‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 4 sur 280 · PROCÉDÉ D'HYPNOTISATION · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ D'HYPNOTISATION

cl très facilement. Je nie contente souvent de leur fermer les yeux, de les tenir clos quelques instants, de leur dire de dormir, puis d’affirmer qu’ils dorment.

Quelques adultes s’endorment de même, de la façon la plus aisée du monde, par simple occlusion des yeux. Aussi, souvent je procède d’emblée, sans passe, ni fixation d’un objet, en fermant les paupières, en les maintenant doucement closes, en invitant le sujet à les tenir rapprochées, et en suggérant les phénomènes du sommeil. 11 en est qui tombent rapidement dans un sommeil plus ou moins profond.

D’autres résistent pl us ; je réussis quelquefois en maintenant longtemps l’occlusion des yeux, imposant le silence et l’immobilité, parlant continuellement et répétant les mêmes formules : « Vous sentez de l’engourdissement, de la torpeur; les bras et les jambes sont immobiles; voici de la chaleur dans les paupières; le système nerveux se calme; vous n’avez (dus de volonté, vos yeux restent fermés; le sommeil vient, etc. * Au bout de quelques minutes de cette suggestion auditive prolongée, je retire mes doigts, les yeux restent clos : je lève les bras du sujet, ils restent en l’air: c’est le sommeil cataleptique.

D’autres sont plus rebelles; préoccupés, incapables de se laisser aller, ils s’analysent, se creusent, disent qu’ils ne peuvent dormir. Je leur impose le calme : je ne parle que de torpeur, d’engourdissement : * Cela suffit, dis-je, pour obtenir un résultat. La suggestion peulêtre efficace, même sans sommeil. Restez immobiles et ne vous inquiélez pas. » Je ne cherche pas, dans cet état d’esprit du sujet, à provoquer les effets cataleptiformes; car celui-ci, simplement engourdi, mais toujours en éveil, toujours enclin à se ressaisir, sorl facilement de sa torpeur. Quelquefois alors, me contentant d’un engourdissement

IMPRESSIONNABILITÉ VARIABLE à

douteux, et sans vouloir vérifier si le sujet est réellement influence', je l’abandonne à lui-même, l'invitant à rester dans cette torpeur pendant quelque temps. Certains y restent assez longtemps, sans pouvoir dire s'il l'ont fait volontairement ou involontairement. Ordinairement à la seconde ou à la troisième séance, par cette éducation suggestive du sujet, j’arrive à provoquer un degré plus avancé d’hypnotisation non douteuse, avec catalepsie suggestive, ou même avec somnambulisme.

Si chez quelques-uns, on réussit mieux en procédant avec douceur, chez d’autres rebelles à la suggestion douce, il vaut mieux brusquer, parler d’un ton d’autorité pour réprimer la tendance nu rire ou à la velléité de résistance involontaire que cette manœuvre peut provoquer.

Beaucoup de personnes, je le répète, déjà à la première séance sont impressionnées; d’autres seulement a la seconde ou à la troisième. Aprè- une ou deux hypnotisations, l’influence devient rapide. Il suffît souvent de les regarder, d étendre les doigts devant les yeux, de dire: « Donnez ». pour que, en quelques secondes, instantanément même, les yeux se ferment et tous les phénomènes du sommeil sont là. D'autres n’acquièrent qu’au bout d’un certain nombre de séances, en général peu nombreuses, l'aptitude à s’endormir vite.

Il m'arrive parfois d’influencer successivement sept ou huit malades, chacun en un rien de temps. Puis viennent aussi d’autres, réfractaires ou plus difficiles à influencer. Je n’insiste que quelques minutes: une seconde ou une troisième séance amène souvent l'hypnose non obtenue à la première.

Les sujets chez lesquels la suggestibilité hypnotique est très développée s’endorment, pour peu qu’on leur donne l'idée de dormir. On peut les hypnotiser par correspon-

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