CLASSIFICATION I>E LIKBF.AL'LT
monde extérieur. Le sujet entend ce que dit l'opérateur, il n’entend pas ce que disent les autres personnes, ce (pii se dit autour de lui : ses sens ne sont en communi cation qu'avec l’endormeur. Mais ils sont susceptibles d’être mis en relation avec tout le monde.
Les cinquième et sixième degrés, caractérisés, pour M. Liébeault, par l’oubli au réveil île tout ce qui s’est passé pendant le sommeil, constituent le somnambulisme. Le cinquième degré est le somnambulisme léger : les sujets se rappellent .encore vaguement, ils ont entendu confusément à de certains moments : certains souvenirs se réveillent spontanément. Anéantissement de la sensibilité, catalepsie Miggestive, mouvements automatiques, hallucinations par suggestion : c’est alors que tous ces phénomènes dont nous allons parler plu> en détail atteignent leur plus grande expression.
Dans le somnambulisme profond ou sixième degre, le souvenir de tout ce qui s’est passé pendant b* sommeil est absolument éteint et ne peut se réveiller spontanément.
.Nous verrons plus loin que ces souvenir- peuvent toujours être réveillés artificiellement.
Le sujet reste endormi a la volonté de 1 operateur et devient un automate parfait, docile à tous scs ordres.
Cette division du sommeil en plusieurs degrés est purement théorique : elle permet de classer chaque sujet intluencé, sans grande description. 11 existe des variantes, des intermédiaires entre ces divers degrés ; on observe toutes les transitions possibles, depuis la simple torpeur et le sommeil douteux jusqu’au somnambulisme le plus profond.
J’ajoute «pie la docilité aux suggestions et la facilité
DEGRÉS D’HYPNOTISME
do provoquer les divers phénomènes ne sont pas toujours en rapport avec la profondeur du sommeil. Certains sujets dorment peu, répondent aux questions, se rappellent toutà leur réveil, etcependantla contracture, l'insensibilité, les mouvements automatiques commandés ou communiqués, les suggestions thérapeutiques réussissent bien chez eux. Cela deviendra facile à concevoir quand j’aurai parlé de la suggestion à l’état de veille.
D'autres, au contraire, tombent dans un sommeil lourd, profond, ne se rappellent absolument rien à leur réveil. Pendant qu'ils dorment, on a beau les interroger, les harceler de questions, ils restent inertes. La catalepsie suggestive s’obtient difficilement chez eux; ils ne gardent que peu de temps les bras en l'air. Les suggestions, actes, illusions, hallucinations, commandés pour le réveil, ne sont pas réalisés; on dirait qu’ils ne sont pas en rapport avec l’opérateur. Et cependant il suffit de prononcer le mol : « Réveillez-vous », pour qu’ils se réveillent spontanément ; preuve évidente que ce rapport existe. .l ai obtenu chez plusieurs sujets dont le sommeil était celui que je viens de décrire, en apparence inerte, des elfets thérapeutiques immédiats par la suggestion auditive : retour de sensibilité, disparition de douleur, accroissement de la force musculaire mesurée au dynamomètre, preuve que, malgré leur inertie apparente, ils étaient restés pendant leur sommeil en rapport avec moi.
D’autres entin répondent à toutes les questions, parlent avec volubilité, paraissent, sauf l’occlusion des yeux, complètement réveillés; ils ne sont pas eataleplisables ou ne le sont que peu; on ne peut pas provoquer d’hallucinations ni d’illusions chez eux. Et cependant, au réveil, l’amnésie est complète.