DOULEURS DIVERSES
Observation IAMII. — Epigastralgie enlevée pur une seule
suggestion.
M..., quarante ans, Facteur-aiguilleur à la gare de Rosières, vient à ma consultation, le 28 mai 1881. De bonne constitution, mais très nerveux, habituellement bien portant, il est déjà venu, il y a deux mois, me voir pour une douleur épigastrique quia disparu par suggestion hypnotique.
Depuis deux jours, cette douleur est revenue; elle n’existe plus spontanément : mais, surtout quand il est de service de nuit, il est pris par moment, d'une douleur vive avec oppression épigastrique, pendant un quart d'heure à une demiheure, puis elle disparait et l'ait place a une douleur rénale qui durcie même temps. Mlle revient deux fois dans les vingtquatre heures. L'appétit est conservé, la digestion assez bonne. La pression de la région épigastrique détermine des douleurs très vives.
Par suggestion , il entre en soinnieil profond, sans souvenir au réveil. Après le réveil , il ne ressent plus rien.
Quelques moi- plus tard, il revient avec la même douleur. Elle eèd de nouveuu entièrement à une suggestion hypnoligue.
Observation 1 MX. — Néphrite catarrhale légère. — h iuieurs
épigastrigue et ombilicale gui cè lent rapidement a la suggestion.
(i... Théophile), quatorze ans, apprenti cordonnier, entré à la clinique le 12 juin I88T.
Le juin, à onze heures, il a eu un frisson suivi de chaleur et de sueur. Le lendemain il se sentait faible, accusait de la céphalalgie temporale droite qui persisleencore. de l'inappétence et des douleurs abdominales. — Cet enfant a eu, il y a deux ans, une chorée, l'année dernière une fièvre typhoïde.
Il est délicat, lymphatique; sa température est noimale, son pouls est régulier, sa respiration est nette, sa langue est sèche, un peu blanche; il n’a pas d’appétit, quelques renvois sans nausées, pas de selles depuis quatre jours : il ac-
MBSKItVATION
dise une tloiilour à l’épigastre cl à la région rénale droite, dit avoir de la xanthopsie ; les urines sont rougeâtres, contiennentdes traces d’albumine, des globules blancs et rouges; densité 1012. (Hémoglobinurie ? Néphrite catarrhale légère ?)
Le 14, suggestion hypnotique : il arrive en somnambulisme. Les douteurs vénale et épigastrique disparaissent, mais reviennent au bout d’une demi-heure.
Le 15, il éprouve une douleur vive depuis l’appendice xiphoïde jusqu’à l’ombilic et vers les rebords costaux; elle disparaît instantanément par suggestion hypnotique.
Le 10, on constate encore des urines rouges, troubles, densité 1,014, avec traces d'albumine. Les douleurs n'ont pas reparu.
Le soir, il accuse de nouveau une douleur vers le rebord costal des deux côtés. Elle disparaît immédiatement par suggestion hypnotique.
Il continue à bien aller, sent encore un peu de lassitude, mais plus de douleur; les urines redeviennent normales.
Le 8 juillet, il revient de nouveau, se plaignant depuis l’avant-veille d’une douleur à l’ombilic, surtout pendant la miction, et de battements île cœur; on constate un souffle doux systolique à la base. — La suggestion fait disparaître la douleur ombilicale, qui ne revient plus, et le malade retourne bien portant, le 14 juillet.
Orservatio.n LXX. — Douleur vive interscapulairc guérie en une seule séance hypnotique.
J... (Auguste), vingt-sept ans, marié, de complcxion délicate, de tempérament nerveux, vient à la consultation, le 0 mars 18.'16. Depuis hier, à dix heures, il ressent un point douloureux dans la région interscapulaire gauche vers le tiers inférieur, avec une sensation de barre de fer quand il veut se baisser. Au repos il n’éprouve presque rien, mais pour peu qu’il veuille soulever seulement un paquet de chaussures (il est employé dans un fabrique de chaussures), il le laisse tomber à cause de la douleur. Hier soir, elle était tellement intense qu’on fut obligé de le ramener chez lui. 11 a bien dormi la nuit, mais ce matin il ne pouvait ni se baisser ni mettre ses bottines.
DOULKIT. RNLKVÊK l'Ali SlX.fiESTION
Comme maladies antérieures, il accuse une fluxion de poitrine l'an dernier, qui dura deux mois. 11 n'a pas de névralgies habituelles et ira pas eu d'autre affection nerveuse.
On détermine une douleur très vive à la pression de la région interscapulaire et vers l'angle de l’omoplate.
.le propose «le l'endormir par occlusion des yeux : il s’y prête mal; très impressionnable, il craint qu’on ne veuille lui faire une opération. Je le rassure et je continue la suyr/estion en tenant ses yeux clos; son anxiété nerveuse ne se dissipe que difficilement : il a du tremblement dans les mains. Il arrive cependant en sommeil profond; résolution sans catalepsie, mais sans souvenir au réveil. Je suggère vivement le calme d'esprit; j’affirme que la douleur a disparu.
Au bout de six minutes environ, l’ayant laissé dormir seul, il a quelques secousses nerveusi s et dit : « Je tombe », puis se réveille comme sortant d’un cauchemar : il se rappelle avoir rêvé qu’il tombait dans un trou. — l.a douleur a presque complètement disparu :i\ est tout étonné de pouvoir se baisser, tête son dos pour chercher le point et ne trouve presque plus rien : il soulève facilement une chaise, ce qu’il ne pouvait faire avant.
Je le rendors une seconde fois, il s'y prête facilement. Son sommeil est plus calme ; à peine quelques petits mouvements nerveux dans les mains. — Je suggéré la disparition complète de la douleur. A son réveil, il se rappelle m'avoir entendu causer, mais sans savoir ce que je lui ai dit ; il se rappelle cependant m'avoir entendu dire que la musique militaire jouait! mais celle suggestion n'a pas réussi ; il ne l'a pas entendue.
Il n'accuse qu'un certain engourdissement général ; plus lu moindre douleur; il peut se baisser, ramasser un objet par terre, faire des efforts musculaires, sans rien sentir du tout.
11 n'en croit pas ses propres sensations et cherche, sans rien sentir. Il n’y comprend rien ; sa stupéfaction a quelque chose de comique.
Observation I.XXI. — Diathèse tuberculeuse, liestnuration du
sommeil et <lispurition des douleurs tlwracirjues par sugycstion.
B... (Eugène), seize ans, apprenti coupeur en chaussures, entré à l'hôpital, le In février 1SX5.
OBSERVATION
Il y a six mois point à l’aisselle gauche qui a cédé au bout de six jours à l’application d’un vésicatoire; en même temps oppression sans toux, ni expectoration ; il a toujours pu travailler. Depuis six jours, battements du cœur et toux sans expectoration; l’appétit est médiocre depuis trois semaines; il a sué depuis trois nuits. Ses parents sont morts tuberculeux.
Il est lympathique, mais bien constitué. Apyrexie, pouls 80, régulier, égal. Fonctions digestives normales, thorax bien conformé. Le cœur bat normalement, un souffle doux systolique est à la base et dans les carotides. La sonorité thoracique est normale; on ne constate que de la rudesse respiratoire, avec légère respiration soufflée, au sommet droit.
(Diagnostic : diathèse tuberculeuse.)
Le soir de son entrée, suggestion hypnotique; il entre en somnambulisme.
Il dort bien la nuit; n’avait pas dormi du tout la nuit précédente et 1res peu depuis deux mois.
Le 17, le malade a encore très bien dormi cette nuit après suggestion, comme il n’avait pas dormi, dit-il, depuis deux mois. Il ne se plaint plus d’oppression.
Le 18, il accuse une douleur à l’épaule droite , qui disparait immédiatement par suggestion hypnotique.
La douleur thoracique ne réparait pas. Il reste encore au service jusqu’au 24, n’ayant plus que de légers battements de cœur.
Ohserv ation LXXII. — Douleurs hypogastrique et sus-inguinale gauche liées éi une ancienne pelvipéritonitc. Dites disparaissent en quelques séances.
B... (Yvonne), vingt et un ans, lingère, entrée au service le 24 janvier 1885. Il y a un an, elle accoucha; l’extraction du placenta dut être pratiquée; une partie serait restée. Huit jours après, elle eut de la fièvre qui dura quinze jours avec douleurs dans le côté gauche du ventre. Elle nourrit l’enfant pendant huit jours, puis eut un abcès au sein.
Au bout d'un mois, elle reprit son service de domestique; les règles revinrent normales jusqu’en avril. En mai, sans causes, pertes répétées pendant deux à trois mois, sans dou-
DOULEURS ABDOMINALES ENLEVÉES l'AR SUGGESTION :>JÔ
leurs; elle entra à l'hôpital, fut traitée parles injections d'ergotine; les pertes s’arrêtèrent; elle sortit Bien portante en juin.
En juillet, elle fut reprise de douleurs dans le flanc gauche, vers la partie inférieure de l'aisselle gauche et dans le dos. Ces douleurs disparurent après un vésicatoire et par hypnotisation
Elle sortit vers la lin de juillet, guérie; ses règles redevinrent normales et peu abondantes, la dernière lois le 1er janvier.
Depuis neuf jours, nouvelles douleurs au-dessus de I aine et dans l’hypogastre ; la malade est couchée depuis huit jours; les douleurs reviennent surtout le soir et le malin pendant une heure. — Insomnie depuis huit jours.
Le 27 janvier, on constate : tempérament lymphatique, constitution délicate. Pouls régulier, %. Apyrexic. \entie sonore, souple. Douleur à la pression profonde dans une étendue de deux travers de doigt au-dessus de 1 arcade crurale gauche et à l'hypogastre, parfois spontanée. — La malade mange peu depuis huit jours, mais u accuse ni dégoût pour les aliments, ni autre trouble digestif : selles normales depuis qu’elle est à l'hôpital ; auparavant, depuis deux mois, constipation (selle tous les trois jours) avec coliques. — En urinant. douleur hypogastrique. — Au loucher, col volumineux entr ouvert, un peu sensible à gauche. Antéflexion de 1 utérus assez accentuée. — Culs-de-sac libres. — Lcucon hee abondante non fétide, depuis trois mois — Douleurs dans les reins coexistant avec les douleurs abdominales. — Pas île boule ni autre manifestation hystérique. Respiration normale. Diagnostic: antéflexion de l'utérus : ancienne pelvipéritonHe.
La nuit précédente, du 20 au 2/, latnuladeu unpeu dormi, à ia suite de suggestion hypnotique.
Le 27 au matin, hypnotisation : la malade entre en sommeil profond : on suggère la disparition de la douleur abdominale. Au réveil, la douleur a complètement disparu à la près s ion. — Elle est revenue une heure après.
Le 28, douleur à la pression de l'hypogastre et au-dessus de l’aine gauche. Elle accuse de plus une douleur a 1 oreille droite et la pression à l’émergence du nerf facial détermine une très vive sensibilité. — Hypnotisation, le matin, a 10 heures : sommeil profond avec automatisme, anesthésie
OliSKIlVATlOiN
suggestive et amnésie au réveil. Je suggère la disparition des douleurs. Au réveil, les douleurs ont disparu; la pression de l’hypogastre cl du facial ne les provoque plus.
20. — La douleur abdominale est revenue vers 3 heures dans la journée, celle du facial n’est pas revenue. La malade a un peu dormi celle nuit. Ce malin, à S heures, douleur plus lbi’te pendant un quart d’heure. Actuellement, à 10 heures, elle n’existe plus qu’à la pression. — Suggestion : disparition de la douleur.
30. — La douleur n’a pas reparu hier dans la journée. Ce matin, légère douleur pendant dix minutes. — Continuation de la suggestion.
31. — Elle n’a plus eu de douleur hier : ce matin seulement, de ii à G heures, elle est revenue intense. — Continuation de la suggestion sans autre traitement.
3 février. — La malade u'a plus de douleurs : la leucorrhée persiste seule encore. Elle dort bien la nuit.
Observation LXXIII. — Douleur névralgique intercostale datant de quinze jours, disparu pur suggestion.
Eugénie O..., dix-sept ans, est sortie de l’hôpital le 22 juin, après un séjour de cinq semaines pour un érythème noueux des jambes. Elle vient à la consultation, le 14 septembre 1885, pour une douleur névralgique intercostale existant au septième espace gauche, quelquefois aussi, mais rarement, à droite, et datant de quinze jours, se manifestant surtout quand elle tousse, l’empêchant de dormir. La pression de l’espace intercostal est douloureuse. Elle est hypnotisée séance tenante et arrive au second degré. A son réveil, elle ne ressent plus de douleur ni spontanée ni à la pression. La malade n’est pas revenue.
Observation LXXIV. — Douleurs thoraciques opiniâtres consécutives à une pneumonie. — Leur disparition passagère
par suggestion. — Elle ne disparaissent définitivement
qu après dix jours de suggestion.
L... (Joseph), de Saverne, trente-trois ans, entre à l’hôpital le 20 septembre 1883 pour une fluxion de poitrine avec bronchite. Il est convalescent depuis quinze jours (7 octobre) et se
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promène dans la salle ; il conserve seulement une douleur lancinante allant depuis le rebord costal gauche jusqu a la hauteur de l’ombilic d’une part, jusqu'à la clavicule de l’autre, suivant la ligne mamillairc : douleur très vive, continue, lancinante, 1 obligeant à se reprendre trois <>u quatre fois avant de continuer sa respiration. Celle nuit, après être sorti le jour et s’être fatigué, il a été réveillé à minuit par une exacerbation très douloureuse qui I a tenu toute la nuit. A la pression, celte douleur se manifeste dans une étendue transversale de deux à trois travers de doigts.
Hypnotisé le 7 octobre; sommeil /■ />)•; suggestion. Au réveil, la douleur a diminué manifestant ut : r sic un point limité au rebord costal >/ ni reniant < sulemnt jusqu’au neuvième espace, au lieu de remonter jusqu a h clavicule.
8. A été réveillé, cette nuit, à une heure; la douleur a augmenté et gêné la respiration depuis ce moment. Aujourd’hui, elle va de la ligne ombilicale au sixième espace.
Nouvelle séance d’ hypnotisai . — In premier essai ne produit qu’un engourdissement san> résultat; un deuxième détermine un sommeil profond. Au réveil, la douleur a beaucoup diminué (des trois quarts, au dire du malade) : elle s’étend delà région ombilicale au neuvième espace; la respiration se fait sans effort.
9. — La douleur est revenue hier d trois heures : deux points douloureux : ombilic et région sous-mamillaire avec irradiations. Troisi< me séane ■ : disp'tritiun totale des douleurs.
10. — La douleur est revenue à midi et demi; le malade n’a pu dormir depuis dix heures « 1 u soir on a appliqué deux vésicatoires).
11. — Douleur vers le huitièmeespace intercostal antérieur, en avant do la ligne mamillaire, très intense, déchirante, avec sensation de poids sur le sternum. — Au-dessous du rebord costal, elle a disparu. — Elle l’a réveillé hier soir à dix heures et l a empêché de dormir. — A l'auscultation, toujours quelques râles lins à la base droite ; en le faisant asseoir, il se plaint de vertige dû a la gêne respiratoire; céphalalgie. Après suggestion hgpn<dique, l / oint douloureux persiste ù lu pression; mais le poids sur le sternum est moindre. — Une seconde séance , immèd'm terne ni après la première , fait disparaître I point ainsi que h céphalalgie.
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(lo point, revient moins fort, sans sensation de pesanteur sternale, à une heure et demie. Une nouvelle suggestion hypnotique à quatre heures et demie le fait disparaître totalement.
12. — Nuit bonne, sans douleur. C’est la première fois qu'il a bien dormi. Depuis hier soir, sensation de poids le long du sternum et brûlure légère. f>oint liés léger vers le rebord axillaire. — Suggestion hypnotique. Au réveil, le point a disparu, ainsi que la sensation de brûlure : il ne reste qu’une légère sensation de gêne sur le sternum.
Sorti le 12, il rentre le 14 au service; le point n’a pas reparu. A bien dormi la nuit du 12. Depuis hier matin, il ressent de nouveau un poids sur le sternum et une sensation de brûlure vers le milieu du sternum; envies de vomir et régurgitations amères ce matin. — Après suggestion hypnotique, il ne ressent plus rien.
la. — Le point est revenu à onze heures et demie du malin, mais moins intense. Il a dormi la nuit et a pris, ce malin, un vomitif (émétique, Ogr., 10; ipéca, I gramme;; il a eu deux vomissements et une selle. — Actuellement, la brûlure existe tout le long du sternum. — Après suggestion hypnotique, le malade se sent mieux, mais la sensation de brûlure existe encore un peu : il se plaint d’avoir encore un peu deconstriction thoracique.
16. — Le sentiment de brûlure a disparu depuis hier malin. 11 ne se plaint que d’un sentiment léger de constriction thoracique. — Suggestion.
17. — Il n'a plus de brûlure ; quand il respire, il sent encore de la pression vers la partie inférieure du sternum et le mamelon. Nier, douleur pongilive de cinq à sept heures du soir. Le sentiment de constriction thoracique a recommencé à deux heures et demie. — Suggestion après laquelle il sesent dégagé il peu près; quand il respire, il sent encore lieux points en dehors du mamelon.
18. — Il ne sent plus ni douleur ni brûlure; rien qu'une sensation de pression qui disparaît par suggestion.