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L’ÉTAT DE CONSCIENCE PERSISTE

plus, agisse pour le remettre en place. Je dis : « Vos bras tournent, vous ne pouvez plus les arrêter ». L’idée du mouvement suggéré est acceptée par le cerveau dépourvu d’initiative et cette idée engendre automatiquement le mouvement qui continue sans que le moi paralysé dans son activité puisse arrêter ce que l’automatisme dirigé par une influence étrangère a réalisé.

Je dis : « Vous sentez de la chaleur à la main »; et 1 idée de la chaleur introduite dans le cerveau, admise sans contrôle, y évoque la sensation mémorative de la chaleur qui est projetée par voie centrifuge à la périphérie de la main.

Je dis : « Vous êtes triste » : des passions tristes surgissent dans 1 encéphale ; « vous êtes gai » : des idées gaies renaissent. Je dirige à mon gré les mouvements, les sensations, les actes, les sentiments de l’hypnotisé qui n a plus de personnalité consciente, qui subit sans réagir les modifications de la vie de relation et de la vie intellectuelle que ma volonté, remplaçant la sienne absente, commande à son cerveau.

La doctrine ainsi formulée est-elle conforme aux faits? Est-il vrai de dire avec Despine que l’activité cérébrale volontaire soit endormie chez l’hypnotisé, que le moi ne participe pas à ses actes? Je ne le pense pas.

Dans les premiers degrés du sommeil, la conscience et la volonté existent; nous l’avons constaté dans notre description des symptômes hypnotiques. Telle personne, apres hypnotisation, ne présente pour tout phénomène que l occlusion des yeux ; elle parle, se rend compte de tout, rit, assiste l’esprit éveillé à la catalepsie de ses paupières, ou à celle de ses bras si elle existe; elle fait des eflorts infructueux pour ouvrir les yeux, pour baisser son bras ; elle dit : « J’ai beau faire, je ne peux pas». Les sujets intelligents rendent compte à leur réveil de toutes leurs sensations. « J’entendais tout, me disait l’un d’eux ; j’avais bien la volonté de réagir. Ma main était fermée en contracture ; j’essayais bien de l’ouvrir. Mes bras tournaient l’un sur l’autre ; je cherchais les moyens de les arrêter; je rapprochais les deux mains

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