SUGGESTION SANS SOMMEIL
Une seconde suggestion à l’état hypnotique ramène la sensibilité dans les doigts. Une troisième augmente la force musculaire de la main.
Le dynamomètre donne successivement 24, 26, 27. — Vers deux heures de l'après-midi, la main se referme après deux coups de lancette.
Le 2, le malade ouvre péniblement la main aux quatre cinquièmes, mais elle se referme instantanément. Pression du cubital très douloureuse. Pas d’anesthésie. La suggestion à l'état de veille dissipe tous ces symptômes. A onze heures, deux coups de lancette dans le coude et la main se referme. Accuse encore de la douleur dans la jambe. Une nouvelle suggestion à l’état de veille fait disparaître la contracture et la douleur.
Puis une troisième suggestion avec hypnotisme dissipe la douleur de la jambe. Mais, à deux heures, la contraction de la main se reproduit ainsi que la pesanteur de jambe. Sueurs à la tête la nuit.
Le 3, n’accuse aucune douleur. Il n'ouvre la main qu’aux trois quarts.
Par suggestion à l'état de veille, la main s'ouvre complètement et redevient souple. Le dynamomètre donne 19 à gauche, •>8 à droite et après une nouvelle suggestion hypnotique, 22 à gauche.
A une heure et demie, la raideur de la main est revenue sans coup de lancette. Sensibilité dans la gouttière du cubital. La suggestion à l'état de veille dissipe raideur et douleur.
Le 4, encore un peu de sensibilité à la pression de la gouttière; n’étend pas les doigts complètement. Tout se dissipe par suggestion à l’état de veille.
Le 5 : va bien. Encore légère raideur à la main. Le 6, va tout à lait bien; ne Si* plaint plus de rien. Le dynamomètre donnent à la main droite, 60 à gauche. P... quitte l'hôpital le 7 novembre et continue à bien aller jusqu’au 19 février 1884.
Ce jour, à trois heures de l’après-midi, il ressent soudainement une douleur lancinante dans le pied gauche. Elle s étend de bas en haut et remonte jusqu’au genou vers dix heures du soir. Pendant toute la nuit les coups de lancette se sont succédé de trois en trois minutes. Le lendemain 20, il vint a .Nancy. Dans son trajet de la gare a l’hôpital, il tomba de nouveau dans la rue et resta sans connaissance pendant un temps indéterminé. A son réveil, les coups de lancette persistaient dans le membre inférieur. De plus la névrite
202 OBSERVATION
cubitale s'y était adjointe avec élancements très intenseset fourmillements dans la sphère du cubital.
A l’hôpital, on constate : une douleur en demi-ceinture dans les trois derniers espaces intercostaux gauches, des élancements douloureux dans l’avant-bras avec secousses cloniques provoquées par les douleurs a peu près de minute en minute ; pendant ces secousses, la douleur remontait jusque dans l’épaule. De plus paralysie et anesthésie du membre inférieur remontant jusqu’au tiers moyen de la cuisse. L’ hypnotisation échoue à cause de la douleur trop vive. La suggestion à l'état de veille produit la décontracture de la main.
Le 21 février, P... ouvre la main, mais pas complètement; il resLe une incurvation des phalanges, et les doigts se referment de suite, mais restant éloignés de 2 à 3 centimètres de la paume de la main. Douleur très vive à la pression de la gouttière olécranienne. Hier le malade ne pouvait soulever le pied, aujourd’hui il le soulève de 6 à 7 centimètres, fléchit à peine les trois derniers orteils, n’exécute presqu aucun mouvement du genou, ni du cou-de-pied. Sentiment de pesanteur considérable dans la jambe; l’anesthésie a disparu. Il ne peut se tenir debout, tient la jambe raide. D’ailleurs, pas de contracture ni d’exagération des réflexes (celle-ci n'a jamais existé). Rachialgie a la pression de la quatrième et sixième vertèbre dorsale, dans la région interscapulaire et l’omoplate gauche.
Une première suggestion à l'état de veille pendant deux minutes dissipe complètement la douleur cubitale et presque complètement la raideur de la main; le malade maintient les doigts étendus.
Une seconde suggestion à l'état de veille , pendant cinq minutes, diminue notablement la parésie du membre inférieur. Le malade tient la jambe au-dessus du lit, fléchit les jointures du membre, se lève et marche en boitant encore un peu et traînant légèrement la jambe.
Une troisième suggestion a l'état de veille . pendant deux minutes, fait disparaître complètement la rachialgie et la douleur en ceinture. Les secousses douloureuses ont disparu. Le résultat se maintient dans la journée.
22. — A une heure du matin, le malade a été réveillé par trois coups de lancette dans le cubital et les trois doigts se sont infléchis de nouveau. Aujourd'hui ces doigts sont à angle droit sur le métacarpe; pas d’anesthésie. La jambe gauche est étendue; il n’ose s appuyer dessus. Légère dou-