d’une sensation de corps étranger dans la gorge quand elle a mangé; d’ailleurs, pas d’éructations, pas de nausées ni de coliques.
Elle a de fréquents battements de cœur depuis deux mois; on ne constate rien d’anormal à l’examen de l’organe. Elle tousse et crache peu; à l’examen du thorax, on constate une respiration normale.