‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 77 sur 280 · RAPPORT UE HUSSON · texte numérisé non relu

RAPPORT UE HUSSON

à riIOtel-Dieu, puis à la Salpêtrière. En 1825, le Dr Foissac envoya une note aux deux Académies des sciences et de médecine, pour les appeler à se- prononcer. Celle-ci, à sa demande, recommence l’examen du magnétisme animal. Au bout de six ans, le rapport confié à Husson fut lu à l’Académie le 21 et le 28 juin 1881. « Les conclusions favorables de ce rapport donnent, dit Dechambre, une idée générale du magnétisme, tels que l’avaient fait, vers 1831, l’action du temps cl les nombreuses épreuves par lesquelles il avait passé. »

Aujourd’hui que la question paraît se dégager des nuages théoriques et charlalanesques qui l’ont longtemps obscurcie, il est intéressant de relire les conclusions de ce remarquable rapport qui contient et apprécie sainement la plupart des faits, tels que nous les avons décrits.

Voici quelques-unes des conclusions :

Le contact des pouces et des mains, les frictions ou certains gestes que l'on fait, à peu de distance du corps et appelés passes, sont les moyens employés pour se mettre en rapport, ou, en d’autres termes, pour transmettre l’action du magnétiseur au magnétisé.

Le temps nécessaire pour transmettre et faire éprouver faction magnétique a duré depuis une demi-heure jusqu’à une minute.

Lorsqu'on a fait tomber une fois une personne dans le sommeil du magnétisme, on n’a pas toujours besoin de recourir au contact et aux passes pour la magnétiser de nouveau. Le regard du magnétiseur, sa volonté seule, ont sur elle la même inlluence.

Il s'opère ordinairement des changements plus ou moins remarquablesdans les perceptions et les facultés des individus qui tombent en somnambulisme par l’effet du magnétisme.

u). (Juelques-uns, au milieu du bruit de conversations

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confuses, n’entendent que la voix de leur magnétiseur : plusieurs répondent d'une manière précise aux questions que celui-ci ou les personnes avec lesquelles on les a mis en rapport leur adressent; d’autres entretiennent des conversations avec toutes les personnes qui les entourent ; toutefois, il est rare qu'ils entendent ce qui se passe autour d’eux. I.a plupart du temps, ils sont complètement étrangers au bruit extérieur et inopiné fait à leurs oreilles, tel que le retentissement des vases île cuivre frappés (très d eux, la chute d’un meuble, etc.

b). Les yeux sont fermés, les paupières cèdent diflicilement aux elïorts qu’on fait avec la main pour les ouvrir : cette opération, qui n’est pas sans douleur, laisse voir le globe de l’œil convulsé vers le haut et quelquefois vers le bas de l'orbite.

r). Quelquefois, l’odorat est comme anéanti. On peut leur faire respirer l’acide muriatique ou l’ammoniaque, sans qu’ils en soient incommodés, sans même qu’ils s'en doutent. Le contraire a lieu dans certains cas, et ils sont sensibles aux odeurs.

d). La plupart des somnambules que nous avons vus étaient complètement insensibles. On a pu leur chatouiller les pieds, les narines et l'angle des yeux par l’approche d'une plume, leur pincer la peau de manière à l'ecchymoser. la piquer sous l'ongle avec des épingles enfoncées à 1 improviste à une assez grande profondeur, sans qu’ils s’en soient aperçus. Enfin, on en a vu une qui a été insensible à une des opérations les plus douloureuses de la chirurgie, et dont la figure ni le pouls, ni la respiration, n’ont pas dénoté la plus légère émotion.

Nous n’avons pas vu qu’une personne magnétisée pour la première fois tombât en somnambulisme. Ce n'a été quelquefois qu’à la huitième ou dixième séance que le somnambulisme s’est déclaré.

A leur "réveil, ils disent avoir oublié totalement toutes les circonstances de l'état de somnambulisme et ne s’en ressouvenir jamais. Nous ne pouvons avoir à cet égard d’autre garantie que leurs déclarations.

Pour établir avec justesse les rapports du magnétisme avec la thérapeutique, il faudrait en avoir observé les effets sur un grand nombre d’individus, etc. Cela n'ayant pas eu

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lieu, la commission a dù se borner à dire ce qu’elle avait vu dans un trop petit nombre de cas pour oser rien prononcer.

Quelques-uns des malades magnétisés n’ont ressenti aucun bien. D’autres ont éprouvé un soulagement plus ou moins marqué, savoir : l’un, la suspension des douleurs habituelles; l’autre, le retour des forces; un troisième, un Yetard de plusieurs mois dans l’apparition des accès épileptiques, et un quatrième, la guérison complète d'une paralysie grave et ancienne.

Considéré comme agent de phénomènes physiologiques, ou comme moyen thérapeutique, le magnétisme devrait trouver sa place dans le cadre des connaissances médicales, et par conséquent, les médecins devraient seuls en faire et en surveiller l’emploi, ainsi que cela se pratique dans les pays du IS'ord.

L’Académie n’osa imprimer le rapport de llusson; elle lui laissa la responsabilité de scs opinions; l'honnêteté du rapporteur déliait tout soupçon : un certain renom de crédulité resta attaché à sa personne.

Quelques années plus tard, en 1837, un magnétiseur, nommé Berna, lit, devant une nouvelle commission nommée par l’Académie, des expériences relatives à la transposition de la vue ; elles ne convainquirent personne. Dubois lit un rapport négatif. Un autre de ses membres, Burdin aîné, offrit un prix de 3,000 francs à la personne qui aurait la faculté de lire sans le secours des veux et de la lumière. Les prétendants vinrent : le prix ne fut pas gagné. Et à partir du 1er octobre 1840, date de la clôture du concours, l’Académie décide qu’elle ne répondra plus aux communications concernant le magnétisme animal. Cette fois-ci, la vérité contenue dans le rapport de llusson était noyée dans l’absurdité chimérique du merveilleux.

Nous arrivons maintenant à la seconde période de l’histoire du magnétisme animal. La doctrine du fluide

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