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NÉVROSE PSYCHIQUE GUÉRIE PAR SUGGESTION

Le 31 mai, l’amélioration a fait .le notables progrès; la guérison est complète.

Observation XXXIX. — Névropathie, insomnie, inappétence ,

tremblement, tristesse : guérison par suggestion en deux

séances.

MUo X..., âgée .le vingt-sept ans, jouit habituellement d'une bonne santé. Intelligente, nullement névropathe jusque-là, elle eut, au mois d'aoitt 1885, deux crises nerveuses à la suile d'une contrai i < - ! 0 : la première dura deux heures, la seconde quatre jours après la première, caractérisée ainsi que la précédente, par de grands mouvements convulsifs avec strangulation, sans perte de connaissance, dura de 9 heures du matin à 4 heures du soir.

Les cri-es ne se sont pas répétées; Mllc \ .. resta quelque temps nerveuse, impressionnable, sans appétit, puis un séjour à la campagne la remit assez bien.

Depuis le mois de novembre, elle sent de nouveau du malaise : inappétence complète, idées tristes, démoralisation, insomnie; souvent elle ne s'endort un peu qu’à la pointe du jour; si elle dort, elle a des cauchemars et, depuis une dizaine de jours, des vertiges surtout dans son lit; enfin un tremblement léger, mais continuel, agite ses membres, si bien qu'elle éprouve quelque peine à se verser à boire. ( '.et état nerveux a résisté à toutes tes médications : bromure, éther et autres antispasmodiques. M" \ — qui est très courageuse et ne s'en fait pas accroire, cherche en vain à se remonter.

De guerre lasse, elle vient me consulter le là février avec l’idée d’essayer la suggestion hypnotique, malgré son scepticisme.

.le l'endors facilement; elle entre en sommeil profond : on peut déterminer chez elle des hallucinations post-hypnotiques.

Je suggère la disparition de tous les symptômes morbides et le sommeil nocturne.

Après deux séances, le là et le 16, elle ne r .sent )dns le moindre malaise ; plus de tremblement; elle dort jusqu'à 0 heures du matin sans désemparer, l'appétit est meilleur que jamais, la tristesse s’est envolée. La guérison s'est maintenue jusqu'à ce jour.

iliO

OBSERVATIONS

Observation XL. — Idées noires, insomnie, inappétence. — Guérison rapide par suggestion hypnotique. — (Observation communiquée parle I)1’ Emile Lévy, de Nancy, ancien chef de clinique.)

M"° W..., âgée de vingt-quatre ans, demeurant à Malzéville près Nancy, est blonde, un peu délicate de constitution. Je l’avais soignée à plusieurs reprises pour une otite moyenne suppurée compliquée de polypes, que je dus extraire.

Après deux opérations et un traitement local approprié, elle me quitta complètement guérie de son affection de l’oreille. Sous l’influence d’une médication reconstituante, de vin de quinquina et de pilules d’iodure de fer, les couleurs étaient revenues.

Cette jeune personne vint me retrouver au mois de novembre 188o, me priant de lui donner un médicament pour dormir. Pressée de questions sur la cause de cette insomnie, elle m’avoua que, depuis trois semaines, elle mourait d’ennui et de tristesse; pleurant la nuit et le jour, elle avait perdu l’appétit et le sommeil : des idées de suicide la prenaient par moments. Elle ne savait trop à quoi attribuer cette profonde tristesse; pourtant elle avait eu quelque temps auparavant quelques chagrins et déceptions; elle me signala surtout la fréquentation d’une parente qui, pendant quelques mois de sa grossesse, était en visite chez elle et était atteinte d’idées noires, à laquelle j’avais aussi donné des soins. Il faut dire aussi que, sans présenter elle-même de troubles hystériques, MMo NV... appartient à une famille où il y a eu des affections nerveuses.

Je proposai à Mll° W... le traitement par l’hypnotisme, qu’elle accepta. Séance tenante, je tentai de l’endormir. Quoiqu’elle n’atteignit qu’un léger degré de sommeil, je lui suggérai par une affirmation énergique que j’allais la guérir Je répétai huit jours de suite le même traitement. Le troisième jour, elle tomba dans un sommeil plus profond, quoiqu’elle n’entrât jamais en somnambulisme. L’état général s’améliora de plus en plus, le sommeil revint et avec lui l'appétit et la gaité. Sa jeune sœur, qui l’accompagnait, me remercia tous les jours des effets heureux de la médication hypnotique.

TRISTESSE ET INSOMNIE GUÉRIES PAR SUGGESTION i61

Elle revint encore me voir à divers intervalles. Après avoii chassé successivement de son cerveau les idées de tristesse et de suicide et y avoir fait éclore des idées riantes et a^realdes je parvins aussi à rétablir l'équilibre mental. I ne dernière idée, la plus tenace, me fut signalée par Mlh' N'... : elle ne pouvait comprendre comment elle était ainsi exposée a des idées noires et se demandait si une inlluonce héréditaire quelconque la menaçait du retour de semblables accident». Je parvins, au bout de quelques séances et non sans peine, à faire cesser celle inquiétude. Je suggérai a M11' qui

est d’ailleurs fort intelligente, d’oublier complètement cette maladie passagère et «le -e figurer qu elle n’avait « te jamais malade. En trois semaines de sou traitement, M11" W ... lut. totalement guérie et la guérison s'est maintenue jusqu’à ce jour.

M. !«• I) Lévy ajoute les réflexions suivantes:

« L’état Ivpémaniaque qui s’élait développé chez notre sujet et qui menaçait d'aCeindre un haut degré de gravité a été si rapidement et si heureusement dissipé que je n’hésile pas a affirmer qu aucune médication n’eût pu arriver à un tel résultat. Cet heureux effet s’est produit dès le début et avant que la malade ne fut tombée dans un sommeil profond. Le D Liebeault nous a certilié «|uc cet effet s’observe souvent chez des sujets à peine endormis.

t J’attribue en partie l’autorité et l'influence que j’ai obtenue sur cette personne à l’affirmation énergique de la guérison à la première séance. En effet, je lui dis : « Je vais vous endormir et vous serez bientôt guérie complètement. » La malade me dit aussitôt avec un gros soupir : « Ab ! mon Dieu! si c’était vrai! » Cette expression montre aussi l'influence émotive profonde que mon affirmation avait exercée sur la malade. »

OBSERVATION

Observation X I , I . — Insomnie par habitude contractée. — K/fet favorable , sans succès complet <b' la suggestion.

f!..., âgé de cinquante-six ans, farinier, entre à l’hôpital le 20 octobre 1884, pour une bronchite chronique avec emphysème et pneumonie interstitielle chronique, duc à la respiration de poussière de farine et de silice auxquelles il est exposé en taillant les meules. C’est un homme de constitution moyenne, lympalhique, nullement nerveux. Je n’insiste pas sur les détails de son affection thoracique, qui ne nous intéresse pas. Il a cessé de travailler depuis un mois; comme meunier, il avait l’habitude de se lever à deux heures du matin, et, depuis qu'il ne travaille plus, il continue à se réveiller à cette heure et ne peut se rendormir.

C’est pour corriger celte insomnie que j’essaie la suggestion hypnotique. Un premier essai le 28 ne produit que de l’engourdissement; un second essai, immédiatement après, le met en sommeil profond sans souvenir au réveil. Je lui suggère de ne pas se réveiller la nuit.

20. — Malgré la suggestion, il s'est encore réveillé sans pouvoir se rendormir, à deux heures du matin. — Nouvelle suggestion.

30. — Celte nuit le malade s’est réveillé à une heure du matin et s’est rendormi entre trois et quatre heures, pendant une heure, ce qui ne lui était encore jamais arrivé. — On continue la suggestion tous les jours.

31. — A dormi de six heures à onze heures et demie, et s’est rendormi de onze heures et demie à quatre heures.

1er novembre, s’est éveillé à minuit et s’est rendormi une heure après, jusqu’à quatre heures du matin. — La force dynamométrique mesurée à la main droite donne deux fois 4b, une fois 51. Après la suggestion hypnotique, cette force augmente; nous obtenons au réveil 36, 33, 32.

2. — S’est réveillé à minuit; s’est rendormi pour se réveiller de nouveau à deux heures du matin. — Continuation de la suggestion quotidienne.

3. — Ne s’est pas réveillé à minuit, mais à deux heures ; au bout d’un demi-heure, s’est rendormi jusqu’à quatre heures.

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