‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 188 sur 265 · A bien dormi. Ce matin, accuse quand il marche · texte numérisé non relu

A bien dormi. Ce matin, accuse quand il marche

une sensation de barre allant de la malléole interne au milieu delà jambe; cette barre lui semble descendre quand il lève le pied, et remonter quand il le met à terre; elle l'empêche de marcher. — Au dynamomètre la main gauche arrive à 17, la droite à 68. Suggestion hypnotique: la sensation de barre diminue, mais ne disparaît pas; la main gauche donne 25. . .

24. — Même état. La suggestion à l'état de veille fait disparaître la barre. N’accuse plus qu une sensation de pesanteur. Marche bien en boitant encore légèrement.

25. — Même état. La main gauche va bien, mais a une sensation d'étoupe; au dynamomètre 1 / à 23. Après suggestion hypnotique, cette sensation a disparu; le dynamomètre donne 27 ; la pesanteur de jambe a diminué.

Le 26, même état. Au dynamomètre 25. Hypnotisation : le dynamomètre donne 50 ; le sentiment de pesanteur de la jambe a diminué de moitié.

Le 27, la main gauche donne 43, la droite donne 56. Après hypnotisation la main gauche arrive à 59 et le malade n accuse presque plus de pesanteur dans lajambe.

Le 28 : continue a bien aller. Le dynamomètre donne 54 à gauche; après une nouvelle hypnotisation, 57. Le malade marche très bien, va se promener en ville, et à deux heuies et demie éprouve une nouvelle sensation de pesanteur.

Le 29 : main gauche arrive à 61. Hypnotisation qui fait disparaître la pesanteur.

Le Ier mars: sent très peu de pesanteur. Ne reste pas plus d une minute sur la jambe gauche. Le pied à terre, le malade éprouve de nouveau une sensation de barre jusqu au tiers intérieur de lajambe. — Après hypnotisation, cette sensation disparaît complètement.

Le malade continue à bien aller. La force dynamométrique de la main gauche dépasse toujours 50. Le 4, il lait trois lieues a pied, ne se ressentant plus de rien. Il retourne à son travail le 5 mars 1 884.

Il revint me consulter le 3 mars 1885. Il dit s’être bien porté jusqu’à il y a trois mois. Depuis lors il éprouve de la douleui dans la gouttière olécranienne, douleur continue

264 OBSERVATION

qui le réveille souvent, mais sans élancements au repos. 11 peut ouvrir et fermer les doigts; s’il fait un effort pour soulever un objet ou pour serrer, des élancements douloureux se manifestent dans le coude et dans les doigts. Le coude fléchi, la douleur n’existe que dans la gouttière : s’il l'étend, elie augmente et se propage aux trois derniers doigts. La pression de la gouttière la réveille très vive.

Il y a 36 jours, il s’est piqué avec une paille de fer à la dernière phalange du médius droit. A la suite se déclara un phlegmon diffus du dos de la main qui fut ouvert après dix jours par le médecin de l’hôpital de Pompev: la suppuration continua j usqu’il y a quinze jours. Depuis l'abcès est cicatrisé; reste le gonflement avec rougeur au dos de la main, une sensibilité très vive sur cette face dorsale et dans le médius; la pronation et la supination sont possibles; les mouvements imprimés au poignet sont douloureux: les phalanges étendues ne peuvent être fléchies sans douleur.

Après suggestion hypnotique, ta douleur cubitale gauche a complètement disparu. P... peut serrer avec force de cette main et soulever une bûche de bois sans que cet effort détermine la moindre douleur.

La main droite n’est plus douloureuse ; il peut spontanément, ce qu'il ne pouvait faire auparavant, fléchir le poignet et plier un peu les phalanges, sans douleur, autant que le gonflement le permet.

Il revient le 20 mai. La main gauche va toujours bien. La main droite reste sensible et encore gonflée: les doigts sont raides, il ne peut les plier. Après suggestion hypnotique, la douleur a disparu, la raideur due au gonflement persiste encore.

Il revint me voir le 9 avril 1886 ; il ne persiste qu’une certaine î aideur dans la main droite consécutive au phlegmonles pi entières phalanges sont en légère flexion sur le métacarpe; mais il n a plus ressenti aucun symptôme de névrite cubitale ni d’autre manifestation. J'ai eu de ses nouvellos le 13 mai; il va très bien.

J ai relaté cette observation avec détails; car elle montre bien comment la suggestion agit, comment elle lulte contre des troubles fonctionnels graves, et arrive, malgré leur opiniâtreté, a les réprimer sans cesse et finalement à en triompher.

Lelte observation montre aussi, comme la précédente.

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