‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 189 sur 265 · LÉSION LOCALE ET IRRADIATIONS DYNAMIQUES · texte numérisé non relu

LÉSION LOCALE ET IRRADIATIONS DYNAMIQUES

quel rôle le dynamisme fonctionnel joue dans les affections cérébro-spinales.

La première attaque, laissant à sa suite une paraplégie avec rachialgie, douleurs en ceinture, douleurs fulgurantes, semblait accuser une méningo-myélite aiguë. La disparition rapide des symptômes par la suggestion montra qu’il n’en était rien.

La guérison totale survenue à la suite de chaque attaque, la disparition instantanée par suggestion de chacun des accès de névrite cubitale indiquent évidemment que tous ces troubles n'étaient pas dus à une lésion grave et diffuse de l'axe cérébro-spinal, comme les symptômes pouvaient le faire supposer.

Nous pensons qu’il s’agit d’une lésion localisée, placée peut-être vers l'origine spinale du cubital gauche; estce quelque tumeur bénigne qui peut rester latente et inoffensive, comme les tumeurs cérébrales ellesmêmes? De temps en temps, celte lésion locale deviendrait le siège d 'irradiations dynamiques dans l’axe cérébro-spinal ; suivant que ces irradiations sont plus ou moins étendues, elles donneraient lieu soit à de la névrite cubitaleseule,soit à des douleurs fulgurantes avec paralysie et anesthésie du membre inférieur gauche, soit à de la paraplégie, soit à de la paralysie des quatre membres, soit enfin à des troubles encéphaliques : céphalalgie, larmoiement, picotement facial, attaques apoplectiformes. De même, une tumeur cérébrale longtemps silencieuse peut provoquer de temps en temps des attaques apoplectiformes ou épileptiformes avec paralysies variables. Ces phénomènes à distance, si fréquents en pathologie nerveuse, doivent imposer une certaine réserve au diagnostic topographique de la légion.

On a vu comment la suggestion intervient utilement et dissipe les troubles qui ne sont pas commandés par une altération matérielle irrémédiable des éléments organiques correspondants. On voit au^si comment la suggestion contribue, dans ces cas, à rectifier et à assurer le diagnostic en dégageant, pour ainsi dire, ce qui est simplement dynamique de ce qui est organique.

OBSERVATION

Observation III. — Commotion cérébrale. — Fracture guérie du rachis. — Rhumatisme articulaire subaigu. — Attaques d'épilepsie d'origine traumatique. — Disparition graduelle des douleurs par suggestion. — Avortement d’un accès d'épilepsie et guérison totale par suggestion.

M. Sch..., âgé de quarante ans, cartonnier, entré à la clinique le 21 décembre 1882.

En janvier 1881, il tomba d’un grenier d’une hauteur de 5 mètres par un trou dans le plancher sur le pavé. 11 resta sans connaissance avec une plaie sur la tête, et fut amené à l’hôpital Saint-Léon, où il resta dix jours privé de sens. Revenu à lui, il resta deux mois sans pouvoir se tenir debout ; il éprouvait des douleurs dans les reins et au niveau des dernières vertèbres dorsales s'irradiant jusqu'en avant, des douleurs dans les épaules et à la jambe droite qu il ne pouvait plus plier. Vertiges avec tendances à tomber du côté gauche, difficulté de remuer la tête, et impossibilité de fléchir le tronc pour ramasser quelque chose. Douleurs orbitaires jusqu’environ un mois après l'accident, céphalalgie aux régions frontale et temporales; en même temps, ouïe dure avec bourdonnements d’oreille pendant une huitaine de jours. La vue était diminuée et nébuleuse surtout a gauche; pliosphènes; de plus, un certain bégaiement avec lourdeur de la langue qui rendait, sa parole presque inintelligible, symptôme qui, diminuant de jour en jour, ne disparut complètement qu'au bout de cinq mois. La déglutition fut presque impossible, au moins pour les solides; pendant quatre ou cinq jours, on dut le nourrir avec la sonde et la dysphagie ne disparut complètement que deux mois après sa chute. Pas de troubles de la miction, mais constipation pendant un mois. Après deux mois de séjour a l’hôpital Saint-Léon, il revint chez son maître, mais se trouvait trop laible sur ses jambes pour travailler beaucoup; d'ailleurs quinze jours après sa sortie, il eut du gonflement avec douleur des chevilles et des genoux, puis des poignets, des coudes et des épaules. 11 rentra à l'hôpital ^salle Saint-Sébastien), en avril, et y resta deux mois. C’était un rhumatisme articulaire subaigu. Déjà sept ou huit ans avant sa chute, il avait eu un rhumatisme poly-articulaire qui le tint pendant six mois, et depuis il avait des rechutes fréquentes mais légères. Au bout de deux mois, il retourna chez lui, mais ne put travailler que peu. Depuis six semaines, il a de nouveau des douleurs articulaires dans les coudes, les genoux, les

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