DOCTRINE DE DURAND, DE GROS
Voici la théorie de l’auteur telle qu’elle est exposée ï par lui : Une activité générale et suffisamment intense 1 de la pensée est nécessaire à la diffusion régulière de la . force nerveuse dans les nerfs de la sensibilité. Si celte I activité cesse, leur innervation est supprimée, et ils ] perdent leur aptitude à conduire vers le cerveau les « impressions du dehors. On sait, en effet, que les idiots sont plus ou moins anesthésiques, etc. D’autre part, la sensation est le stimulant nécessaire de l’activité mentale.
De là découle que, pour déterminer l’insensibilité, il suffit de suspendre l’exercice de la pensée, et pour suspendre celle-ci, il faut isoler les sens des agents extérieurs qui les impressionnent. On ne peut suspendre la pensée, mais on peut la réduire à un minimum, en la soumettant à l’excitation exclusive d'une sensation simple, homogène et continue. On réduit ainsi à un simple point sa sphère d’action. La cellule cérébrale I continue à sécréter la force nerveuse ; la pensée ne ; consomme plus qu’une faible partie de cette somme ; \ celle-ci s’accumule dans le cerveau où une congestion nerveuse aura lieu. C'est là la première partie de 1 opération braidique qui produit ce que l’auteur appelle état . hypataxique. Cet état une fois produit, que par une porte encore entr'ouverle du sensorium, par la voie de I la vue, de l’ouïe, du sens musculaire, une impression se glisse jusqu’au cerveau, et le point sur lequel cette j excitation va porter sortira aussitôt de sa torpeur pour devenir le siège d’une activité que la tension de la force l nerveuse va augmenter de tout son poids. C’est alors ? qu’à l’arrêt général de l’innervation succédera tout à 1 coup une innervation locale excessive qui, par exemple, i substituera instantanément à l'insensibilité l’hyperes-
CHARPH'.XON
thésie, à la résolution du système musculaire la catalepsie, le tétanos, etc.
La force nerveuse disponible peut être appelée sur tel ou tel point fonctionnel du centre de l’innervation, en dirigeant sur ce point une impression qui réveille son activité propre. Dans ce but, on emploie une impression mentale, c’est-à-dire une idée suggérée. C’est le deuxième temps de l’opération braidique que Durand, de Gros, appelle idéoplastie. L’idée devient une cause déterminante des modifications fonctionnelles à provoquer : l’excitation mentale reproduit les sensations antérieurement provoquées par voies d’excitations organiques; ces sensations, régénérées par une idée, sont appelées mémoratives.
Les expériences du Dr Philipps (Durand, de Gros) ne réussirent pas à relever le discrédit <>ii était tombé le magnétisme dans le public médical ; le braidisme restait oublié. Il faut cependant citer le l)r Cbarpignon, d'Orléans, qui. dès 1841. s’était beaucoup occupé du magnétisme et de la médecine morale dans le traitement des maladies nerveuses. Son mémoire, intitulé : /te la part delà Médecine morale dans le traitement des maladies nerveuses tl8l>:2), fut mentionné honorablement par 1 Académie île médecine; les phénomènes de suggestion hypnotique et à l'état de veille qui s’v trouvent exposes obtinrent ainsi, pour la première fois, la sanction ollicielle de ce corps savant ; c’était revenir eu réalité sur la décision sommaire du l"r octobre 1840. Ce mémoire fut publié en 1854, sous le litre : Etudes sur la médecine animique et vitaliste.
Le D' Cbarpignon admet que, en dehors de l’influence morale, il existe une influence magnétique, aussi 11 u idique que les influences lumineuse, calorique et élec-