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l’accompagnons du geste et de la voix; quand les accords entraînants de la valse vibrent à certaines oreilles, l'idée de la danse suggérée dans le cerveau ne tend-elle pas à réaliser involontairement les balancements corrélatifs du corps et des membres? On se sent entraîné, et pour un rien, on se laisserait aller, si l’état de conscience développé par l'éducation, si l’habitude d'une certaine réserve imposée par les mœurs. >i l’attention concentrée sur nmis-mème n'intervenait comme modérateur, comme régulateur, pour imposer un frein à l’automatisme cérébral mis en éveil par une suggestion sensorielle. Tous les actes de notre vie. tous nos agissements dans le monde, réglés par l’éducation et les conventions sociales, ne sont-ils pas la résultante de l’empire que notre conscience dirigée par l’exercice a su prendre à la longue sur nos instincts irréfléchis, sur notre bête? Kl les peuplades sauvages ne sont-elles pas, à vrai dire, dans l’enfance prolongée, livrées sans frein à l’automatisme de leur système nerveux, qui les domine, jusqu’à ce que la civilisation importée chez elles par une éducation philosophique ou religieuse convenable, ait créé dans ces cerveaux embryonnaires un état de conscience nouveau, régulateur des actes instinctifs?
('.liez l'homme le plus éclairé, le plus habitué à se mai Iriser, il arrive souvent qu’une impression perçue est tellement intense qu elle se transforme en acte automatique, avant que l'influence modératrice de la conscience ait eu le temps de le prévenir. I n soldat, vivement secoué par un supérieur, s’oublie et le frappe; cette voie de fait suit instantanément l’impression perçue : c’est un acte réflexe. Le soldat le regrette, car il s’expose à un châtiment terrible. Mais la raison vient trop lard; la colère est aveugle et ne raisonne pas.