CLASSIFICATION DE L’AUTEUR
longtemps ou indéfiniment. Ce mouvement succède chez les uns à la simple impulsion communiquée; chez les autres, la suggestion verbale est nécessaire pour que le mouvement se continue. Comme pour la catalepsie, quelques-uns arrivent, par un effort de volonté, à arrêter ce mouvement, si on les défie ; d autres ne le peuvent, en dépit de tous leurs efforts.
Cinquième degré. — Outre 1 <‘lat cataleptiforme, avec ou sans mouvements automatiques, le sujet peut êtr e contracturé à un degré variable par suggestion; on le défie de lléchir sou avant-bras, d'ouvrir sa main, d’ouvrir ou de fermer sa bouche, il ne peut le f.iiii .
Sixième degré. — Le sujet présente, en outre, une certaine docilité ou obéissance automatique plus ou moins graude. Inerte et passif, tant qu on I abandonno à lui-même, il se lève par suggestion; il marche, s arrête au commandement, reste cloué sur place, quand on lui dit qu il ne peut plus avancer.
Gomme dans les degrés précédents, il n est susceptible ni d’illusions sensorielles, ni d’hallucinations.
Les sujets de ces diverses catégories, alors même qu'on leur n suggéré le sommeil, se rappellent tout au réveil. Quelques-uns cependant ont conscience d avoir dormi; ils restent inertes, passifs, sans spontanéité, sans initiative, tant qu’on ne les réveille pas de leur torpeur ou jusqu’au moment où, l'initiative intellectuelle reprenant le dessus, ils sortent spontanément de cet état. D’autres ne savent s’ils ont réellement dormi; d'autres enfin affirment catégoriquement qu ils n ont pas dormi. Mais on peut démontrer à ceux des trois
IS
DEMI fis D'IIYPXOTISME
derniers degrés, que, s'ils n’ont pus dormi, du moins ils ont été influencés.
Depuis la veille complète, en passant par l’engourdissement et la somnolence jusqu’au sommeil profond, toutes les transitions existent. Il est certain (pie chez plusieurs sujets de ces diverses catégories, l’intelligence et le sensorium restent éveillés pendant toute cette influence; d’autres n’ont (pie certains symptômes du sommeil, l’absence d’initiative, l’inertie, la sensation d’engourdissement, l’occlusion des paupières. Ou bien leur esprit en éveil pour l’hypnotiseur, auquel ils répondent et obéissent, parait endormi à l’égard des autres personnes qu’ils ne paraissent pas entendre et auxquelles ils ne répondent pas.
Il est difficile souvent de pénétrer l’état psychique des personnes influencées; l'observation est délicate, l’analyse est subtile. Le doute existe pour certains cas; la simulation est possible, elle est facile; il est plus facile encore de croire à la simulation quand elle n'existe pas. Certains sujets, par exemple, conservent les yeux clos, tant que l’opérateur les influence; puis, lorsque celui-ci cesse de les regarder, ils ouvrent les yeux, et parfois les referment de nouveau aussitôt qu’il les regarde de nouveau. Cela a tout l’air d’une mystification. Les assistants croient à de la supercherie; ils prennent en pitié la crédulité naïve de l’opérateur : le sujet trompe ou est complaisant.
Cela m’arrive journellement devant mes élèves; je leur montre cependant que le sujet ne trompe pas et (pie je ne me trompe pas non plus. Car je le remets en état hypnotique et je provoque de la catalepsie ou de la contracture dont je le défie de sortir, en l’invitant à ne pas v mettre de la complaisance.