ABSENCE NATIVE DU SENS MORAL
qu’à la vertu ». Traduit en langage psychologique : c’était un cerveau suggestible; elle était docile à toutes les suggestions, j’ajoute que le sens moral ne faisait pas contrepoids à la suggestibilité excessive. C’était moins une perversion peut-être qu’une absence native du sens moral; c’était une imbécillité instinctive.
Je ne prétends pas que mon interprétation soit vraie; il suffit à ma thèse qu’elle soit plausible. Loin de ma pensée d’ailleurs que tous les criminels soient fous ou inconscients; chaque fait doit être étudié dans ses circonstances, dans ses causes, dans ses antécédents, dans l'état moral de celui qui l’a perpétré. Car, qui oserait prétendre que le degré de culpabilité se mesure à la gravité seule de l’acte commis?
Je m’arrête! je n’ai voulu qu'effleurer une question qui toucheaux intérêts les plus graves de la justice et de la société, laissant à de plus compétents que moi le soin de scruter davantage et de déduire les conclusions. Il m’a semblé que l’étude expérimentale des phénomènes hypnotiques pouvait éclairer de quelque lumière ce champ encore si obscur de la responsabilité morale. C’est avec prudence et réserve qu’il faut s’aventurer sur ce terrain dangereux ; j’ai exposé mes doutes, mes scrupules, je n’ose dire mes convictions.
Cette première partie de mon livre publiée (saufadditions nombreuses) en 1881. a soulevé quelques critiques. Un philosophe éminent, M. Paul Janet a inséré dans la Ilevue politique une série d’articles dans lesquels il reproche aux observateurs de Nancy plusieurs vices de méthode. Voici la réponse que j’ai cru devoir faire à M. Paul Janet ’ :
1 Cetto réponse aux articles Je M. Paul Janet publiés dans la Revue politique et littéraire était destinée à la même Renie. -M . Yang, après l’avoir soumise il M. Janet, refusa de l'insérer, la trouvant « trop technique, trop physiologique « pour un journal littéraire.
Je la remplaçai alors par une simple lettre, courte et courtoise, dépourvue de tout détail scientifique, répondant simplement aux