‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 185 sur 265 · EFFETS RAPIDES DE LA SUGGESTION · texte numérisé non relu

EFFETS RAPIDES DE LA SUGGESTION

Le 4, la main gauche marque 32 à 34 ; la main droile 63. Même état du membre inférieur.

Nouvelle suggestion hypnotique, après laquelle la main gauche donne 40, la main droite 70. La pesanteur de la jambe est diminuée de moitié ; il se tient cinq secondes sur cette jambe.

Le 3, main gauche 5 1 , main droite 70. Lève le pied à 29 centimètres de hauteur. — Après une nouvelle suggestion le sentiment de pesanteur a entièrement disparu ; le malade marche presque sans faucher, lève la plante du pied à une hauteur de 43 centimètres, se tient cinq bonnes secondes sur ce pied; la main gauche donne 32.

Le 6, main gauche 53, main droite 64. Il reste sept secondes sur le pied gauche, soulève la plante à 58 centimètres, d'un côté comme de l’autre. 11 accuse du larmoiement depuis quelques jours. Nouvelle suggestion.

Le 7, il continue à bien aller ; il peut courir, se tient 12 secondes sur lajarnbe ; le larmoiement disparu, il avait les yeux collés pendant une ou deux heures après son réveil, et dans la journée le larmoiement apparaissait au moindre effort, par l’action de se baisser, par exemple; ce matin, les yeux n’ont pas été collés.

Le malade, que je n’ai plus hypnotisé depuis le 7 octobre, continue à bien aller; il court sans traîner la jambe, sans la moindre pesanteur; la main reste souple; le 12, le dynamomètre donne 50 à gauche, 72 à droite. Le larmoiement a totalement disparu.

Le malade quitte l'hôpital et reprend son travail le 14. Après avoir continué sans interruption jusqu’au 25, il revient à la consultation le 26. Depuis 3 ou 4 jours, il accusait un sentiment de froid allant du pied au genou gauche et se calmant par la chaleur ; de plus, sentiment de pesanteur dans la main gauche. La veille au soir, tout d’un coup, il ressent des élancements douloureux allant des doigts au coude gauche avec crampe, contracture en llexion de la main pendant 10 minutes. En même temps, douleur en éclair s irradiant le long de la face externe de la cuisse et de la jambe gauches jusqu’au bout du pied, avec pesanteur du membre sans crampe, pendant cinq minutes. Cet accès, brusque comme un coup de pistolet, l’a saisi vivement et laissé comme hébété sans parole. Les yeux pleurent depuis 4 ou 5 jours et sont rouges.

Ce matin, ces symptômes se sont dissipés spontanément ; le dynamomètre marque 51 à la main gauche, il ne sent

OBSERVATION

plus que de la pesanteur dans la main. Il est mis en sommeil profond. Après suggestion et réveil, ce sentiment de pesanteur a disparu et le dynamomètre donne 61.

P... reprend son travail et ne ressent plus rien junu’àfin mars 4 883.

Le \ er avril, dimanche de Pâques, il revient à la consulsultation. Depuis 3 ou 4 jours, sa main gauche devient toujours plus faible, sans douleur.

Le dynamomètre donne 24 à la pression de cette main, 65 avec la main droite. — Après suggestion hypnotique , la pression dynamomélrique au lieu de 24 donne 60 et P... peut reprendre son travail.

Mais il est ramené à l’hôpital le 5. La veille, 4, vers dix heures du matin, il ressentit brusquement des coups de lancette dans la jambe gauche, depuis le genou jusqu'aux malléoles, sept ou huit à la flle en deux ou trois secondes, se succédant pendant trois quarts d'heure. A la suite,’ la jambe resta lourde et iaible. 11 essaya encore de continuer son travail, mais dut y renoncer à trois heures et demie et rentra chez lui en traînant la jambe; le matin il prit le train pour venir à Nancy à la consultation. Pendant son trajet de la gare à l’hôpital, sur la place Saint-Jean, il eut de nouveau un accès soudain, comme un coup de pistolet, de douleurs lancinantes dans la jambe et le bras gauche et tomba sans connaissance. Relevé par un passant, il ne reprit connaissance qu’au bout d'une demi-heure et fut transporté à l'hôpital, ne pouvant marcher,

11 accuse depuis sa chute des coups de lancette incessants dans le genou, l'aine, la cheville gauches. Le membre est complètement paralysé et anesthésié jusqu’à l’aine; le malade ne peut que fléchir légèrement les trois premiers orteils. — Dans Je membre supérieur, on constate unecontracture de la main gauche fermée, on l'ouvre avec difficulté, elle se referme comme un ressort. Sensation decoups de lancette allant de la main au coude. Douleur de la gouttière épitrochléenne spontanée et à la pression. Analgésie des trois derniers doigts et de toute la sphère cubitale. Sensation de fourmillement dans les doigts, qui durent jusqu’à sept heures du soir. — De plus, douleur à la fesse gauche, à l’émergence du sciatique à la pression. Ajoutons que depuis deux mois, P... accuse un bourdonnement avec surdité de l’oreille droite.

Le malin, toute suggestion est impossible à cause de la violence des douleurs. Le soir on réussit. Après suggestion

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NÉVRITE CUBITALE ET PARALYSIE

hypnotique, le malade peutouvrir la main et étendre les doigts. Les douleurs lancinantes du membre supérieur, disparaissent après trois quarts d'heure; celles du membre inférieur après trois heures. Dort peu la nuit.

Le 6, il ouvre les trois premiers doigts aux trois quarts ; la deuxième phalange restantàangle droit sur la première. La pression de la gouttière épitrochléenne est encore douloureuse. La sensibilité est revenue dans les doigts. Le dynamomètre donne 10 de la main gauche, 64 à droite. Les mouvements de la jambe sont presque nuis. — Suggestion hypnotique : la main s’ouvre mieux : au dynamomètre 17.

— Quelques mouvements légers dans les orteils. Sensibilité revenue à la face externe du pied et de la jambe.

A deux heures de l’après-midi, le malade est pris de douleurs en ceinture comme une brûlure à la base du thorax.

— A six heures, on constate une douleur à la pression des cinquième, sixième et septième espaces intercostaux et des quatre dernières vertèbres dorsales. Les douleurs lancinantes n’ont pas reparu dans les membres. La sensibilité est nette dans tout le pied et à la face externe de la jambe.

Suggestion hypnotique prolongée avec application de la main sur les régions douloureuses et malades. Au réveil, toutes les douleurs ont disparu, spontanées et à la pression. Le patient ouvre mieux la main. La sensibilité est parfaite sur tout le membre inférieur. Il lève le pied facilement à cinq centimètres de hauteur, et le maintient ainsi pendant trois secondes.

7. — Sommeil agité avec rêves la nuit. L'efïet obtenu se maintient. La sensibilité restaurée persiste. Le malade remue les doigts de la main et du pied, ouvre la main presque complètement, serre le dynamomètre jusqu’à 16, plie le genou, soulève un peu la jambe. La sensibilité de la gouttière épitrochléenne persiste ainsi que la pesanteur dans la jambe. Suggestion hypnotique le soir.

8. — La main donne 20 au dynamomètre, s’ouvre et se ferme mieux, il soulève le pied plus haut et le maintient en l’air pendant quatre secondes. Accuse toujours des bourdonnements avec surdité dans l’oreille gauche. Dans la matinée il a une sensation de vertige au côté gauche de la tête et dans l'œil, qui persiste jusqu'à onze heures du soir. Pas de suggestion.

9. — La main gauche presse 25. Le pied est soulevé à 10 centimètres de haut et maintenu quatre secondes. La douleur de la gouttière épitrochléenne persiste.

OBSERVATION

10. — Même état. Nouvelle suggestion hypnotique le soir, à la suite de laquelle la main pousse l'aiguille dynamométrique à 25, et le pied gauche est soutenu cinq secondes à 30 centimètres de hauteur. Lesoiràneufheures, nouveaux coups de lancette sur le trajet du cubital durant quelques secondes, se succédant toutesles cinq minutes avec constriction du poignet.

Le lt, ne peut ouvrir la main complètement. Douleur le long du cubital. La sensibilité n’e'st pas abolie. La suggestion hypnotique met fin à la douleur.

Le 12, le malade n’étend pas encore complètement les doigts; au dynamomètre, 17 à 20. La douleur cubitale existe de nouveau, mais moindre. L’état de la jambe est le même. A six heures du soir, on constate encore la douleur à la pression du cubital. Après hypnotisation elle disparaît, et les doigts s’ouvrent facilement. Le bourdonnement d’oreille a disparu.

A 10 heures du soir, le malade ayant faim, mangea un peu de pain ; à onze heures, après avoir pris du bouillon, il fut pris d’un sentiment de constriction épigastrique violente qui dura pendant trois heures; à une heure, il reste environ une demi-heure sans connaissance. Depuis, laconstriction ayant cessé, il a une sensation de picotement douloureux dans le front, le nez, les yeux.

Le 13, céphalalgie avec picotement; pas de douleur sur le trajet des nerfs; écoulement nasal. Les membres vont bien; la main donne 20 au dynamomètre. Douleur très vive à la septième et huitième vertèbre dorsale. La suggestion hypnotique diminue beaucoup le picotemen t ; la douleur rachidienne persiste. Une nouvelle suggestion le soir fait disparaître complètement le premier, mais est sans effet sur la seconde.

Une injection sous-cutanée de 1 centim. et demi de morphine ne réussit pas à enlever cette douleur rachidienne excessive, qui fait gémir le malade toute la nuit. Vers minuit, sueur froide avec perte de connaissance qui dura une demi-heure.

Le 14, sensation de lourdeur dans la région frontopariétale surtout à gauche. Douleur rachidienne persistant à la sixième, septième et huitième apophyse épineuse dorsale, et aux espaces intercostaux gauches correspondants. Constriction eu ceinture avec sensation de barre à la partie antérieure de la base du thorax. La main (22 au dynamomètre) et la jambe continuent, à bien aller.

Suggestion hypnotique : la douleur de tâte a disparu; fhype-

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